Tout le dossier Tout le dossier

Un hôtel trois étoiles climatisé au gaz

-Les façades vitrées remplacées par du béton cellulaire. -Une climatisation individuelle centralisée aux étages.

Partager

L'hôtel Valbièvre, situé sur le campus d'HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines), présentait une mauvaise isolation thermique et phonique. Construit en 1972 sur un site exposé, très venteux, et à proximité d'une route nationale et d'une voie rapide, il est constitué de deux bâtiments reliés entre eux, selon une architecture « taille de guêpe », avec un noyau central de 8 X 8 m sur deux niveaux, puis des consoles en porte-à-faux de 8 m sur quatre étages.

La rénovation porte sur l'ensemble des bâtiments, avec notamment le changement des façades, la construction de deux niveaux (voir encadré) et la mise en place d'une climatisation.

La production d'eau glacée et d'eau chaude est centralisée dans un local technique, situé au R + 1, accessible de l'extérieur pour sous-traiter la maintenance. Ce local comprend une chaufferie, le local de ventilation et la TGBT. La chaufferie est constituée de deux groupes à absorption Yazaki, de puissances inégales (165 kW et 128 kW en chaud et 140 kW et 105 kW en froid) au gaz. Cette différence de puissance assure aux clients de l'hôtel le choix entre un rafraîchissement et un chauffage, même en intersaison. Une chaudière à condensation complémentaire de 348 kW porte l'eau chaude sanitaire de 55 °C au sortir des groupes d'absorption à environ 80 °C pour l'utilisation. En été, l'énergie dégagée par les groupes d'absorption pour la climatisation est utilisée pour chauffer la piscine. La chaufferie est néanmoins équipée d'une tour de refroidissement de 541 kW.

Eviter le bruit dans les chambres

A partir de ce local technique général, les colonnes d'eau glacée et d'eau chaude et l'arrivée d'air neuf montent en étage pour desservir les locaux techniques, situés dans chaque bâtiment au-dessus du noyau central. Les climatiseurs des chambres (MTH2 de Carrier) sont rassemblés dans ces espaces pour éviter la présence de ventilo-convecteurs, bruyants, dans les chambres.

Ce qui permet aussi d'intervenir sur les appareils sans déranger l'occupant. Les MTH2 ont une puissance frigorifique totale de 1 450 W. L'air, chauffé ou rafraîchi selon les besoins, est acheminé par deux gaines de 160 mm de diamètre, en faux plafonds.

Le renouvellement est assuré en insufflant 60 m3/h d'air neuf - volume pouvant atteindre 200 m3/h selon les besoins de climatisation. L'air neuf est préchauffé ou rafraîchi dans le local de ventilation se trouvant au R + 1, ce qui permet notamment en hiver le maintien d'une température minimale dans les chambres.

Un système de détection incendie spécifique

L'installation ne possède pas de clapet coupe-feu, qui pourrait gêner le fonctionnement de la climatisation et de la VMC. Mais un système de détection incendie spécifique a été installé dans les chambres, et non seulement dans les circulations comme l'exige la réglementation. Cette détection, en cas d'incendie, stoppe le fonctionnement des climatiseurs, mais pas de la ventilation, empêchant la fumée de se propager par les conduits. De plus, les faux plafonds, réalisés par SMI en staff, sont coupe-feu 1 h dans les circulations, évitant la propagation de la fumée et du feu, des couloirs vers les chambres via les conduites ou du plenum vers les couloirs.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : SCI Valbièvre.

Architecte et maître d'oeuvre de conception : P.-P. Heckly et G. Prache.

Maître d'oeuvre d'exécution : Igape.

Bureau de contrôle : Socotec.

Maçonnerie : Ferrandez Frères.

Climatisation : Valentin.

Bureau d'études climatiques : Cabinet Nicinski.

Coût du chantier : 25 millions de francs HT.

PHOTO : Les anciennes façades ont été entièrement déposées et remplacées par du béton cellulaire (à gauche). Les gaines d'air chaud et d'air froid qui alimentent les chambres se situent dans un faux plafond coupe-feu 1 h (à droite).

La climatisation gaz choisie pour son coût d'exploitation

La production d'eau chaude et d'eau glacée avec une machine à absorption fonctionnant au gaz utilise le couple bromure de lithium/eau, respectivement absorbant et fluide frigorigène. Ce système de climatisation est encore peu répandu en France. Pour Arnaud Patat, ingénieur de projet chez Igape, « l'absence de partie en mouvement limite le risque de panne. Le brûleur nécessite peu d'entretien, et il n'y a pas de pièce d'usure ». Un point important pour le bureau d'études qui s'est engagé sur le coût de réalisation et sur celui de la maintenance. Le choix a aussi été dicté par le prix de l'énergie gaz, constant toute l'année.

Renforcement de l'isolation thermique et acoustique

Les façades murs-rideaux des consoles, entièrement vitrées avec des menuiseries en aluminium et à simple vitrage, ont été déposées en deux jours, à l'aide d'une grue avec un bras de 28 m équipé de pinces hydrauliques. Ces façades sont remplacées par un remplissage en béton cellulaire Thermopierre 11 de Siporex et des fenêtres oscillantes en PVC double vitrage de Tryba (1,30 x 1,80 m). Le béton cellulaire est posé en débord de 5 cm par rapport au nu de la structure, avec planelles, afin d'assurer la continuité thermique de cette façade indépendante de la structure béton. La légèreté du béton cellulaire (80 kg/m2) évite le renforcement des consoles.

Pour répondre aux besoins acoustiques, l'isolation a été renforcée par une couche intérieure de Qualibel (40 mm). L'isolation acoustique entre chambres - 51 dB(A) - est réalisée avec des cloisons Placostil de 140 mm et des plaques Demistil sur les voiles. Entre étages, les dalles béton (15 cm d'épaisseur) ont été doublées par des plafonds en staff acoustique dans les chambres.

La rénovation de cet hôtel comporte également une partie construction. Afin de casser l'esthétique taille de guêpe, des façades en parpaing sont descendues à l'aplomb des consoles, sur deux niveaux. Un nouvel espace en rez-de-chaussée et en R + 1 est ainsi créé, qui accueille hall d'entrée, services généraux, restaurant, cuisine, salles de séminaire et salle de sport. La liaison avec la partie existante du bâtiment est faite par un élément en zinc qui encaisse les mouvements dus à la dilatation et permet, d'un point de vue architectural, de casser l'aspect cubique obtenu.

Mon actualité personnalisable

Suivez vos informations clés avec votre newsletter et votre fil d'actualité personnalisable.
Choisissez vos thèmes favoris parmi ceux de cet article :

Tous les thèmes de cet article sont déjà sélectionnés.

  • Vos thèmes favoris ont bien été mis à jour.

PARCOURIR LE DOSSIER

SOMMAIRE - 4867 - REHABILITATION

Panne historique du moteur principal du bâtiment

Climatisation Un «plafond rayonnant froid» pour une tour de bureaux

Structure Un entrepôt transformé en logements

Structure Renforcement de poutres et de poteaux

Structure Rehausse de bureaux par pieux battus

Structure Surélévation de bâtiments HLM

Fondations Le «soil crete» au secours d'un musée

Electricité Sécurité pour la salle des marchés du Crédit lyonnais

Sols textile Décor personnalisé

Bétons Un chantier très diffus

Aménagement intérieur Un bâtiment militaire devient musée

Démarche séquentielle : nouvelle distribution des cartes

Un pont roulant provisoire pour acheminer des balcons

Isolation par l'extérieur pour rénover des logements

Une vêture avec enduit mince sur isolant

Des échanges informatisés pour une opération HLM

Un faux plafond à grandes trames

Mise en sécurité des installations électriques

Des règles de sécurité à respecter

Organisation : la réhabilitation d'une copropriété complexe

Rénover les terrasses en aidant à la gestion de l'eau

Réfection de sol sans décapage mécanique

Sommaire dossier

Une croissance sans enthousiasme

REHABILITATION Les aides dans le parc privé

Façade Restauration à l'identique de la « Maison radieuse »

Transformation d'une usine en collège

Création d'un étage léger pour un cinéma converti en hôtel

Reprise en sous-oeuvre sur deux niveaux de sous-sol

Le Grand-Quevilly : six tours de quinze étages des années 70 totalement «relookées »

INFORMATIQUE Un outil d'évaluation pour la réhabilitation

Protections d'urgence provisoires contre le saturnisme

Remplacer les canalisations en plomb

Reconstruire à l'identique un moulin brûlé

Mise en sécurité électrique pour des immeubles HLM

REHABILITATION La mise en sécurité des installations électriques

Des solutions pour renforcer les structures existantes

LOUIS-MARIE MICHON, ingénieur principal de l'entreprise Pradeau & Morin (Fougerolle) « Il faut identifier les descentes de charges »

JEROME STUBLER, directeur technique du groupe Freyssinet « Nous sommes des dermatologues du béton»

PETER TERRELL, gérant de l'ingénierie Terrell Rooke Associés « Il faut maîtriser les déformations »

Des fibres de carbone pour renforcer les structures

Renforcement d'un plancher en site occupé

Transformation d'un hangar en béton armé

Un plancher en bois composite

Des planchers mixtes connectés

Les bacs collaborants acier-béton

Menuiserie Escalier repliable

Vichy Centre de séjour

Transformations à petits prix

Détection précoce de la corrosion

Un connecteur de planchers mixtes bois béton

Sauvegarder les premiers ouvrages en béton

Les architectes à l'honneur

« Un contexte porteur pour la qualité architecturale des réhabilitations »

NIMES Place des Esclafidous

PARIS-20e Rues Alexandre- Dumas et de Terre-Neuve

AULNAY-SOUS-BOIS Cité des Merisiers

PARIS-16e Rue Félicien-David

LE BLANC-MESNIL Cité du 212

TOULOUSE Cité universitaire Daniel-Faucher

BAYONNE Rues d'Espagne et Lagréou

PARIS-19e Rue de Crimée

Tout le dossier

Sujets associés

LES ÉVÉNEMENTS LE MONITEUR

Tous les événements

Les formations LE MONITEUR

Toutes les formations

LES EDITIONS LE MONITEUR

Tous les livres Tous les magazines

Les services de LE MONITEUR

La solution en ligne pour bien construire !

KHEOX

Le service d'information réglementaire et technique en ligne par Afnor et Le Moniteur

JE M'ABONNE EN LIGNE

+ 2 500 textes officiels

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS

Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil