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Un hôpital reconstruit en site urbain dense

Jean-Charles Guézel |  le 03/01/2014  |  BâtimentTechnique

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Restructuration -

L’hôpital des Quatre Villes, sur la colline de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), est l’objet d’un chantier de démolition-extension que la topographie du site et le maintien de l’activité ont rendu très technique.

«En dépit des craintes initiales liées à la difficulté technique et au voisinage, nous avons montré que ce chantier était réalisable », se félicite Thomas Gardon-Mollard, chef de groupe adjoint chez Spie SCGPM. Et de citer les principales contraintes pesant sur les travaux de restructuration et d’extension de l’hôpital des Quatre Villes, implanté sur la colline de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). La situation d’abord, au cœur d’une zone urbaine historique dense et difficilement accessible (présence d’écoles, de voies ferrées, etc.) ; la déclivité du terrain ensuite (8 m de dénivelé jusqu’à la route départementale qui surplombe le site) ; enfin et surtout, le maintien des activités hospitalières, y compris les plus sensibles au bruit (blocs opératoires, maternité, consultation d’audiométrie…).

Six mois de travaux préparatoires

Pour limiter les nuisances, Spie SCGPM s’est par exemple engagé à supprimer toutes les opérations bruyantes durant certains créneaux horaires définis avec les services techniques de l’hôpital. Le planning du chantier a par ailleurs été organisé de façon à n’encombrer les voies publiques qu’aux moments les moins gênants (nuits, week-ends…) et en informant les riverains.
Destiné à augmenter les possibilités d’accueil de l’établissement de Saint-Cloud - avec l’objectif complémentaire de regrouper sa maternité avec celle de Sèvres pour atteindre une capacité totale de 4 500 accouchements par an -, ce projet, conçu par l’agence d’architecture Michel Rémon, passe par la création d’un nouveau noyau de circulations verticales (quatre ascenseurs, plus un escalier public) à la jonction entre l’hôpital existant et son extension. Au total, il comporte 13 000 m² de parties neuves ou réhabilitées. « En préservant bien entendu l’aspect des parties historiques », précise Olivier Jaubert, architecte. Après six mois de travaux préparatoires consacrés notamment à l’aménagement de la partie toujours exploitée de l’hôpital (construction d’un escalier provisoire, modification de l’entrée, etc.), le chantier a entamé la démolition des parties non réhabilitables (voir page ci-contre) en mai 2012.
Lancés en septembre 2012, les travaux de fondations (sur pieux à proximité du mur de soutènement au sud-est, superficielles vers la partie basse du terrain) ont révélé une pollution du terrain liée à la décomposition naturelle du gypse au-delà des proportions admises par la réglementation européenne. Le traitement nécessaire ainsi que certaines opérations supplémentaires de désamiantage ont entraîné un retard de quatorze jours. Le gros œuvre s’est terminé fin août 2013 après un an de travaux. Coulé en place à l’exception de quelques prémurs pour les parties inclinées de la toiture historique, le béton utilisé par le chantier représente un volume de quelque 9 000 m 3 .
Concernant les façades historiques reconstituées, le choix s’est porté sur du béton isolant thermique Thermedia de Lafarge. En dehors des parties historiques, isolées par l’intérieur, l’isolation a été réalisée par l’extérieur (20 cm de laine minérale) avec un bardage en panneaux composites à base de stratifiés. Le chantier devrait s’achever l’été prochain pour une livraison de l’extension à l’automne 2014.

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PHOTO - 765152.BR.jpg - © Anne-Claude Barbier
Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Centre hospitalier des Quatre Villes ; AMO : La Soderec. Maîtrise d’œuvre : Agence Michel Rémon. Bureau d’études : SNC-Lavalin (fluides et structures), Altia (acoustique). Entreprise générale : Spie SCGPM (Groupe Spie Batignolles). Coût travaux : 30 millions d’euros HT. Calendrier : réception finale prévisionnelle été 2014.

Reprise en sous-oeuvre - Consolidation d’un mur de soutènement

Au sud-ouest de la parcelle, en contrebas d’une route départementale (RD907), se trouve sans doute l’ouvrage le plus imposant du site, à savoir un mur de soutènement construit sur 8 m de hauteur et fondé 2 m en dessous du terrain naturel. Pour éviter tout risque d’effondrement consécutif au terrassement, ce mur a été consolidé d’une part avec des clous positionnés sur une lierne, en partie haute, et d’autre part avec une reprise en sous-œuvre pour ce qui concerne la partie basse. « Pour stabiliser ce mur, nous avons creusé des puits de section carrée - 2 x 2 m environ - jusqu’à 8 m, voire 13 m de profondeur selon la qualité du terrain, explique Thomas Gardon-Mollard, chef de groupe adjoint chez Spie SCGPM. Nous avons ensuite coulé du béton, ferraillé en partie basse, puis liaisonné les poteaux ainsi constitués à une poutre de reprise d’une cinquantaine de mètres de longueur. Cette poutre permet de faire reposer le mur sur ces nouvelles fondations, plus basses que le fond de fouille. » Etalée sur trois mois, la réalisation des 13 puits a été effectuée à la main avec une équipe de trois puisatiers : un pour terrasser au marteau-piqueur pneumatique, un autre pour remplir le seau (contenance de 100 kg environ) et le troisième en charge du treuil d’évacuation. Durant ce travail, les déplacements du mur ont été mesurés par un système de sondes à fins d’analyse et de vérification par le bureau de contrôle. Spie SCGPM a profité de la présence des clous pour supporter une plate-forme métallique de déchargement installée le long de la route départementale de façon à limiter l’occupation de la voirie de l’autre côté du chantier, place de Silly. L’évacuation des 12 000 m 3 de terrassement n’a en revanche pu être réalisée que par ce dernier accès, à raison de 9 à 16 camions par jour pendant trois mois.

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PHOTO - 765154.BR.jpg - © Anne-Claude Barbier
Bâti ancien - Démolition de 4 900 m² de planchers à la croqueuse

Partant du constat qu’il était impossible de mettre les bâtiments anciens en conformité avec les réglementations thermique (RT 2005 pour ce projet), de sécurité incendie et même de confort actuelles, il a été décidé de démolir 4 900 m² de planchers pour en reconstruire 9 910 m² et en réhabiliter 3 000 m². Réalisés en concertation avec les services des Monuments historiques et la mairie de Saint-Cloud, ces travaux de démolition n’ont toutefois pas touché la chapelle Marie-Antoinette, classée monument historique en 1979, qui a, au contraire, été restaurée. « Pour ce qui concerne les façades historiques, nous aurions pu essayer de les conserver en les étayant, mais la qualité des maçonneries ne justifiait pas forcément une opération aussi lourde, d’autant que l’exiguïté du terrain la rendait pratiquement impossible », commente l’architecte Olivier Jaubert. Après démolition, ces façades ont donc été reconstruites à l’identique à partir de relevés de géomètres, en dehors de la porte cochère, qui a pour sa part été mise au gabarit des camions de pompiers. D’autres adaptations ont également été réalisées au niveau de l’inclinaison de la toiture à la Mansart et du faîtage.

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PHOTO - 765153.BR.jpg - © Anne-Claude Barbier
Eclairage - Des LED dans le hall et les circulations

Prévu initialement avec des tubes fluorescents, l’éclairage du hall d’accueil fera finalement appel à des Led. « Nous avons dû changer de dispositif pour des raisons de hauteur de plenum, raconte Olivier Jaubert, architecte. Le système fluo réclamait entre 15 et 30 cm d’épaisseur. Avec les Led, on peut se contenter de 7 cm. » Fournis par l’industriel Lucibel, les modules retenus ont aussi l’avantage d’une très grande uniformité lumineuse. Et s’ils sont plus coûteux, leur plus faible consommation d’électricité garantit un retour sur investissement en quelques années. Des arguments qui pourraient aussi conduire à mettre des Led dans les circulations de l’hôpital. « Nous avons déjà testé différentes puissances et températures de couleur. Le choix n’est pas fait mais, a priori, nous allons installer des rubans lumineux. »

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PHOTO - 765156.BR.jpg - © JEAN-CHARLES GUEZEL

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