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Un hangar tertiaire habillé d’une double peau de verre

Delphine Désveaux |  le 13/03/2015  |  ArchitectureTechniqueBâtimentSeine-et-MarneEtat

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A Rubelles (Seine-et-Marne), l’extension de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) répond aux contraintes propres aux territoires périurbains. Aux constructions hétéroclites, le bâtiment oppose sa géométrie épurée qui prolonge en douceur l’existant. Une intervention sensible des architectes de l’agence parisienne BVAU.

Adopter une approche à la fois délicate et sensible dans un site que la plupart qualifieraient d’ingrat, il fallait oser ! C’est à Rubelles, commune voisine de Melun (Seine-et-Marne), que la Caisse des Français de l’étranger (CFE) - la « sécu » des expatriés - s’est installée en 1992. Propriétaire d’un bâtiment construit dans les années 1970, l’organisme comptait alors 67 salariés. Ils sont à présent 175, cet effectif justifiant à lui seul la construction d’une extension, aujourd’hui reliée à l’existant par une passerelle de verre et de métal. Le site ? Un condensé des standards périurbains : un paysage à 360° sans accroche particulière pour attirer le regard, une juxtaposition de pavillons, de bâtiments d’activités, un hôtel low cost, un fast-food, une pizzeria, des routes et des ronds-points… « C’est cependant un lieu de vie où des familles habitent et où des gens travaillent », rappellent avec justesse les architectes Jérôme Villemard et Eric Bartolo. Aussi prennent-ils ce territoire pour ce qu’il est - « le futur de nos métropoles » - et posent une bonne question : « Quelle architecture pourrait le rendre plus habitable ? » Au caractère hétéroclite des « styles » en présence, les architectes opposent l’abstraction. Aux enseignes criardes, le silence. D’où une forme géométrique épurée, définie par la répétitivité de la trame et une enveloppe de verre ponctuellement sérigraphiée. L’ensemble s’affirme avec douceur en s’alignant sur le bâtiment qu’il prolonge.

« Nous n’essayons pas d’exprimer une fonction, ni de ressembler à ce qui existe autour, ni même de convoquer une quelconque référence, explique Jérôme Villemard. La forme cherche une manière d’exister avec le lieu. » « Pour apaiser ce collage d’édifices et de pratiques, nous simplifions le dessin à l’extrême tout en cherchant à établir une relation forte entre le lieu et le bâtiment », reprend Eric Bartolo. Ne cédant en rien aux tentations faciles d’introversion ou d’autosuffisance, l’extension choisit au contraire d’entrer en contact avec son environnement immédiat grâce à de grandes ouvertures, recréant ainsi la covisibilité public-privé « normale », c’est-à-dire urbaine et humaine, de la ville.

Equilibre intérieur/extérieur

Cette extraversion s’équilibre à l’intérieur au moyen d’un gigantesque atrium - seul luxe du périurbain - dont la triple hauteur, outre ses vertus climatiques (ventilation, lumière naturelle, etc.), ancre l’organisation du plan et fédère les usages. Les « vitrines » urbaines en vis-à-vis signalent les espaces à usage collectif (accueil, salles de réunion, salle du Conseil, etc.) tandis que les bureaux, pourtant en premier jour, sont protégés des regards extérieurs par des panneaux de verre sérigraphié. Dans la mesure où il s’agissait de « fabriquer la possibilité d’habiter ce territoire », les circulations, le traitement des volumes, l’éclairage naturel et le choix des matériaux sont soignés : blanc unificateur au sol et sur les murs pour la luminosité, à l’exception de panneaux multiplis en pin soigneusement calepinés dans l’atrium et de caissons en métal laqués blanc dans la cafétéria. S’il ménage des espaces de travail apaisés, le nouvel édifice vise le long terme. Spécialement mises au point pour ce projet, les façades respirantes à double peau de verre sont équipées de ventelles motorisées connectées à un système qui gère la thermique et la ventilation. Le chauffage et le rafraîchissement sont assurés par des planchers réversibles basse température alimentés par une géothermie sur nappe à 70 m de profondeur, couplée à une pompe à chaleur.
Modulable et recloisonnable, l’édifice est intégralement reconfigurable. A l’arrière, le parking est conçu avec la même attention : conformément au programme, il a doublé sa surface mais prendra bientôt l’allure d’une véritable « forêt » grâce à la plantation de 150 sujets de haute tige.

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PHOTO - 837413.BR.jpg - © photos clément guillaume
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PHOTO - 837445.BR.jpg - © doc BVAU
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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : CFE. Maîtrise d’œuvre : BVAU, mandataire. 3A, architectes associés. BET : TN+ (paysage), RFR (structure), RFR Eléments (HQE), Avel (acoustique), Betom (TCE). Principales entreprises : Construction moderne IDF (gros œuvre), Ateliers Bois et Cie (charpente métallique), Bluntzer (menuiseries extérieures), Ecobat 77 (étanchéité). Surface : 3 900 m2 Shon. Coût des travaux : 9,3 millions d’euros HT.

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