Réalisations

Un écrin de béton brut pour les « Nymphéas » de Claude Monet

Après quatre ans de travaux de réaménagement et de restauration conduits par l’agence Brochet/Lajus/Pueyo, le musée de l’Orangerie vient de retrouver sa structure originale tout en bénéficiant d’une approche architecturale contemporaine.

Les célèbres « Nymphéas » de Claude Monet redeviennent le cœur du musée parisien en retrouvant à la fois la place qu’elles occupaient en 1927 et la lumière naturelle de la verrière, dont elles étaient privées depuis les années 60.
A l’époque, l’architecte Olivier Lahalle est charger de modifier l’édifice pour y installer la splendide collection Jean Walter et Paul Guillaume. Il le fait avec violence en construisant un plancher de béton sur l’ensemble de la surface (rendant aveugles les deux salles ovales où Claude Monet a peint sur les murs ses fameuses Nymphéas) et en créant un escalier monumental pour accéder à la collection. « Nous étions dans les années 60 et le projet architectural correspondait à son époque. D’ailleurs, la presse d’architecture a salué cette réalisation » fait remarquer Olivier projet, l’architecte en charge du réaménagement intérieur du musée.

Lorsqu’en 1998, la décision est prise de restaurer le musée le cahier des charges est clair : retrouver l’identité du bâtiment. Pour permettre au bâtiment de retrouver sa structure originale d’importants travaux sont engagés et notamment la suppression du plancher. Les architectes ont choisis de replacer la collection dans une extension du musée en sous-sol glissée sous le jardin des Tuileries.
Une surface de 3 100 m2 sera créée associant lumière naturelle et artificielle grâce à une longue saignée dans le sol, aux murs brut de béton, pratiquée sur toute la longueur de la façade Nord.
En août 2003, le chantier a mis à jour un mur d’enceinte de Charles IX. Malgré le surcoût important, le ministère de la Culture a décidé de le conserver et d’adapter en conséquence le projet architectural.

Au rez-de-chaussée, la totalité de la surface est dédiée à l’accueil du public et permet un accès direct, de plain pied, aux Nymphéas. Sous la verrière reconstruite, des sortes d’abat-jour sont mis en place en toiture et permettent la régulation de la lumière naturelle. En dessous de ces volumes un vélum recrée le dispositif d’origine et permet de tamiser la lumière de la verrière. Le soir, ce velum filtre un éclairage artificiel indirect.
A l’extérieur, la charpente métallique a été consolidée et la façade entièrement restaurée.
La verrière va conserver l’aspect initial de 1922 avec des profilés en laiton qui bruniront en l’espace d’un à deux ans.

Le bâtiment a été inauguré mardi 2 mai par le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres dans un climat de tension. Outre que le chantier n’était pas encore réceptionné, Pierre Georgel, directeur du musée a émis de vives réserves sur le projet de rénovation et le chantier.

Jean-Philippe Defawe

Focus

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Surface


– surface rénovée dans bâtiment existant : 3 200 m² (dont 575 m² salles des Nymphéas)
– surface créée en sous sol : 3 100 m² (dont 1 000 m² pour la collection Jean Walter et Paul Guillaume)

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Budget
Clos et couvert : 4, 05 M €
Aménagement du musée: 24,84 M €

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