En direct

Un demi-siècle et de nouveaux défis pour la Défense
Le chantier du Cnit (Centre des nouvelles industries et technologies) premier bâtiment du nouveau quartier de La Défense. - ©

Un demi-siècle et de nouveaux défis pour la Défense

Pouthier Adrien |  le 08/09/2008  |  France entièreAménagementHauts-de-SeineParisArchitecture

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

France entière
Réalisations
Aménagement
Hauts-de-Seine
Paris
Architecture
Valider

La Grande Arche, le CNIT, la « dalle » et les «Quatre temps », qui ne connaît pas La Défense ? Le quartier, construit à cheval sur Puteaux, Courbevoie et Nanterre est né en 1958 avec l’EPAD, (Établissement public pour l'aménagement de La Défense) et fête mardi 9 septembre ses cinquante ans.

C’est un peu "la City" de Paris. Un quartier d’affaires qui s’étend sur 160 hectares dans les Hauts-de-Seine à l'ouest de Neuilly-sur-Seine et dans le prolongement de l'axe historique parisien qui commence au musée du Louvre et se poursuit par l'avenue des Champs-Élysées, l'arc de triomphe, et au-delà jusqu'au pont de Neuilly et la Grande Arche de la Défense. Les plus jeunes ont certainement oublié qu’avant se dressait là le rond-point dit "de la Défense" à Courbevoie, du nom de la sculpture en bronze "La Défense de Paris" de Louis-Ernest Barrias inaugurée en 1883 et érigé à la gloire des soldats ayant défendu la ville durant la guerre franco-allemande de 1870. Difficile d’imaginer pour les habitués des lieux, qu’au début des années 60, le CNIT, le Centre National des Industries et Techniques - dessiné par les architectes Robert Camelot, Jean de Mailly et Bernard Zehrfuss et né pour accueillir les grands salons populaires en vogue – côtoyait des pavillons vétustes, de petites usines, liées avec l'industrie mécanique et automobile, des bidonvilles et même quelques fermes. Aujourd’hui les immeubles culminent à 184 mètres de hauteur (tour Areva) et demain sans doute à plus de 300 mètres. En cinquante ans, les firmes ont remplacé les fermes et La Défense est devenue un lieu incontournable du business européen.

Un site unique en Europe
Avec ses 3 millions de m2 de bureaux, La Défense n’est certes pas le plus grand quartier d’affaires européen (la City de Londres justement regroupe 7,5 millions de m2, le West End, 8 millions, le Triangle d’Or parisien, un peu plus de 5 millions) mais "nulle part ailleurs on ne rencontre une telle densité tertiaire", expliquait en novembre 2007 dans Le Moniteur, Jacques Bagge directeur du département Agence de Jones Lang LaSalle. L’urbanisme sur dalle de La Défense crée selon lui, "un sentiment de proximité apprécié des utilisateurs". Le quartier d’affaires de l’Ouest parisien offre aussi des valeurs locatives attractives. Selon une étude d’Atisreal de l’année dernière, il fallait compter 530 euros/m2/an (pour des loyers "prime") contre 964 euros dans la City et 1 850 euros dans le West End.
Mais pour garder cette attractivité, le quartier a besoin de se rénover. Un vaste programme a d’ailleurs été adopté par le Parlement en 2006 sous l'égide de Nicolas Sarkozy - qui cumulait à l'époque les fonctions de patron du Conseil général des Hauts-de-Seine, de président de l’Epad et de ministre de l'Aménagement du territoire.

Les nouveaux défis de La Défense
Aujourd’hui, selon le rapport du préfet Pascal Lelarge, directeur régional de l'équipement d'Ile-de-France, le premier bilan de ce plan semble positif. 930.000 m2 de surfaces neuves ou issues de démolitions-reconstructions sont attendues d'ici 2015. Parmi les projets, douze tours (cinq neuves, sept rénovées), dont trois atteindront les 300 mètres de hauteur, doivent également être livrées dans les prochaines années. Mais selon le "rapport Lelarge", crise financière oblige, "la mise en oeuvre effective des opérations risque d'être significativement décalée dans le temps". Et surtout, la saturation du réseau de transport, notamment du RER A, provoque "un impact négatif sur la crédibilité du plan de relance", alors que 50.000 nouveaux emplois doivent s'ajouter d'ici cinq ans aux 150.000 déjà générés par le quartier. Le rapport Lelarge estime qu’outre "un véritable plan d'action pour juguler la dérive du RER A" seul le prolongement d'Eole (RER E) de la gare Saint-Lazare à La Défense "permettra de résoudre durablement cette situation". Qu'Eole n’arrive pas à la Défense avant 2020, serait "désastreux en terme de lisibilité vis-à-vis des grands utilisateurs et des investisseurs", alerte le rapport, qui privilégie "une procédure d'exception législative exonérant le projet du débat public". Enfin, l'équipe qui a mené l'étude attend "une meilleure prise en compte des enjeux urbains" de la part du quartier d'affaires, en recommandant de mettre "un terme définitif à (sa) monofonctionnalité économique". L'enjeu est crucial pour les 20.000 résidents de La Défense, répartis dans une vingtaine d'immeubles éparpillés au pied des tours, et qui voient chaque soir le quartier se vider aux heures de fermeture des bureaux.


Adrien Pouthier

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Date de parution : 10/2018

Voir

AMC n°261 - Spécial Intérieurs 2017

AMC n°261 - Spécial Intérieurs 2017

Date de parution : 07/2017

Voir

Nouvelles architectures en métal

Nouvelles architectures en métal

Date de parution : 11/2016

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur