Un contrat de filière pour relancer le secteur du bois
Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie et Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture à l'issue de la signature du contrat de filière bois, le 16 décembre 2014 - © © Adrien Pouthier/LeMoniteur.fr

Un contrat de filière pour relancer le secteur du bois

Adrien Pouthier |  le 17/12/2014  |  BoisTravailEtatFrance entièreImmobilier

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Le gouvernement et les professionnels de la filière bois ont signé mardi 16 décembre un contrat visant à relancer ce secteur qui génère au total près de 450.000 emplois et représente l'un des plus lourds déficits commerciaux du pays.

Saviez-vous que 25 % de la surface de l'Ile-de-France sont recouvertsde forêts, ce qui en fait la 6e région française ? Et saviez-vous que l’Ile-de-France, quasiment démunie de scieries, exporte massivement son bois vers les régions voisines et l’étranger : les grumes quittent la région, voire la France, tandis que les distributeurs franciliens s’approvisionnent en produits finis, transformés hors d’Ile-de-France ou à l’étranger ?

Ces "maux" de la filière bois francilienne sont symptomatiques des faiblesses de la filière en France. Une filière qui emploie 440.000 salariés pour un chiffre d'affaires de 60 milliards d'euros mais dont le déficit commercial, causé par l'importation de bois transformé, en meubles notamment, s'élève à 5 milliards d'euros.

Pour y remédier, le gouvernement a progressivement aidé à l'organisation de la filière en la traitant comme une filière industrielle à part entière.

Après la création en mars dernier du comité stratégique de filière bois (CSF bois) au sein du Conseil National de l'Industrie,  la validation du plan de la Nouvelle France Industrielle « Industries du bois », une nouvelle étape a été franchie mardi 16 décembre avec la signature entre les ministres de l'Economie, de l'Ecologie, de l'Agriculture et du Logement et l'Association des régions de France d'un côté, et les représentants des industriels, des communes forestières et de l'Office national des forêts (ONF) de l'autre, d'un contrat de filière.

Cette démarche vise à relancer la compétitivité de la filière en élaborant une stratégie commune à tous les professionnels (exploitants forestiers, scieurs, industriels de la construction et de l'ameublement, papetiers, bois énergie...).

Couac

La Fédération nationale du bois (FNB), qui représente les exploitants forestiers et les scieurs, a refusé au dernier moment de signer le texte, critiquant des moyens insuffisants. Elle estime que la filière a besoin de "150 millions d'euros par an pendant dix ans". La FNB estime aussi que le gouvernement n'en fait pas assez pour limiter l'exportation "débridée" de troncs issus des forêts françaises.

Il s'agit notamment de permettre aux scieries et industriels de trouver suffisamment de bois pour satisfaire leurs besoins, en sortant davantage de bois des forêts.

"Cette signature est une bonne chose", s'est félicité Olivier Thomas, Président de l’Agence des espaces verts (AEV) de la Région Ile-de-France. "En Ile-de-France par exemple, si nous exploitons correctement notre bois énergie, nous ne disposons  pas de suffisamment de scieries pour transformer le bois d'oeuvre. Et puis pour faire sortir le bois de nos forêts, au-delà des contrats pour des chemins d'exploitation que nous avons signé avec nos exploitants privés, nous avons besoin du coup de pouce de la force publique."

Construction

Pour cela, le gouvernement compte mobiliser le fonds stratégique de la forêt et du bois défini dans la Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt de 2014 (LAAF 2014) et de l’élargissement du périmètre du fonds chaleur géré par l’ADEME. Jusqu’à 30 millions d’euros du fonds seront consacrés chaque année à des actions de mobilisation du bois. L’investissement et l’innovation seront également soutenus dans les entreprises de la transformation du bois grâce au renouvellement à hauteur de 40 M€ du fond bois géré par la BPI et à la mobilisation des fonds régionaux et européens en cohérence avec les stratégies régionales et interrégionales.

La construction en bois doit aussi être encouragée. Ségolène Royal présente pour la signature a rappelé les efforts faits pour "imposer" le bois dans la construction via plusieurs articles du projet de loi de transition énergétique. "Il y a une vraie demande en Ile-de-France pour de la construction bois", explique Olivier Thomas. "Mais les infrastructures ne sont pas là. Une fois la ressource mobilisée, il faut aider les PME à s'installer et leur garantir la ressource."

La réponse du comité de filière ? "Ce que nous proposons c'est la mise en place de la contractualisation de l'amont à l'aval avec les scieries au centre", a expliqué à l'issue de la signature du contrat, Luc Charmasson, vice-président du CSF bois.

Quant à l'Etat, il débloquera "60 à 70 millions d'euros en 2015 et 90 millions d'euros d'ici 2016" pour aider la filière, a affirmé le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll.

Neuf objectifs prioritaires

Le contrat de filière signé le 16 décembre définit une stratégie à long terme qui traduit les engagements conjoints de l’Etat, des régions et des acteurs professionnels en veillant à l’équilibre des différents usages du bois dans les politiques publiques. Il est structuré autour de neuf objectifs prioritaires :

- Mettre en place des outils de pilotage et élaborer une stratégie de la filière ;

- Structurer le segment industriel et le tissu entrepreneurial ;

- Promouvoir et développer les emplois de la filière ;

- Mettre les entreprises du bois sur la voie de la différenciation et de la compétitivité par l’innovation ;

- Renforcer l’innovation, le marketing et le design pour mieux vendre les produits français, en France et à l’export ;

- Adapter l’offre de la première transformation aux besoins des marchés de la deuxième transformation ;

- Sécuriser les approvisionnements de la première transformation ;

- Actionner les leviers de la filière indispensables pour permettre l’approvisionnement des différentes filières utilisatrices de bois ;

- Asseoir la reconnaissance des qualités intrinsèques du matériau bois afin d’en augmenter l’utilisation.

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