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Un concours de circonstances

Par Fabien Renou, rédacteur en chef |  le 09/03/2018

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Le couperet est tombé. Dans sa dernière mouture, que « Le Moniteur » s'est procurée (lire page 18) , la loi Elan dispense les bailleurs sociaux du concours d'architecture. Victoire des représentants de ces derniers, qui cherchent à se débarrasser de ce passage obligé de la commande publique. Colère des architectes, très attachés à ce dispositif garantissant l'égal accès aux marchés publics.

C'est certain, le concours d'architecture n'offre pas systématiquement la garantie d'une réalisation au-dessus du lot. Parfois inspiré, parfois banal, le choix du jury est toujours source de débat. Autre évidence : des ouvrages d'exception voient le jour sans nécessairement passer par cette procédure. Dit autrement, on peut faire du concours sans qualité, et de la qualité sans concours.

Mais pas sans moyens.

On peut faire du concours sans qualité, et de la qualité sans concours.

Or, on le sait, les bailleurs sociaux se retrouvent au même moment sous pression financière. Une concomitance qui n'est pas une coïncidence. Il suffit de se replonger dans l'accord conclu fin 2017 entre les ESH et le gouvernement pour comprendre que l'exemption du concours figure bel et bien au rang des contreparties aux coupes budgétaires.

Quel rapport entre les APL et les architectes ? Aucun, si ce n'est un marchandage qui ne fait que des perdants. L'abandon du concours coûtera cher aux maîtres d'œuvre et fera économiser des queues de cerises aux bailleurs sociaux. Mais le danger dépasse les seules considérations catégorielles. Dans le message qu'elle véhicule, cette disposition semble indiquer aux maîtres d'ouvrage financés sur fonds publics la voie à suivre : rogner sur la qualité architecturale.

A l'heure où le recours régulier aux ordonnances déplace les arbitrages de l'Hémicyle vers les cabinets ministériels, il est peut-être utile de rappeler que la qualité - des lois comme des ouvrages - nécessite un minimum de temps et d'échanges. Et que les affaires publiques - comme l'utilisation des deniers publics - exigent une prise de décision transparente.

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PHOTO - 11835_726934_k2_k1_1730098.jpg - © BRUNO LEVY / LE MONITEUR

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