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Extrait du film "Quelque chose de grand", réalisé par Fanny Tondre - © What's up films / Fanny Tondre

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"Quelque chose de grand", le film qui place les hommes du chantier sous les projecteurs

Propos recueillis par Emmanuelle Picaud |  le 13/02/2019  |  EntreprisesEiffageVie du BTPArchitectes

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Le film « Quelque chose de grand » sera diffusé vendredi 15 février à la Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris. La réalisatrice Fanny Tondre y livre une vision à la fois esthétique et très humaine du monde du BTP.

Pendant une heure, les portraits d’ouvriers se succèdent, offrant une vision originale de cet univers très peu décrit par les artistes. Le film de Fanny Tondre, « Quelque chose de Grand », sera diffusé ce vendredi 15 février 2019 à la Cité de l’architecture et du patrimoine, dans le cadre de l’exposition « l’Art du chantier. Construire et démolir au XVIe et XXIe siècles ».

La réalisatrice a suivi pendant deux ans les équipes d’Eiffage TP sur le chantier de l’usine de traitement des eaux d’Achères, la plus importante d’Ile-de-France. En compagnie de Luc Weizmann, l’architecte à l’origine du projet, cette dernière a partagé avec le Moniteur sa vision de son œuvre et, à travers elle, celle du chantier.

Fanny Tondre. © What's up films / Fanny Tondre

Vous avez achevé le tournage du film « Quelque chose de Grand » en 2016. Qu’est-ce qui justifie sa rediffusion, plus deux ans après sa concrétisation ?

Le film a été achevé en 2016, mais le tournage a duré un an et demi au total. Il a ensuite fallu six mois de montage, soit deux ans de préparation. « Quelque chose de Grand » a été diffusé pour la première fois à la télévision sur France 2, en janvier 2018. Il faut comprendre que ce sont en général des films très longs, tant sur la production que sur la diffusion.

Mais cela n’est pas si pertinent finalement, car j’ai volontairement voulu faire un film intemporel, dont la fin n’est pas perceptible. D’ailleurs, mon œuvre ne va pas au bout du chantier. Il n’y a pas non plus de mention de temps ou de lieu. C’était une volonté de ma part. Je voulais en quelque sorte faire une photographie de notre temps.

Les grands groupes ont souvent un regard très technique sur ce type de chantier, dans lequel l’aspect esthétique n’apparaît pas. Au contraire, en tant qu’artiste, j’ai souhaité me concentrer avant tout sur le décor architectural et sur les rapports humains. Les deux se nourrissent et s’interpénètrent tout au long du film.

L’humain est effectivement très présent dans votre œuvre, puisque le spectateur suit le quotidien de quatre travailleurs du BTP : Joao, Greg, Filipe et Olivier. Comment avez choisis les personnages ?

Ce choix n’est pas anodin. Je voulais avoir des profils différents, de l’ouvrier novice qui suit un apprentissage, jusqu’à celui qui est proche du départ à la retraite. Souvent, dans ce milieu les gens me parlaient « d’une vie de béton ».

Derrière cette expression, il y a l’idée que chacun construit sa vie à travers le chantier. Je voulais raconter le quotidien de ces hommes, les voir évoluer individuellement, comprendre ce qui se cachait au fond d’eux, sonder leurs âmes.

"Un chantier, c'est un lieu de fraternité, avec beaucoup de bonne humeur"

Vous filmez des scènes de chantiers, parfois très drôles. Est-ce ainsi que vous voyez ce monde de béton, du haut de votre regard d’artiste ?

Oui, les chantiers sont des lieux très drôles, même s’il y a aussi des choses que j’aie trouvées très douloureuses, et qui s’approchaient davantage du labeur.

Mais c’est aussi un lieu de fraternité, avec beaucoup de bonne humeur. Un chantier, c’est avant tout un travail d’équipe, où chacun à quelque chose à transmettre. Et où les hommes retirent une immense fierté de ce qu’ils font.

QUELQUE CHOSE DE GRAND - Extrait 3 from DOC(K)S 66 on Vimeo.

Vous avez diffusé le film dans des festivals, mais aussi dans des écoles. Comment a-t-il été reçu par les différents publics?

C’est un bel outil pédagogique. Beaucoup de jeunes posent des questions, car cela les interpelle. Ce qui leur fait envie, c’est le côté humain. Ils voient des amitiés se concrétiser, et ils se reconnaissent à travers ses relations.

C’est aussi intéressant de voir comment les autres publics ont reçu ce film. Par exemple, l’ingénieur, lui, se sent plutôt touché par la reconnaissance apportée à son travail. La plupart des âges et des catégories socio-professionnelles s’y retrouvent.

Ce qui touche les gens surtout, c’est l’idée de participer à une œuvre collective. Ils voient des grands gaillards qui ne craignent ni la pluie ni la boue, mais qui pourtant se prennent dans les bras lorsque l’un des leurs est forcé de partir, et c’est cela qui les touche.

A titre personnel, quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

J’ai pris énormément de plaisir à faire ce tournage. Un des aspects qui m’a le plus marquée dans cette aventure, c’est l’aspect humain. Même si je me dirige aujourd’hui vers d’autres films. En ce moment, je réalise des portraits de musiciens dans un conservatoire.

J’ai finalement lâché le bruit des bennes pour celui des violons, mais je garde un très bon souvenir de cette expérience. Avec du recul, je peux dire que j’ai eu de la chance de participer à un tel projet.

QUELQUE CHOSE DE GRAND - Extrait 1 from DOC(K)S 66 on Vimeo.

Deux questions à Luc Weizmann, architecte.

 

Vous êtes l’architecte du projet, au sens propre comme au figuré, puisque vous avez conçu le bâtiment, et que vous êtes aussi à l’origine du tournage de ce film. Comment cette idée vous est-elle venue ?

 

J’ai mis plusieurs années à faire passer cette idée, mais je voulais que ce soit quelqu’un d’extérieur au chantier qui observe cela avec sa vision, quelqu’un de novice. Nous ne voulions pas refaire ce que les services de communication savaient déjà faire.


Le parti pris n’était réellement donc de ne pas réaliser un film institutionnel, même si le travail de Fanny a été financé par Eiffage, donc une société de BTP. Elle a eu une totale liberté dans la réalisation et l’interprétation de son œuvre, car le but était justement de sortir du conventionnel et de la technique pour aller vers un portrait orignal et plus humain du chantier.

 

En tant que spectateur, quel est votre avis sur ce film ?

 

Il y a bien évidemment un regard très humaniste que partage Fanny avec le spectateur. Mais avant tout, ce film est selon moi un hommage au chantier, et le chantier lui-même mérite ce regard. Jusqu’à présent, nous faisions des reportages ou des documentaires sur les chantiers. Maintenant, nous faisons des films sur eux, et je pense que c’est une très bonne chose.

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