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Un centre d’affaires, quatre immeubles

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 11/03/2016  |  ConjonctureParis

Bureaux -

Inauguré mi-février, le #cloud.paris abritera bientôt la fine fleur de l’économie numérique.

C’était il y a peu encore un sombre patchwork de bureaux d’un autre âge confits dans la poussière, faits de bric et de broc, aménagés au fil des ans à la va-comme-je-te-pousse. Cinq années d’études et trente-quatre mois de chantier plus tard, le #cloud.paris - c’est le nom officiel de l’opération - prend son essor. Dédié plus volontiers aux « entreprises 2.0 » de la French Tech, l’imposant ensemble, inauguré le 18 février, propose désormais 34 000 m2 SDP de locaux flambant neufs, au centre de la capitale, à deux pas de la Bourse, dans ce qui est devenu en une poignée d’années « la Silicon Valley » du quartier du Sentier (Paris IIe).

Pour le maître d’ouvrage, la Société foncière lyonnaise (SFL), il s’agissait avant tout d’une démarche emblématique de sa politique immobilière, une réalisation « qui préfigure l’immeuble de bureaux de demain, au sein de la ville classique, vivante, ouverte et mixte », explique ainsi Dimitri Boulte, directeur général délégué de SFL. Un immeuble qui se devait de « se transformer et de s’adapter aux nouveaux modes de travail de ses futurs occupants ». Un centre d’affaires, enfin, qui constitue désormais « un programme d’excellence, adapté à la vie des entreprises les plus innovantes qui souhaitent élire domicile au cœur de Paris, afin d’attirer les talents les plus pointus ».
Le pari est réussi, puisque l’offre est déjà souscrite, dans sa quasi-intégralité, avec des entreprises comme Exane (finances), Facebook France et BlaBlaCar (covoiturage), qui y emménageront tout prochainement. Architecte de l’opération, Philippe Chiambaretta (agence PCA) a saisi ici, ainsi qu’il l’explique, l’occasion d’une « régénération de la ville sur elle-même », au moment où il s’agit de « réinventer Paris ». « Lorsque SFL nous a proposé en 2011 de réfléchir avec eux à la reconversion de ce gigantesque îlot, nous étions en pleine exploration des notions d’économie collaborative, de coworking, d’innovation par l’espace de travail. » Une réflexion qu’il conduit, avec son équipe, depuis 2008.

Friche tertiaire.

Plus concrètement, l’architecte s’est attaché ici, selon ses dires, à « clarifier, rationaliser et harmoniser l’ensemble du bâti », à savoir quatre constructions autrefois occupées par le Crédit lyonnais, qui les a abandonnées en 2011. Ce travail de « chirurgie lourde », sur une friche tertiaire au cœur de la ville - et en site contraint -, a notamment consisté à réaligner les façades, à redimensionner les cours intérieures, à démolir 50 % des surfaces et à remettre au même niveau altimétrique l’ensemble des plateaux. Le creusement d’un vaste atrium-lounge, campé au centre de l’édifice recomposé, autour duquel le programme s’organise, a permis la réutilisation de plus de 10 000 m2 de locaux en sous-sol, autrefois aveugles, au profit d’espaces de restauration luxueux et de salles de remise en forme, notamment. Sans oublier d’y abriter les indispensables locaux techniques qui ont permis de débarrasser la toiture de ses anciens édicules les plus disgracieux… Au résultat, des plateaux de 3 000 m2, d’un seul tenant par étage, une capacité d’accueil totale de 2 500 collaborateurs, et un rooftop avec terrasses panoramiques au dernier niveau. Le tout enveloppé sous une façade immaculée du dernier chic, couleur nuage, constellée de baies géantes en prise directe avec la capitale.

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PHOTO - 892280.BR.jpg - © #cloud
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PHOTO - 892190.BR.jpg - © PCA L AUTRE IMAGE
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PHOTO - 892192.BR.jpg - © Clément Guillaume
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PHOTO - 892183.BR.jpg - © jp. mesguen
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PHOTO - 892189.BR.jpg - © Photos : Clément Guillaume

98 % des déchets valorisés.
50 % des planchers conservés.
100 % des structures verticales refaites.
106 mètres de façades extérieures neuves.
4 100 tonnes d’acier.
8 000 m 2 de vitrages en façade.
20 000 m 3 de béton coulés.

Maîtrise d’ouvrage : Société foncière lyonnaise. Maîtrise d’œuvre : PCA/P. Chiambaretta ; P.-A. Gatier (ACMH). BET : Khephren (structure), Avel (acoustique), ACL (lumière), VS-A (façades), Elithis (fluides), Greenaffair (HQE), DAL (économiste), CSD Faces (SSI), Architecture et Scènes d’Extérieur (paysagiste). Maîtrise d’œuvre d’exécution : Artélia. Architecture d’intérieur : PCA, P. Mirailler, N. Duchaufour Lawrance, D. Lefort, M. Paillard. Principales entreprises : Vinci Construction France (GTM/Petit/Lainé Delau). Montant des travaux : 100 millions d’euros HT.

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