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Un campus de logements sculptural

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 06/07/2012  |  LogementTransportsTechniqueBâtimentIlle-et-Vilaine

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Sur la ZAC de la Courrouze, à Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes (Ille-et-Vilaine), entre voie ferrée et terrain de sport, deux totems colorés se découpent sur l’horizon. Deux tours d’habitation, éléments émergés d’un ensemble plus vaste, composé de soixante-seize appartements au total.

A la pointe nord-est de cette ancienne friche militaire et industrielle cernée d’un haut mur de schiste rouge, l’architecte parisien Philippe Gazeau s’est glissé en souplesse dans le cahier des charges des urbanistes du secteur, Bernardo Secchi et Paola Viganò (aux côtés du paysagiste Charles Dard). « J’avais envie de diversité typologique et morphologique, organisée autour d’un grand jardin partagé. J’ai joué la carte de la micro-urbanisation, avec de la densité ponctuelle », raconte-t-il. In situ, le dispositif architectural et urbain qu’il livre se compose de deux tours de hauteurs différentes, qui partagent un parking semi-enterré. Elles sont reliées par sa toiture-terrasse formant un parvis commun qui reçoit des maisons mitoyennes. A l’est de la parcelle, accolés au mur d’enceinte, vingt-trois duplex en bande ferment l’opération. « L’ensemble fonctionne comme un tout », explique Philippe Gazeau, et installe une « séquence construite » entre le vaste jardin central et l’espace paysager de l’ancien stade, qui offrent tous deux des vues dégagées aux maisons. Chaque type de bâtiment affiche une morphologie différente selon son implan tation, son orientation et sa hauteur, de façon à en tirer le meilleur parti, pour un plus grand confort des logements.

Fuselage métallique

Au nord, en lisière du site, la tour la plus haute forme signal sans porter ombre aux autres bâtiments. L’implantation très libre des deux tours permet une optimisation effi cace de leur aspect. En plan, les bâtiments s’évasent : les façades nord, étroites et davantage exposées aux nuisances sonores de la voie ferrée s’enveloppent, de même qu’à l’est et à l’ouest, d’un bardage métallique nervuré qui protège l’isolation thermique extérieure. Les façades sud, les plus larges, jouent le contraste maximum. A la fois sculpturales et minérales, elles ouvrent largement les séjours des logements vers le soleil, à travers des « loggias-terrasses », des « boîtes » en saillie. En béton préfabriqué, elles forment de véritables pièces extérieures protégées du vent, du bruit et des intempéries par des murs à mi-hauteur. « Je voulais des tours fuselées qui sortent de l’imagerie standard, sans gratuité ni formalisme », plaide l’architecte. Au pied des tours, six logements s’organisent sous forme de maisons à un étage, groupées trois par trois. Construites en voiles de béton lasuré, elles s’abritent sous une toiture monopente en bac acier vert foncé. Leurs cuisines, dotées d’une terrasse adjacente, forment saillie à l’ouest. Ouvertes sur le jardin intérieur, ces maisons sont traversantes de manière à ce que ni leur vue ni leur ensoleillement ne soient gênés par les tours qui les flanquent. A l’est de la parcelle, la « barrette » de logements en bande, réalisée en interface entre la rue et le jardin, contre l’ancien mur en schiste conservé, s’inspire du gabarit d’un programme préexistant au sud. « On a réadapté les vieilles recettes du Mouvement moderne en créant des duplex imbriqués, superposés et traversants, hyperfonctionnels », s’amuse Philippe Gazeau. Au deuxième étage, des volumes à deux pentes, disposés légèrement en retrait du corps principal du bâtiment, donnent un effet de « maisons posées sur un toit ». De même, à l’ouest, au rez-de- chaussée des jardins privatifs, les boîtes colorées des cuisines en saillie confèrent une échelle domestique à l’ensemble.

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PHOTO - 651866.BR.jpg - © photos : philippe ruault
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PHOTO - 652306.BR.jpg - © Document : Philippe gazeau architecte
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PHOTO - 652307.BR.jpg - © Document : Philippe gazeau architecte
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PHOTO - 651867.BR.jpg - © photos : philippe ruault
Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : SNI Grand-Ouest. Aménageur : Territoires publics. Maîtrise d’œuvre : Philippe Gazeau, architecte. Lorraine Pelé (chef de projet, études et chantier). Cotec (BET), CLDP (économiste), Qualiconsult Sécurité (coordination SPS). Bureau de contrôle : Dekra. Principales entreprises : Beltrame (gros œuvre), Payou (charpente et couverture), Axima Suez (bardage), SNPR (étanchéité), Renault (menuiseries intérieures et extérieures), OMS (serrurerie), EBPI (cloisons doublages), Audran (revêtements de sol), Tual (peintures), Hinault (électricité). Programme : 76 logements et 76 places de parking. Surface : 6 400 m 2 Shon, 5 300 m 2 Shab. Coût : 7 317 000 euros HT.

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