En direct

Un cœur de ville à prendre au fil de l'eau
Le centre-ville Maine (damier blanc et noir) et la ZAC quai Saint-Serge (jaune) sont deux sites déterminants du projet Angers Coeur de Maine. - © VILLE D'ANGERS

Un cœur de ville à prendre au fil de l'eau

Dossier réalisé par Jean-Philippe Defawe |  le 16/11/2018  |  AménagementUrbanismeMaine-et-Loire

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Collectivités locales
Aménagement
Urbanisme
Maine-et-Loire
Valider

Angers Cœur de Maine -

L'ambitieux projet de reconquête des rives du cours d'eau, lancé en 2010, a survécu au changement de majorité. Mais la nouvelle équipe municipale a clairement imprimé sa marque.

C'était le grand projet structurant d'Angers : 320 hectares traversés par une voie rapide sur 6 km de rives à aménager en plein centre-ville. Présentée comme « un acte fort qui allait faire entrer la ville dans une autre étape de son histoire », l'opération Rives Nouvelles, lancée en 2010 par le maire PS Jean-Claude Antonini, puis reprise par son successeur PS Frédéric Béatse, a mobilisé les meilleurs urbanistes du moment. Sélectionnées en novembre 2010, les équipes menées par François Grether, Finn Geipel et Reichen & Robert ont développé leurs propositions avec, dans leur viseur, cette voie rapide.

A l'issue d'une large concertation, le projet porté par François Grether et Phytolab (avec le bureau de planification MRS et les bureaux d'études SCE et Contrepoint) s'est imposé comme une évidence. Désignée en 2012 pour assurer pendant neuf ans la maîtrise d'œuvre urbaine du projet, l'équipe Grether-Phytolab proposait notamment de créer, le long du rivage, un jeu de plissements permettant une descente en gradins vers l'eau. Un plan-guide est alors créé en vue de propulser la ville dans une nouvelle ère… pour une facture estimée à près de 200 millions d'euros sur vingt-cinq ans. « Trop long et trop cher » pour Christophe Béchu, alors dans l'opposition, qui avait pourtant, comme une majorité d'Angevins, voté pour ce projet lors de la consultation.

Une priorité pour le nouveau maire. Elu maire en 2014, Christophe Béchu considère le dossier de l'aménagement des berges de la Maine comme une priorité. Mais ce changement de majorité allait-il mettre fin à l'ambitieux projet de François Grether ? Contre toute attente, le courant passe entre le jeune élu et l'urbaniste chevronné. « Les grands axes de réflexion sont les mêmes, mais nous avons pris en compte de nouvelles demandes, comme le passage du tramway », assure l'urbaniste Paul-Armand Grether, qui a pris le relais de son père. A l'époque, les urbanistes se montraient réservés sur le tracé de la deuxième ligne tel que souhaité par l'équipe de Frédéric Béatse. « En fait, on trouvait la proposition de Christophe Béchu plus intéressante », reconnaît Paul-Armand Grether, qui estime que ce changement a bénéficié au projet.

Sur la méthode aussi, un consensus est rapidement trouvé. Christophe Béchu souhaite que « les premières réalisations soient visibles dans le mandat ». Aussi, il demande à l'équipe de maîtrise d'œuvre urbaine de se concentrer sur deux sites déterminants : le centre-ville Maine et le quai Saint-Serge. Dans le même temps, il s'attachera à fusionner les outils d'aménagement du territoire. La SPL Rives Nouvelles sera dissoute. C'est l'EPL Anjou Loire Territoire (Alter), issue de la fusion de la Sodemel et de la Sara dirigée par Michel Ballarini, qui pilotera l'opération comme maître d'ouvrage délégué pour le compte de l'agglomération. Car, plus qu'un projet urbain, c'est un projet à l'échelle de toute l'agglomération qui est en marche. « La priorité de Christophe Béchu a toujours été la redynamisation du centre-ville. D'un point de vue urbain, c'est le premier bijou de la ville. L'idée a été d'y introduire de l'activité économique. D'abord, près de la gare, sur le cours Saint-Laud, où, en quatre ans, 55 000 m2 de bureaux ont été construits ou sont en chantier sur les 70 000 m2 programmés. Puis, près du centre-ville, sur le quai Saint-Serge avec 100 000 m2 de surface de plancher à développer, détaille Michel Ballarini. Le troisième étage de la fusée est fonctionnel. Il s'agit des lignes B et C du tramway, dont un premier tronçon d'un kilomètre, en forme de L, est en cours de construction. »


Plus qu'un projet urbain, c'est un projet à l'échelle de toute l'agglomération qui est en marche.

Quatre orientations fondatrices. Le projet Angers Cœur de Maine s'inscrit dans cette logique de reconquête en s'appuyant sur la rivière. Quatre orientations fondatrices ont été définies : l'aménagement du bas du centre-ville, le renouvellement de la zone d'activité Saint-Serge, la requalification des rives de la Maine sans investir lourdement et la « pacification » des voies sur berges. « Dans la mesure où le projet de rocade sud n'a pas pu se faire pour des raisons environnementales, cette 2 x 2 voies est un formidable atout pour amener la circulation dans le centre. Alors que l'ancien projet voulait la supprimer, nous la valorisons », assume Michel Ballarini. Charge aux professionnels de faire en sorte que cet axe où circulent quelque 50 000 véhicules par jour se fonde dans le cadre urbain. « Nous avons revisité l'organisation des entrées et sorties, diminué la vitesse de 70 à 50 km/h, modifié la signalétique routière, traité les abords et repensé l'éclairage », énumère Paul-Armand Grether.

Si les travaux de couverture de cette voie sur berge sur une centaine de mètres dans le courant de l'été 2017 marquent officiellement le lancement de l'opération Cœur de Maine, pour le paysagiste Loïc Mareschal (Phytolab), le projet trouve son origine dans l'aménagement de la promenade du Bout du Monde, livrée en juin 2016 (3 millions d'euros HT de coût travaux). Seul accès au château, « ce lieu extraordinaire était très peu valorisé et encombré de voitures », se souvient-il. Rendue aux piétons, à travers un traitement original de transition progressive entre minéral et végétal, cette promenade offre désormais un formidable belvédère sur la Maine.

Acupuncture urbaine. L'autre acte fondateur du grand projet angevin est le réaménagement de la promenade Jean-Turc et du quai Ligny, au pied du château. Pour un budget total de 2,1 millions d'euros HT, 50 arbres ont été plantés et une fontaine ainsi qu'une aire de jeux pour les 3-11 ans ont été créées. « Cet aménagement nous a également permis de libérer le cône de vue sur la Maine depuis la montée Saint-Maurice qui conduit à la cathédrale », explique Loïc Mareschal. Car un des objectifs de ce projet est de valoriser au maximum les monuments et les endroits symboliques de la ville. Dans cet esprit, Angers a mis en place un plan lumière et s'est lancée dans un projet de création de site patrimonial remarquable (SPR), porté par l'architecte des bâtiments de France Gabriel Turquet de Beauregard, avec Céline Viaud, de l'agence nantaise AUP et architecte du patrimoine. Côté rivière, cette logique de valorisation de l'existant se traduira par des aménagements légers au niveau des têtes de ponts afin de rétablir une continuité piétonne le long des berges. Ce travail d'acupuncture urbaine se prolongera à travers l'opération Rives vivantes, une démarche de concertation lancée auprès des riverains de la Maine pour développer les usages de cette rivière aux allures de fleuve.

PHOTO - 15830_949257_k4_k1_2208433.jpg
Le bas de la montée Saint-Maurice a été réaménagé. Des jeux et une nouvelle fontaine viennent terminer la promenade Jean-Turc. - © THIERRY BONNET / VILLE D' ANGERS

320 ha

320 ha Périmètre total de l'opération Cœur de Maine.

15 ha Surface de la ZAC Saint-Serge sud, dont 5 ha de parc paysager.

100 000 m2 SP à construire.

6 km de rives.

50 000 véhicules/ jour empruntent les voies sur berges.

245 M€ HT

Coût global des nouvelles lignes de tramway B et C.

20 M€ HT

Coût des espaces publics du centre-ville Maine.

9,7 M€ HT

Coût du pont des Arts et Métiers.

26,4 M€ HT

Coût de la nouvelle patinoire.

« On a en partie changé d'époque »

« Les visions à trente ou quarante ans ont du mérite car elles permettent de dessiner un cap mais, depuis la naissance de ce projet, on a en partie changé d'époque. Parallèlement, il est indispensable de se situer sur une échelle opérationnelle. C'est ce que nous avons fait en regardant, sur une période de quatre ou cinq ans et de façon très concrète, comment initier ce mouvement de reconquête des berges de la Maine en lien avec les nouvelles lignes de tramway. Avec, toujours en perspective, la redynamisation du centre-ville. Au sein d'un projet d'aménagement raisonnable et raisonné, il était donc nécessaire d'établir des priorités et nous nous sommes concentrés sur les sites du centre-ville Maine et du quai Saint-Serge. »

Christophe Béchu, maire d'Angers et président d'Angers Loire Métropole.

PHOTO - 15830_949257_k6_k5_2208434.jpg
Christophe Béchu, maire d’Angers et président d’Angers Loire Métropole. - © BIGOT / ANDIA.FR

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Dictionnaire du droit de l’urbanisme

Dictionnaire du droit de l’urbanisme

Date de parution : 02/2019

Voir

Accessibilité en ville : guide des équipements publics

Accessibilité en ville : guide des équipements publics

Date de parution : 02/2019

Voir

Guide pratique du contentieux de l'urbanisme

Guide pratique du contentieux de l'urbanisme

Date de parution : 01/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur