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Un bout de Polynésie française au patrimoine mondial
La tradition ma'ohi définit le marae Taputapuatea comme le lieu de rencontre entre le monde des vivants et celui des ancêtres et des dieux. - © © gouvernement de la Polynésie française

Un bout de Polynésie française au patrimoine mondial

Laurent miguet |  le 28/08/2017  |  PaysageAutres DOM-TOMPatrimoine

Mille ans d’histoire de la civilisation Ma’ohi sont entrés le 12 juillet au patrimoine mondial de l’humanité, à travers le marae Taputapuatea, aux Iles sous le vent (Polynésie française). Les 2 125 hectares classés incluent deux vallées boisées, une portion de lagon et de récif corallien, ainsi qu’une bande de pleine mer.

Sur 44 m de large et 60 m de long, un rectangle pavé de basalte, le marae Taputapuatea, forme le cœur du bien français le plus récemment inscrit au patrimoine de l’humanité : la 41ème session du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco a arbitré dans ce sens le 12 juillet dernier à Cracovie (Pologne). D’abord dédié au dieu bâtisseur Ta’aora, ce point de rencontre entre les vivants et leurs ancêtres sert jusqu’au XVIIIème siècle de lieu de culte central à ‘Oro, la divinité qui a servi de vecteur au rayonnement de la chefferie d’Opoa, qui gouvernait l’île de Raiatea. L’exceptionnel état de conservation de ce monument et du paysage alentour justifie la décision de l’Unesco : les 2 125 hectares classés – hors zone tampon – constituent un livre ouvert sur 1 000 ans d’histoire.

Paysage transporté

Sur les pentes boisées qui descendent vers la pièce centrale du site, les archéologues ont découvert 83 autres maraes. La diversité de leur forme et de leur taille reflète la stratification sociale et religieuse inscrite dans la topographie de la vallée d’Opoa : les agriculteurs en haut, les prêtres, chefs et guerriers en bas et sur le littoral. Les forêts des deux vallées incluses dans le périmètre classé révèlent d’autres reliques paysagères : outres les végétaux locaux ou endémiques, elles gardent les traces des plantations importées par les navigateurs ma’ohi et constituent un élément central du « paysage transporté » révélé par les auteurs du dossier soumis à l’Unesco.

Passe sacrée

Côté littoral, le paysage culturel classé garde les traces du savoir-faire qui a rendu possible la continuité des échanges entre l’île de Raiatea et les habitants des autres communautés polynésiennes. Lieu de départ ou de destination des expéditions à travers la passe sacrée Ava Mo’a qui traverse la barrière de corail, le site de Taputapuatea-Opoa intégrait une école pour maîtres navigateurs et constructeurs de grandes pirogues doubles. Outre l’importation de végétaux, ces embarcations ont servi à exporter des pierres utilisées pour la construction d’autres maraes polynésiens, répliques de Taputapuatea.

A travers la barrière corralienne, la passe sacrée Ava Mo'A, desservie par des pirogues doubles, reliait l'île de Raiatea au reste du monde.
A travers la barrière corralienne, la passe sacrée Ava Mo'A, desservie par des pirogues doubles, reliait l'île de Raiatea au reste du monde.

Rayonnement mondial

Chargé d’instruire les demandes d’inscription au patrimoine mondial, le conseil international des monuments et des sites – Icomos – a donné raison à la France : « Taputapuatea est l’unique ensemble de maraes « international », étant donné que lui seul fut au centre d’une alliance qui intégra une large bande de la Polynésie française, Rarotonga et Te Aotearoa (Nouvelle-Zélande) », souligne le rapport d’évaluation. Loin de se limiter à la Polynésie française, l’analyse comparative a couvert des paysages sacrés et agricoles du Pacifique et du monde.

La réappropriation récente de Taputapuatea par les peuples polynésiens donne un sens nouveau au rayonnement international historique. Depuis le premier voyage de la pirogue Höküle en 1976 entre Hawaii et l’île de Raiatea, les embarcations traditionnelles issues de tous les archipels polynésiens viennent régulièrement accoster sur le site sacré. « En Polynésie, dans le Pacifique, Taputapuatea est cette pierre laissée par nos ancêtres et qui nous prépare pour les temps futurs », déclare l’historienne Lilikala Kame’eleihiwa, dans la brochure de présentation du dossier réalisée par le gouvernement de la Polynésie française.

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