Chantiers

Un bâtiment tertiaire à énergie positive qui tient ses promesses

Mots clés : Efficacité énergétique - Lieux de travail - Réglementation thermique et énergétique

Après un an d’occupation, l’immeuble de bureaux Green Office de Meudon (92) livré en 2011 affiche un excédent de 9 % entre sa production d’énergie et sa consommation. Grâce à un bâtiment performant, un contrat de performance énergétique, des outils de pilotage et des occupants motivés.

L’immeuble de bureaux Green Office de Meudon (Hauts-de-Seine), conçu par Ion Enescu (Ateliers 115 Architectes) et livré en 2011 par Bouygues Immobilier, a été pensé pour produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. Sur ces 23 300 m² (shon), Steria France a installé son siège social, soit 1250 collaborateurs. Après un an d’occupation, cette société de service informatique a fait le bilan de son management énergétique.

Le bâtiment, certifié HQE et Breeam pour l’environnement, détient aussi le label BBC Effinergie. Equipé de 4200 m² de panneaux photovoltaïques et d’une chaudière à cogénération alimentée à l’huile de colza, il n’est pas climatisé, un système de ventilation naturelle assurant le rafraîchissement nocturne des bureaux.

 

Contrat de performance énergétique

 

Locataire du bâtiment (le propriétaire est Scor), Steria a signé un contrat de performance énergétique (CPE) avec l’exploitant Exprimm. « Destiné principalement à la rénovation des bâtiments, cet outil juridique du Grenelle de l’Environnement est ici orienté autour d’un contrat d’exploitation-maintenance », remarque François Pacoureau, directeur des achats et des services généraux de Steria. Le locataire des locaux s’engage sur les plages horaires d’utilisation du site, la densité d’occupation, le cloisonnement, les consignes de températures, la puissance bureautique installée. En contrepartie, Exprimm s’engage sur un niveau de consommation énergétique par usage. Le CPE porte sur neuf usages de l’énergie : aux cinq usages réglementaires (chauffage, rafraîchissement, éclairage, ventilation, eau chaude sanitaire) ont été ajoutés la bureautique, les parkings, les ascenseurs et les brasseurs d’air. La consommation prévue à l’origine pour ces neuf usages était de 62 kWh/m².an d’énergie finale, pour une production de 64 kWh/m².an.

 

9 % d’excédent de production d’énergie

 

Après un an, la consommation s’avère supérieure aux prévisions avec 70,8 kWh/m².an d’énergie finale (dont 59 kWh/m².an pour les cinq usages réglementaires). Mais la production est elle aussi supérieure : 76,9 kWh/m².an. Le différentiel atteint 9 %, soit plus que les prévisions. Sur les neuf postes de consommation, deux ont connu des dérives : le parking et le chauffage. Pour le premier, le problème est déjà résolu. Quant au chauffage, qui représente 53 % des consommations, il a dépassé de 20 % les objectifs. Un écart important, reconnaît François Pacoureau, qu’il explique par une période de rodage pour des équipements (chaudière à cogénération) encore peu répandus. « Des actions ont été entreprises ou sont en cours qui portent leurs fruits. L’optimisation se poursuit. » Le deuxième poste de consommation est la bureautique, qui représente 14 %. Cet usage est mesuré au travers des prises électriques des postes de travail. Mais cet usage ne prend pas en compte les serveurs déportés dans une salle informatique, hors contrat de performance énergétique.

 

Huile de colza

 

Quelques aménagements du fonctionnement du bâtiment ont dû être envisagés, admet-on chez Steria. Outre les indispensables réglages de fonctionnement des différents équipements tels que les stores, il a fallu adapter les automatismes des cogénérations et de la distribution sur les différents réseaux, ajuster les horaires de fonctionnement (de 7h à 21h au lieu de 8h à 20h) et résoudre le problème d’approvisionnement en huile de colza. Livrée par un producteur des Yvelines, à 34 km du site, son usage en tant que carburant est soumis à autorisation des services des douanes.

Les températures de consigne ont également été revues à la hausse, passant de 20 °C à 21 °C début 2012, car il n’était pas question d’optimiser la gestion énergétique au détriment du confort.

 

Outil logiciel de pilotage

 

Pour piloter au mieux ce CPE, le bâtiment est truffé de capteurs (environ 20 000) qui envoient des informations toutes les cinq minutes ou tous les quarts d’heure à un outil développé il y a dix-huit mois par Steria, le logiciel Si@go. Celui-ci permet de suivre le respect des engagements, de comprendre et répartir les responsabilités, d’identifier les leviers d’optimisation et de simuler les consommations énergétiques pour différents scénarios d’occupation des locaux.

 

Sensibiliser les collaborateurs

 

Enfin, l’objectif du bâtiment à énergie positive n’aurait pas été atteint sans une implication des usagers du bâtiment. Ce déménagement vers un nouveau siège social a été accompagné d’actions de communication et de sensibilisation des collaborateurs qui continuent à être régulièrement informés des résultats énergétiques pour entretenir leur engagement.

L’état-major de Steria France peut être satisfait car les résultats économiques sont au rendez-vous. Sa consommation énergétique au m² a été divisée par deux par rapport à son ancien immeuble, pourtant récent (conforme à la RT 2005).

Focus

Bilan des consommations par usage après un an

Chauffage : 53 %

Bureautique : 14 %

Eclairage : 13 %

Parking : 7 %

Ventilation : 7 %

Utilities : 3 %

Ascenseurs : 2 %

Rafraîchissement : 1 %

Brasseur d’air : 0 %

Focus

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Bouygues Immobilier

Maitre d’œuvre de conception et d’exécution : Ateliers 115 Architectes

Architecte de l’opération : Ion Enescu

Architecte d’Intérieur : Robert Dal Sasso et Ateliers 115 Architectes

AMO / HQE : Tribu

BET qualité environnementale : Arcoba

BET généraliste : Arcoba (structure, génie électrique, génie climatique)

BET façades : Ceef

BET acoustique : Lasa

BET espaces verts : AFP

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  • - Le

    Emploi abusif du terme "énergie postive"

    Appeler un bâtiment avec un groupe électrogène à « énergie positive » est totalement abusif, c’est une forme de « green washing ». On ne doit tenir compte que des énergies captées par le bâtiment lui-même dans la lumière, l’air, l’eau et le sol. Le fait que le carburant du groupe soit de l’huile de colza change le bilan carbone, mais ne rend pas le bâtiment à énergie positive puisque le colza n’a pas été récolté sur place.
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