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Un bâtiment passif dans l’habitat social choisit l'isolation par l'extérieur

Frédérique Vergne |  le 07/04/2009  |  EnergieImmobilierLogementTechniqueEfficacité énergétique

Le Foyer Rémois réalise, à Bétheny près de Reims, un immeuble passif, conforme aux labels BBC Effinergie et "PassivHaus". Avec ce bâtiment qui consommera moins de 15 kWh/m2.an pour son chauffage, le bailleur social anticipe les exigences de la nouvelle RT 2012 et les recommandations du Grenelle de l’environnement. Une première dans l’habitat social !

Bâtir pour un avenir durable et marier le confort de vie à la faible consommation d’énergie avec des coûts de construction acceptables : c’est tout l’enjeu entrepris par le bailleur social dans son projet « La Clairière », dont la livraison est prévue pour la fin de l’année. Ce programme de 13 logements collectifs dont quatre logements adaptés aux personnes handicapées à destination de locataires du parc HLM est ambitieux, puisqu’il va répondre aux normes de l’institut allemand « passivhaus » mais également viser le label BBC Effinergie (Bâtiment Basse Consommation). Une construction garantissant une très haute performance énergétique (de plus de 70% par rapport aux objectifs de la RT 2005) et donc une consommation énergétique pour le chauffage faible, inférieure à 15 kWh/m2.an.
Pour obtenir un bâtiment labellisé « passif », il est nécessaire de réduire au maximum les déperditions de chaleur. Pour cela, quelques grands principes s’imposent : une isolation de qualité supprimant les ponts thermiques, une étanchéité à l’air élevée et une ventilation contrôlée avec récupération de chaleur. « L’amélioration du niveau de performance énergétique a aussi été précédée d’une réflexion globale et durable prenant en compte l’impact environnemental des matériaux utilisés pendant l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, explique Christophe Villers, Président du Directoire du Foyer Rémois.

Un bâtiment pilote en France

La réussite de cette opération, conçue par BCDE Architecture, repose en fait sur l’implication forte de partenaires industriels et économiques comme l’Ademe, la Fédération Française du bâtiment, BASF, EDF… et sur un concentré de choix techniques et d’alliances technologiques. A commencer par le respect des règles de l’architecture bioclimatique. Les fenêtres étant les meilleurs panneaux solaires, le bâtiment en tire profit en orientant les grandes baies au sud. Ainsi, la façade principale avec de grandes ouvertures (dotées de brise soleil pour le confort d’été) est orientée plein sud, alors que les autres façades comptent de plus petites ouvertures pour éviter les déperditions. Les fenêtres sont équipées, par ailleurs, de double ou triple vitrages selon les orientations.

Isolation par l’extérieur : un système pour la basse consommation

Outre sa compacité qui le rend plus performant, le bâtiment réduit ses déperditions grâce à une enveloppe très efficace : une isolation thermique par l’extérieur (ITE) de 30 cm d’épaisseur. Une technique, davantage utilisée aujourd’hui en rénovation, mais qui ne cesse de se développer sur des projets neufs. En supprimant tous les ponts thermiques entre les dalles ou planchers intermédiaires et les murs extérieurs, l’isolation par l’extérieur s’avère la solution la plus simple à mettre en œuvre et la moins chère par rapport à l’isolation intérieure. Elle est assurée par le Neopor®, un polystyrène expansible de nouvelle génération fabriqué par le leader mondial de l’industrie chimique BASF et utilisé sous forme de panneaux. L’ajout de graphite permet au produit d’absorber et de réfléchir les rayons infrarouges. Résultat : un pouvoir isolant supérieur et une réduction des plaques de 20% par rapport à un isolant en polystyrène classique. Toujours côté isolation, 240 mm de polyuréthane sont posés en terrasse, en liaison avec l’isolation des murs et 150 mm de fibrastyrène en sous-face, au dessus des parcs de stationnement.

Pas de chauffage

Ici, pas de chauffage et donc pas d’entretien, juste un convecteur d’appoint dans la salle de bains. La ventilation sera assurée par un système double-flux à haut rendement qui récupère plus de 85% de chaleur. Ce système sera semi décentralisé : chaque appartement disposera, en effet, d’un appareil qui offre la possibilité d’un réglage de température individualisé. Un puits canadien viendra compléter le dispositif, ce qui permettra d’obtenir une faible amplitude thermique entre l’été et l’hiver. Des panneaux solaires seront installés pour l’eau chaude sanitaire ; grâce à un ballon situé dans chaque appartement, les locataires pourront maîtriser leur consommation. En toiture-terrasse, la végétalisation protégera l’étanchéité des rayons du soleil et retiendra l’eau de pluie. Une barrière naturelle contre l’humidité et le froid.
Les eaux pluviales, quant à elles, seront récupérées dans des fossés d’infiltration situés autour du bâtiment.
Reste l’étanchéité à l’air. En partie assurée par les prémurs en béton, elle concentre toutes les attentions. « Un soin particulier sera porté aux raccords et percements, précise Johann Souvestre de Luwoge consult, filiale de BASF spécialisée dans le conseil en efficacité énergétique dans le bâtiment. Deux contrôles sont prévus, l’un au moment où le bâtiment sera hors d’air, l’autre en fin de chantier pour obtenir la certification passive ».
La somme de toutes ces solutions énergétiques devrait engendrer, pour les locataires, environ 80% d’économies sur le chauffage, à condition de bien utiliser ces systèmes. Conscient de l’importance des comportements des occupants, le Foyer Rémois mettra en place un accompagnement pour les inciter à consommer différemment. Ce bâtiment « passif » social devrait d’ailleurs lui servir d’exemple pour la construction d’autres réalisations futures.

La face sud
La face sud
Panneaux solaires
Panneaux solaires
Puits canadien
Puits canadien
Isolation thermique
Isolation thermique
Etancheite
Etancheite
Objectif label passif

- Besoin de chauffage inférieur à15 kWh/m².an en énergie finale
- 120 kWh/m².an d’énergie primaire pour l’ensemble des
consommations : chauffage, eau chaude, consommation électrique de la VMC, climatisation, auxiliaires Ch/ECS, usages domestiques
- Test étanchéité à l’air : n50 inférieur à 0,6 volume.h-1
- Calculs avec logiciel PHPP (Passive House Planning Package)
- Label délivré par la maison passive France

ITE : une mise en œuvre simple

Les plaques de PSE Neopor® de BASF, sous Avis Technique, sont collées à joints décalés sur le support puis légèrement poncées. A la base, un rail aluminium soutient le premier rang. Pour éviter le fluage et en attendant que la colle sèche, les plaques en partie basse sont fixées à l’aide de chevilles, dissimulées par des bouchons, évitant ainsi les points de rosée. Sur les plaques, un enduit acrylique dans lequel est marouflée une armature fibrée est posé. L’ensemble constitue la résistance mécanique du système.
Pour ce bâtiment, l’entreprise de pose Sape estime la pose de l’ITE à un travail de 1 000 heures à deux personnes.

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