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Un bardage en bois exotique

FRANCOIS SAGOT |  le 20/03/1998  |  BoisProduits et matérielsTechniqueSportArchitecture

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LE CHANTIER La salle de presse du stade de la Beaujoire, à Nantes. LE PROGRAMME Réalisation d'un bâtiment en quatre mois. LES SOLUTIONS Préfabrication en atelier de la structure ; utilisation de bois exotique pour le bardage.

En moins de quatre mois sera réalisée la salle de presse du stade de la Beaujoire, à Nantes, qui accueillera les journalistes pour la Coupe du monde de football. D'une superficie de 420 m2, elle sera livrée officiellement pour la foire de Nantes. Ces délais très courts ont conduit l'architecte du projet Michel Roulleau à opter pour une ossature en bois plutôt que pour une construction traditionnelle en béton. « L'utilisation du bois suppose un engagement de l'architecte sur la pérennité de l'ouvrage, remarque Michel Roulleau. Toutefois, comme c'est un matériau vivant, il faut accepter une évolution de l'aspect dans le temps. »

Le décor du bâtiment est d'inspiration japonaise. Il marie un bardage en padouk, un bois exotique imputrescible de couleur rouge, un parvis en béton désactivé avec des granulats noirs, des sols intérieurs formés de carrelages noirs et de linoléum rouge, une toiture et l'un des pignons en zinc prépatiné.

Des panneaux préfabriqués en atelier

Installée en quinze jours, la structure du bâtiment est formée de panneaux de 7,50 m de largeur, 3,20 m de hauteur et 0,20 m d'épaisseur, préfabriqués en atelier. Les murs reçoivent un bardage réalisé à partir de lames de padouk de 22 mm d'épaisseur, disposées horizontalement et clouées sur des tasseaux de 25 x 50 mm (résineux traités classe III formant lattage). Sur le bois est appliquée une lasure incolore en usine afin de le protéger des ultraviolets. Comme les lames ne sont pas jointives, un pare-pluie placé derrière le bardage récupère les eaux de pluie. Des éléments en bois de 36 x 147 mm et de 600 mm d'entraxe (résineux traités classe II) forment l'ossature, tandis que le contreventement de l'ensemble est assuré par des panneaux de particules (OSB) de 10 mm d'épaisseur, placés du côté extérieur. Une isolation en laine minérale semi-rigide de 150 mm d'épaisseur, associée à un pare-vapeur, est placée dans l'épaisseur de l'ossature.

« Une autre particularité de l'ouvrage, indique Jean-Yves Riaux, du Centre national de développement du bois, tient à la présence d'un mur courbe traversant longitudinalement le bâtiment. Parfois concave, parfois convexe, ce mur possède un rayon de courbure relativement faible de 2,50 m. Une maquette a été réalisée préalablement pour valider ce mur. »

Les panneaux reposent sur des sablières en bois (résineux traités classe IV) chevillées à la dalle béton. Un feutre et un joint en mousse servent d'interposition. La charpente en bois lamellé-collé est supportée par des poteaux massifs, incorporés dans les murs, et des poteaux ronds apparents en padouk, d'un diamètre de 200 mm. La couverture en zinc, à joint debout, est posée sur un platelage autoportant de panne à panne (via un feutre d'interposition), formé de planches placées en diagonale. Cette disposition supprime la présence de chevrons, permet au platelage de participer au contreventement d'ensemble, et évite tout recoupement avec les joints de la toiture.

Le montant des travaux s'élève à 2,3 millions de francs HT, soit environ 5 400 francs le mètre carré.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : parc régional d'exposition de Nantes-Beaujoire.

Architecte : agence Roulleau-Puaud.

Ossature bois : Cruard Charpente.

Bureau de contrôle : Socotec.

Coordinateur : Bureau Veritas.

Conseil : Centre national de développement du bois.

SCHEMA : Coupe du mur sur sablière

Les lames profilées en parallélogramme du bardage sont fixées à un lattage formé de tasseaux de 25 X 50 mm. Un pare-pluie est placé derrière les lames qui ne sont pas jointives. L'ossature composée d'éléments de 36 X 145 mm est contreventée par un panneau de particules de 10 mm d'épaisseur.

PHOTOS : 1. Le bardage est réalisé à partir de lames de padouk non jointives, fixées sur une ossature en bois. 2. La charpente est supportée, dans le hall, par des poteaux ronds en bois exotique. 3. Un mur courbe traverse de part en part, le bâtiment.

Le padouk, un matériau délicat à travailler

Laurent Ogel, de l'entreprise Cruard Charpente, remarque que le padouk est un bois difficile à travailler en raison de son contre-fil. Selon lui, on n'obtient pas une surface complètement lisse. Parfois même, il peut éclater lors de l'usinage. Il s'agit d'un matériau relativement lourd, de l'ordre de 800 kg/m3, et dense. En effet, il est difficile d'enfoncer des pointes dans les lames en phase de chantier, aussi l'exécution d'un préperçage en atelier est nécessaire. Son prix, d'environ 4 000 francs le mètre cube, est à comparer avec celui de l'ipé (8 000 francs le mètre cube).

Laurent Ogel, de l'entreprise Cruard Charpente, remarque que le padouk est un bois difficile à travailler en raison de son contre-fil. Selon lui, on n'obtient pas une surface complètement lisse. Parfois même, il peut éclater lors de l'usinage. Il s'agit d'un matériau relativement lourd, de l'ordre de 800 kg/m3, et dense. En effet, il est difficile d'enfoncer des pointes dans les lames en phase de chantier, aussi l'exécution d'un préperçage en atelier est nécessaire. Son prix, d'environ 4 000 francs le mètre cube, est à comparer avec celui de l'ipé (8 000 francs le mètre cube).

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