Innovation produits

Un ascenseur hybride à énergie solaire

Mots clés : Ascenseur - Démarche environnementale - Energie renouvelable

Récente création de l’ascensoriste suisse Schindler, le Solar Elevator dispose de panneaux solaires et d’une batterie associés à une alimentation monophasée. Un atout pour les pays à fort ensoleillement.

Il y a quelques mois, Otis lançait le GeN2 Switch, un ascenseur dont la consommation n’excéderait pas celle d’un micro-onde ou d’un sèche-cheveux. Pour le mettre en mouvement, nul besoin d’une alimentation triphasée : il suffit de le brancher à une prise de courant 230 V monophasée. Et si le courant vient à manquer, des batteries – chargées grâce à un système d’entraînement régénératif – prennent le relais pour assurer une centaine de voyages.

 

 

Dans la même veine, Schindler vient de mettre au point le Solar Elevator. Très faiblement énergivore, branché au courant monophasé et équipé de batteries lui aussi, il est en plus relié à des panneaux photovoltaïques (entre 2 et 8 m2) disposés en toiture. Un ascenseur hybride à énergie solaire en somme. « Les ascensoristes ont toujours su tirer parti des avancées technologiques commente Jean-Luc Detavernier, délégué général de la Fédération des ascenseurs. Si ce nouvel équipement relève indéniablement d’une stratégie marketing, il n’en reste pas moins innovant et intéressant. »

 

 

Prévenir les pannes de courant

 

 

Du point de vue technique, la difficulté selon Éric Rossignol, responsable R&D chez Schindler, était « de connecter une source et un consommateur d’énergie aux profils très différents ». En effet, alors qu’un ascenseur sollicite l’énergie par pics dont l’amplitude peut atteindre les 10 kW, les panneaux PV délivrent de manière constante une puissance de quelques watts. Il fallait donc mettre au point un outil de gestion des flux d’énergie, afin de les répartir en fonction des besoins, en temps réel. C’est pourquoi un gestionnaire intelligent a été développé. Ce dernier, doté d’un algorithme de prévision de trafic, contrôle le niveau de charge de la batterie dans laquelle s’accumule l’énergie produite par les panneaux. « Si la batterie est trop pleine, on gâche de l’énergie solaire. Si elle est trop vide, elle ne peut assurer la relève en cas de panne de courant », explique encore Éric Rossignol.

 

 

Du point de vue de l’usage, cet ascenseur pourrait se montrer particulièrement adapté dans des pays bénéficiant d’un ensoleillement important, mais où le réseau électrique est peu dense et peu fiable. « Dans les pays émergents, comme l’Inde, l’ascenseur solaire répond à de vraies problématiques énergétiques », précise-t-on chez Schindler. Mais dans les pays occidentaux où le réseau électrique urbain est solide, les avantages ne sont pas aussi évidents. La technologie séduira moins pour son autonomie solaire potentielle (si elle peut atteindre 100 % en été, elle dépassera difficilement les 60 % l’hiver), que pour sa capacité à faire face aux pannes de courant inopinées. Car sans soleil, les batteries se rechargent sur le réseau et garantissent 200 voyages hors alimentation. Après un premier test réussi à Barcelone, l’ascenseur équipe aujourd’hui deux petits bâtiments tertiaires en Suisse et un bâtiment résidentiel en Lituanie.

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
Les articles les plus lus
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X