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Un ancien hospice revisité en pôle universitaire

MARGOT GUISLAIN |  le 06/02/2015  |  ArchitectureTechniqueBâtimentGardHérault

Reconversion -

A Nîmes (Gard), l’architecte Jean-Luc Lauriol a métamorphosé un hospice du XIXe siècle désaffecté en un ensemble universitaire. Une occasion de dynamiser les potentialités spatiales des cloîtres anciens…

Précédemment maître d’œuvre, à Montpellier, de la transformation de l’ancien Collège royal de médecine en centre d’art contemporain, l’architecte Jean-Luc Lauriol signe aujourd’hui la réhabilitation d’un hospice du XIXe siècle pour l’université de Nîmes. Il confirme ainsi son savoir-faire pour redonner vie aux bâtiments de santé abandonnés. Et notamment ceux qui épousent la typologie du cloître dont, bien souvent, avant même d’être désaffectée, la cour intérieure ne remplit plus d’autres fonctions que celle d’un grand puits de lumière, devenant ainsi un espace résiduel où l’horloge s’est arrêtée. C’est justement dans une dynamique de renouvellement urbain que l’ancien hospice de Nîmes, à l’abandon depuis quinze ans, revit en pôle universitaire au cœur de l’écoquartier Hoche actuellement en plein chantier. Débarrassé de son mur d’enceinte, l’édifice est à présent précédé d’une vaste esplanade qui en fait le point de mire de son environnement.

L’enveloppe, très abîmée et abondamment taguée, a retrouvé son lustre : les pierres calcaires locales, réputées pour leur capacité à être soigneusement travaillées, mises en œuvre en encadrement de baies, en chaînages d’angle, en rez-de-chaussée, ont été restaurées. Sur le remplissage, constitué de pierres moins nobles, un nouvel enduit à la chaux a été passé, avec une recherche poussée de colorimétrie afin d’obtenir une teinte beige dorée analogue à la pierre. La chapelle, en avancée au centre de la façade principale, retrouve son volume originel, débarrassé des trois étages de bureaux qui étaient venus s’y empiler. Prochainement, sa coupole disparue sera reconstruite, lorsque la seconde tranche des travaux sera terminée.

Cours jumelles

A la symétrie implacable de cette architecture néoclassique correspond la division du bâtiment en deux cloîtres identiques accolés (ancienne séparation hommes/femmes). Le premier, dont le chantier est achevé, est d’ores et déjà occupé par l’université, tandis que le second le sera bientôt après avoir été réhabilité selon un même fil rouge : « Faire des cours intérieures le cœur vivant du bâtiment », explique Jean-Luc Lauriol, soulignant ainsi le peu d’usage qui en était fait auparavant. Les cours jumelles sont bordées d’un dispositif de circulations extérieures, en surépaisseur des façades existantes : escaliers et coursives sont supportés par des portiques en béton qui forment, dans l’esprit du cloître, une sorte de péristyle géant sur toute la hauteur de bâtiment. Au rez-de-chaussée, l’administration, la cafétéria et la bibliothèque ouvrent sur les cours transformées en patios dont le sol forme un curieux jeu de dames (1 % artistique). Aux étages, les salles de classe traversantes bénéficient des 7 m d’épaisseur du bâtiment.
A la façon du maître architecte Carlo Scarpa (1906-1978), les diverses strates historiques coexistent. Les lames de chauffage rayonnant et les panneaux acoustiques forment une nappe métallique suspendue et discontinue qui laisse apercevoir dans les interstices les voûtains des anciens planchers. Le vieil hospice est aussi devenu une petite machine environnementale : isolation par l’intérieur côté rue, par l’extérieur côté cour (isolant minéral + panneaux de béton préfabriqué), stores intégrés aux vitrages, volets à lames inclinées selon l’orientation de chaque façade, ventilation double flux, pilotage par GTB (gestion technique du bâtiment)…

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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : rectorat de Montpellier. Maîtrise d’œuvre : J.-L. Lauriol, architecte mandataire ; A. Vernet, architecte du Patrimoine. BET : Inse (TCE), RFR Eléments (HQE), G. Jourdan (acoustique), AB Ingénierie (OPC). Entreprises : LCRI (gros œuvre), Bourgeois (charpente-couverture), SBPR (façades pierre), Pistre (menuiseries bois), Solatrag (serrurerie). Surface : 4 125 m2 Shon. Coût travaux : 8,4 millions d’€ HT (1re tranche), 8 millions d’€ HT (2e tranche).

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