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« Uber ou Google ne doivent pas structurer seuls les usages urbains »

Propos recueillis par Jean-Philippe Defawe |  le 22/06/2018  | 

Entretien avec Jacques Priol, président de Civitéo, auteur de « Le big data des territoires : les nouvelles stratégies de la donnée au service de l'intérêt général » (FYP Editions, 2017).

Big data, smart city, intelligence artificielle… En quoi ces sujets concernent-ils la gestion urbaine et les territoires ?

De tout temps, les données ont été mobilisées pour mieux gérer la ville.

La planification urbaine, la politique de la ville ou les opérations de promotion reposent sur des études et des analyses produites par des agences publiques ou des bureaux d'études. Mais de nouveaux outils, des algorithmes et des modèles prédictifs par exemple, imaginés par des géants du web, sont aujourd'hui accessibles. Et ces innovations s'avèrent utiles à d'autres fins que commerciales ! La collecte de données massives à partir des smartphones, de compteurs intelligents, de capteurs et d'objets connectés rend possibles de nombreux usages. Elle permet d'améliorer la gestion de l'énergie (éclairage public, bâtiments communaux… ), celle de l'eau (le cycle de la distribution mais aussi le cycle naturel), ou encore le trafic automobile.

Quelle doit être l'attitude des acteurs publics face à ces changements ?

Ils doivent être déterminés à ne pas laisser quelques acteurs isolés prendre le contrôle de données qui sont d'intérêt général et structurer seuls les nouveaux usages urbains : Uber pour le transport partagé et demain les véhicules autonomes, Airbnb pour les locations touristiques, Google pour la mobilité… Les acteurs publics et leurs délégataires doivent cependant agir avec retenue et mesure. Tout n'est pas permis avec les données des habitants et des usagers de la ville.

Vous dénoncez justement des dérives possibles. Quelles sont-elles ?

Il y a d'abord l'enjeu de la protection des données personnelles. Pour les acteurs des « villes intelligentes », le sujet n'est pas uniquement de se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation, il faut construire et conserver la confiance des citoyens. Il y a un deuxième enjeu : éviter que la smart city se limite aux dispositifs d'optimisation des flux, sinon cette ville que l'on veut intelligente et inclusive sera surtout technique et automatique.

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