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Trump : un climatosceptique protectionniste à la Maison-Blanche
Le nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump - © MANDEL NGAN / AFP AFP

Trump : un climatosceptique protectionniste à la Maison-Blanche

Hugues Boulet avec Joséphine de Bernardi |  le 09/11/2016  |  ImmobilierBâtimentParisInternationalERP

Le milliardaire de l’immobilier Donald Trump sera le 45ème président des États-Unis. Offensif sur la question des infrastructures, il compte saborder le Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement, ainsi que l’Accord de Paris sur le climat.

L’Oncle Sam a donc choisi Donald. Trump sera le 45ème président des États-Unis d’Amérique. Quoi qu’on puisse penser du personnage et de son inexpérience en politique, il faut reconnaître que l’homme n’est pas un inconnu pour le secteur de la construction. Dès son premier discours post-élection, il a d’ailleurs fait référence à de nécessaires investissements dans les infrastructures . Fils d’un promoteur immobilier new-yorkais, Donald Trump rejoint l’entreprise familiale après des études de commerce, puis en prend la tête en 1971. Son père construisait des logements pour la classe moyenne. Pour le fils, ce sera plutôt tours de luxe à son nom (et à sa gloire), hôtels, casinos, golfs…

S’il est devenu milliardaire grâce à ces projets grandioses, il a aussi été la cible de dizaines de procès dans le cadre de ses affaires et a frôlé la banqueroute en 1995 avec des pertes de 916 millions de dollars. Si elle ne concerne évidemment pas au premier chef le BTP en France, l’élection de Donald Trump pourrait tout de même impacter le secteur de manière indirecte.

Quel avenir pour le Partenariat transatlantique sur le commerce et l'investissement (TTIP) ?

Dès l’élection de Trump, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, ont invité dans une lettre commune le président des États-Unis à un sommet UE-USA en Europe. Parmi les dossiers énumérés, les deux dirigeants n’ont pas manqué de citer les négociations sur le partenariat transatlantique sur le commerce et l'investissement (TTIP). Celui-ci contient un important chapitre sur une ouverture plus grande des marchés publics US aux entreprises européennes, et donc hexagonales. Pas sûr que l’élection de Trump, qui se veut très protectionniste, favorise des négociations déjà au point mort en raison de l’intransigeance américaine. Le milliardaire est fortement opposé au TTIP. Hilary Clinton y était aussi hostile, mais il s’agissait davantage d’une posture électorale et des discussions auraient été possibles. Là, l’accord transatlantique semble mort-né.

Quel avenir pour l’Accord de Paris sur le climat ?

Dans leur lettre, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk ont également cité le « changement climatique ». Une référence à l’Accord de Paris sur le climat signé au terme de la COP 21, en décembre 2015, qui aura des répercussions sur le secteur du BTP. Selon Ségolène Royal, Trump « ne peut pas empêcher » la « mise en œuvre » de l'Accord de Paris sur le climat. « À l'heure où je vous parle, 103 pays ont ratifié, représentant 70% des émissions (de gaz à effet de serre). Il ne peut pas, contrairement à ce qu'il a dit, dénoncer l'accord de Paris », a indiqué sur RTL la ministre française de l'Environnement. Pendant la campagne, Trump avait annoncé son intention « d'annuler » le traité et avait également qualifié le réchauffement climatique de « canular total ».  Ségolène Royal a présidé les négociations internationales sur le climat jusqu'à l'ouverture de la COP 22 à Marrakech, le 7 novembre. « L'accord de Paris dit lui-même que pendant trois ans on ne peut pas en sortir », a-t-elle précisé. Le texte, signé lors de la COP21, entré en vigueur le 11 novembre, prévoit que les pays l'ayant ratifié - dont les États-Unis - ne pourront le dénoncer avant quatre ans (dont un de préavis).

Quel programme pour le BTP aux États-Unis ?

Dès son premier discours post-élection, Donald Trump a fait référence au secteur de la construction, signe que le sujet n’est pas neutre pour lui : « Nous allons reconstruire les ponts, les autoroutes, les hôpitaux, les écoles. Nous allons reconstruire nos infrastructures qui vont devenir les meilleures. » Son programme électoral prévoit 1 000 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures dans les dix ans, grâce à des partenariats public-privé et des investissements privés encouragés par des abattements fiscaux. Il est aussi très favorable à la production d'énergies fossiles, pour lesquelles il lèvera les restrictions.

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