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Trouver le juste prix de la performance

Jean-Charles Guézel |  le 01/06/2012

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Optimisation énergétique -

Les équipements et enveloppes les plus économes en énergie sont-ils rentabilisables ? Certains bureaux d’études estiment qu’il est temps de se pencher sérieusement sur la notion de pertinence économique.

Jusqu’à quel point est-il économiquement pertinent d’isoler un bâtiment ? Le traitement des ponts thermiques est-il toujours rentable ? Est-il plus intéressant d’investir dans un chauffe-eau solaire individuel ou dans un chauffe-eau thermodynamique ? En combien de temps est-il possible d’amortir une ventilation double flux si l’on tient compte de l’entretien ? Autant de questions qui ne trouvent pas toujours les réponses circonstanciées qu’elles méritent, laissant alors le choix technique final se faire davantage en fonction des préférences ou des préjugés du maître d’œuvre que d’une véritable réflexion économique. « Aujourd’hui, avec certains équipements économes en énergie, il n’est pas rare de voir les maîtres d’ouvrage investir au départ 3 ou 4 euros supplémentaires par rapport à une solution standard, pour chaque kWh d’énergie primaire gagné par an, observe Christian Cardonnel, président de Cardonnel Ingénierie. Mais de telles solutions conduisent à des temps de retour de trente à quarante ans au prix actuel de l’énergie, ce qui soulève de sérieuses questions sur leur pertinence économique. » On objectera que ces choix ont toujours leur logique, environnementale la plupart du temps. Mais même de ce point de vue, il y a lieu de regarder de plus près le vrai coût de la performance. « La pertinence économique, c’est la différence de coût, en euros, entre la solution que l’on envisage et celle que l’on a prise comme référence, valeur que l’on divise par la différence de performance entre ces deux solutions », poursuit Christian Cardonnel.

Isolation renforcée, mais pas trop…

Et de citer l’exemple d’un bâtiment de 500 m² équipé d’un ventilateur traditionnel coûtant 1 500 euros (3 euros/m²) avec une consommation de 3 kWh/m².an. Par rapport à cette solution de référence, la pertinence économique d’un ventilateur basse consommation coûtant 2 500 euros (5 euros/m²) avec une consommation de 1,5 kWh/m².an sera de 2 euros/1,5 kWh.an, c’est-à-dire 1,30 euro par kWh économisé chaque année. Un chiffre que l’on cherchera à minimiser en le comparant avec ceux obtenus pour d’autres modèles de ventilateurs basse consommation, et que l’on mettra également en balance avec les autres investissements envisageables pour le bâtiment. Avec ce type d’indicateur, valable aussi bien pour les équipements énergétiques que pour l’enveloppe ou les systèmes de gestion, l’objectif est en effet d’optimiser la conception globale, d’une part en aidant à choisir la meilleure option pour chaque poste et, d’autre part, en indiquant objectivement s’il vaut mieux consacrer les ressources financières à l’installation d’une pompe à chaleur ou d’une ventilation double flux par exemple. « L’idée, c’est d’éviter les investissements déraisonnables », résume Christian Cardonnel, prenant l’exemple d’un bureau d’études qui peinait à obtenir le niveau BBC pour un bâtiment avec davantage d’isolant, alors que la solution au problème résidait finalement dans la ventilation. Ce travail d’optimisation se fait à partir de l’objectif de consommation du projet, au regard de la RT 2012 ou du label visé, mais peut être orienté via le choix de l’indicateur : euro/kWh, euro/tonne de CO2, euro/euro… « Ce qui nous intéresse, c’est le bioclimatique. Du coup, nous privilégions toujours l’enveloppe, qui dure longtemps, par rapport aux systèmes qui ne sont pour nous qu’un complément chargé d’équilibrer le bilan énergétique », commente Edith Akiki, cogérante du bureau d’études Tribu. Malgré ce credo qui oriente clairement les choix, des surprises sont parfois au rendez-vous. Ainsi, l’investissement consacré à l’amélioration de l’isolation thermique semble a priori très pertinent. Toutefois, au-delà d’une résistance thermique de 7 m².K/W, isolation renforcée donc, les calculs montrent que le jeu n’en vaut plus vraiment la chandelle.

Raccourcissement des périodes de chauffage

De même, on s’aperçoit qu’il est plus intéressant économiquement de ne pas traiter les ponts thermiques d’un bâtiment dès lors que l’isolation n’atteint pas au moins 2,5 m².K/W. Dans les faits, les décisions sont, hélas, rarement prises aussi rigoureusement. « En matière d’isolation, chaque cas est particulier et relève bien souvent du management des entreprises, souligne Bernard Loriot, gérant d’AET-Loriot. Pour différentes raisons, certains constructeurs de maisons individuelles voudront des murs avec le maximum de résistance thermique, alors que pour d’autres ce sera le plancher. » De son côté, Edith Akiki pointe des différences de rentabilité liées non pas aux solutions elles-mêmes mais à leurs utilisateurs. « Actuellement, le chauffe-eau thermodynamique est plus cher que le chauffe-eau solaire, qui est, par ailleurs, plus écologique. Mais ce dernier, dans le Nord, n’a pas de sens pour un bâtiment qui n’est pas utilisé l’été, un établissement scolaire par exemple. » Concernant le chauffage, un autre phénomène à prendre en considération est le raccourcissement progressif des périodes de chauffage du fait de l’amélioration des enveloppes et du réchauffement climatique. Un facteur qui rend les investissements en la matière de moins en moins facilement rentabilisables. En ne produisant son électricité qu’en période de chauffage, la chaudière électrogène par exemple n’apparaît pas particulièrement pertinente. En revanche, et là-dessus tous les experts s’accordent, l’avenir appartient aux équipements hybrides, comme les panneaux photovoltaïques thermiques, capables de doper le rendement du solaire, ainsi qu’aux dispositifs de récupération de chaleur sur les eaux usées. Encore coûteux aujourd’hui, faute de concurrence, ces derniers devraient rapidement se démocratiser. Pour Bernard Loriot en tout cas, il s’agit là de dispositifs à « l’efficacité redoutable ».

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