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Trésorerie, profitabilité, délais de paiement... le BTP souffre encore
Les indicateurs des entreprises de travaux publics se rapprochent des niveaux d'avant-crise, au contraire de ceux des entreprises de gros oeuvre et second oeuvre. - © ©Flickr

Trésorerie, profitabilité, délais de paiement... le BTP souffre encore

Augustin Flepp |  le 04/10/2017  |  Réglementation

L'étude 2017 de BTP Banque révèle une nette amélioration de la rentabilité des entreprises du BTP, liée en partie  aux taux d'intérêts bas et au CICE. Ce bon indicateur est contrebalancé par un niveau de trésorerie très bas, impacté par des délais de paiement clients toujours élevés.

Si la rentabilité des entreprises du BTP (gros oeuvre, second oeuvre et TP) s’améliore, conjoncture aidant, leur trésorerie, elle, se tend de plus en plus. Voilà le principal enseignement de la dernière étude annuelle publiée par BTP Banque ce mercredi 4 octobre, et portant sur 2016. Cette année, la filiale du Crédit Coopératif s’est concentrée sur un échantillon de 3636 entreprises ayant enregistré un chiffre d’affaires entre 500 000 et 150 millions d’euros.

Voici les principaux points à retenir.

La profitabilité des entreprises s'améliore nettement

Premier point positif, la profitabilité des entreprises du BTP (rapport entre le résultat net et le chiffre d'affaires) a observé un sérieux redressement : le niveau moyen du résultat représente entre 1,6% et 2,3 % du chiffres d’affaires 2016. « Avec un net rebond pour les TP et second œuvre et, dans une moindre mesure, le gros œuvre », note l’établissement bancaire. La filière a notamment pu profiter de taux d'intérêts relativement bas et de l'efficacité du CITE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi). Cependant, le taux de rentabilité n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant-crise 2008 (entre 2,5 et 3,1%).

Evolution de la rentabilité des entreprises du BTP
Evolution de la rentabilité des entreprises du BTP

Une autre tendance encourageante émerge. Après deux années de hausse, la part des entreprises en perte a fortement chuté l’an passé. Elle concerne 17% des firmes du gros-œuvre, 17,2% de celles du second-œuvre et 12,9% des entreprises de travaux publics. Avec une baisse de 4,5 points, la filière des TP a retrouvé son niveau d’avant crise.

Part des entreprises en perte
Part des entreprises en perte

Léger fléchissement de la valeur ajoutée

Le taux de valeur ajoutée (valeur ajoutée rapportée au chiffre d’affaires), qui permet de déterminer la capacité des entreprises à faire face aux charges de personnel, impôts et taxes... a, quant à lui, continué de légèrement reculer l’an dernier, avec une baisse de 0,3 point dans le gros œuvre, de 0,5 point dans le second œuvre et de 0,1 point dans les travaux publics.

« L’affaiblissement de ce taux de la valeur ajoutée est un indicateur d’alerte à suivre », interpelle les experts de BTP Banque. « Si elle devient insuffisante pour couvrir les frais de fonctionnement, l’entreprise aura des difficultés à atteindre son point mort et donc à générer des bénéfices ». Une situation qui est, selon BTP Banque, la conséquence de trois facteurs : un volume d’affaires encore insuffisant, selon les régions, pour absorber les besoins de l’ensemble des entreprises, mais aussi une concurrence agressive liée à l’arrivée d’une main d’œuvre étrangère (dont le travail détaché) et à une augmentation du prix des matières premières.

Evolution du VA
Evolution du VA

Les délais de paiement s’allongent encore

Enfin, l’étude de BTP Banque révèle les difficultés criantes des entreprises pour maintenir un niveau de trésorerie correct. Si le niveau moyen, exprimé en jours de production, se stabilise dans les travaux publics, il a perdu 0,7 jour dans le gros-œuvre et 1,5 jours dans le second-œuvre. En cause : l’allongement des délais de paiement. « Les délais clients moyens restent toujours trop élevés avec des délais constatés de 83 jours dans le gros-œuvre, 89 jours dans le second-œuvre et 90 jours dans les travaux publics », indique l’organisme bancaire.

Depuis 2014, les délais fournisseurs s’allongent également et ce, malgré l’application de la Loi de Modernisation de l’Economie (LME). Ils s’établissent à 71 jours dans le gros-œuvre, 69 jours dans le second-œuvre et 80 jours dans les Travaux publics.

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