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Trente toits verts genevois livrent leurs secrets
La toiture démonstrative de 1200 m2 éclaire les recherches sur la végétalisation du bâtiment, à la haute école du paysage, de l'ingénierie et de l'architecture de Genève. - © © Hepia

Trente toits verts genevois livrent leurs secrets

Laurent miguet |  le 24/05/2018  |  SantéArchitectureAménagementTechniqueEnvironnement

Oui, les toitures végétalisées contribuent à la biodiversité. Non, elles ne réduisent pas les pics de chaleur urbaine. Voilà, à grands traits, les résultats des recherches restituées le 17 mai à Genève, lors d’un colloque de l’association Plante et Cité Suisse.

Parmi les 60 000 insectes inventoriés sur 30 toitures genevoises, le carabidae témoigne de la contribution des toitures végétalisées aux continuités écologiques : « Ce coléoptère, qui vole mal, se retrouve plus facilement sur les toits situés à proximité d’autres espaces verts », note Ewa Renaud, biologiste et adjointe scientifique de la haute école du paysage, de l’ingénierie et de l’architecture (Hepia).

Mousse rare

Cette école proche de Genève a coordonné les travaux de  recherche entre 2014 et 2016 à partir d’un échantillon de 30 toitures de plus de 400 m2, intensives et extensives, classées selon la date de leur installation remontant à plus ou moins de 10 ans. Un colloque en a restitué les résultats le 17 mai dans les locaux de l’Hepia. L’inventaire de la biodiversité a également révélé la richesse de la palette végétale spontanée, soit 50 % des végétaux prélevés, dont une variété de mousse inscrite sur la liste rouge des espèces menacées.

Rétention efficace

L’autre résultat encourageant concerne l’hydrologie : « Même extensives, les toitures végétalisées retiennent mieux l’eau qu’on ne le pensait », indique Ewa Renaud. Les tuiles concassées se distinguent par leur bonne capacité de stockage. Mais l’équipe de chercheurs pointe un défaut de suivi dans le temps des performances des substrats : les prescriptions allemandes de la FLL, qui servent de référence, ne couvrent que les matériaux neufs. Le besoin d’entretien fait partie des leçons du colloque du 17 mai, qui a également pointé la vulnérabilité des toitures végétalisées aux plantes invasives.

Neutralité climatique

Dans le domaine de la lutte contre les îlots de chaleur urbain, les chercheurs aboutissent à des résultats décevants : « Sur les toitures bien isolées, la végétalisation n’apporte rien de mesurable », constate Ewa Renaud. Composé uniquement de toitures extensives, l’échantillon retenu pour ce volet de l’étude peut néanmoins biaiser les conclusions. « Le phénomène d’évapotranspiration n’a pas pu jouer dans les périodes sèches qui ont marqué de nombreuses mesures », ajoute Ewa Renaud.

En s’appuyant sur sa propre toiture végétalisée de 1200 m2, l’Hepia annonce une poursuite de ses recherches orientées vers la mise à disposition de résultats et d’outils exploitables par les professionnels. Un prochain colloque, le 8 juin, se penchera sur quatre types de substrats non conventionnels, en particulier des matériaux issus du recyclage et mélangés à des graines.

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