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Travaux sans tranchée Du polyéthylène plié pour réhabiliter une canalisation
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Travaux sans tranchée Du polyéthylène plié pour réhabiliter une canalisation

Mireille Bouniol |  le 02/11/2006  |  SantéArchitectureRéalisationsTechniqueEnvironnement

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A Saint-Flour, la canalisation principale d’adduction d’eau potable en fonte grise retrouve une seconde jeunesse grâce à l’introduction d’un tube en polyéthylène plié : un système baptisé «Compact pipe».

Quatre mois de travaux ont suffi pour réhabiliter les 3 200 mètres de fonte grise qui séparent la ville de Saint-Flour de son réservoir principal d’eau potable. Et ceci en laissant la voirie ouverte à la circulation. Dans la capitale de la Haute Auvergne, la canalisation principale a un diamètre de 250 mm et alimente la ville en eau potable à partir des monts du Cantal. Vétuste, elle vient d’être réhabilitée selon deux techniques sans tranchée : un procédé connu, l’éclatement, et un autre plus innovant, le tirage de polyéthylène haute densité (PEHD) plié. Pour Daniel Dalle, directeur des services techniques de la ville, «des travaux sans tranchée étaient indispensables car la canalisation est enterrée profondément (à plus de 4 mètres dans certaines zones) et traverse des lotissements récents sans servitude». Pourquoi recourir à deux techniques ? Parce que le sol granitique se prête mal à l’éclatement de conduite. Dans cette géologie, les tronçons sont donc réhabilités avec la technique «Compact pipe» (Wavin), un tube en polyéthylène plié en forme de C glissé dans l’ancienne canalisation.

Déploiement à la vapeur d’eau.

Avant la mise en œuvre de cette technique, chaque tronçon – le plus long mesure 327 mètres – est inspecté. Après ouverture de la fouille nécessaire en extrémité de chacun, une caméra passe dans la canalisation en fonte grise, afin d’observer son état. La caméra est suivie par un câble, qui permet ensuite de passer un hérisson pour le nettoyage. La conduite est alors séchée pour ne pas laisser l’eau prendre place aux points bas. Enfin, un gabarit au diamètre intérieur de la canalisation est passé pour vérifier la section du tuyau. La nouvelle canalisation en PEHD plié est ensuite tirée lentement et sans à-coup par un treuil placé à une extrémité, le camion porte-touret stationnant de l’autre. La canalisation, enroulée sur le touret, se présente sous la forme d’un tube replié en usine en forme de C. Ce qui réduit sensiblement son diamètre (pour l’introduire dans la canalisation en place) et l’assouplit légèrement. Une fois la canalisation mise en place, une plaque est soudée «au miroir» pour la boucher aux deux extrémités, en prévoyant une marge d’environ 50 cm de longueur de chaque côté. Une chaudière injecte de la vapeur d’eau, sans pression, à une température comprise entre 80 et 120°C. A l’autre extrémité, l’arrivée de la vapeur est contrôlée par un évent et une sonde. La vapeur entraîne le déploiement du tuyau qui retrouve sa forme initiale en quelques heures. C’est l’originalité de ce tuyau en PEHD qui, malgré une épaisseur de 14,8 mm (pour un diamètre nominal de 250 mm), retrouve sa forme cylindrique une fois mise en place. «C’est l’action de la chaleur qui lui permet de reprendre sa forme originale, grâce à «un effet mémoire»», précise Jean-Stéphane Didier, ingénieur recherche et développement à la Sade.

De l’air comprimé est ensuite injecté dans la canalisation, pour stabiliser la forme et la plaquer contre l’existant. La nouvelle «peau intérieure» vient au contact de l’ancienne, sans espace annulaire. La partie du PEHD non déployée en extrémité de tronçon est alors coupée. La surface des parois, lissée par la rénovation, permet d’obtenir une meilleure qualité de l’écoulement de l’eau. Ce qui compense la réduction de diamètre intérieur de la canalisation. Une fois installé, le tuyau «Compact pipe» est structurant et reprend toutes les charges : interne (pression de service et charges transitaires, «coup de bélier») et externe (charges de trafic routier). La pression de service est de 8,5 bars et, adduction d’eau potable oblige, le tuyau dispose d’un agrément sanitaire. Sa durée de vie est estimée à 50 ans.

Maître d’ouvrage : Ville de Saint-Flour (15)

Maître d’œuvre : JFM Conseils aux Ulis (91)

Entreprises : Sade - Compagnie générale de travaux d’hydraulique (service travaux spéciaux) à Melun (77) et Wavin France à Sully-sur-Loire (45)

Délai de réalisation : 4 mois

Coût : 500 000 euros HT pour 3200 m en deux tranches.

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