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Travaux publics: chez Serfim, la transition au sommet se prépare
Guy Mathiolon, le P-DG du groupe de travaux publics Serfim, se laisse 4 à 5 ans pour préparer la succession familiale à la tête de l'entreprise. - © Guillaume ATGER / Le Moniteur

Travaux publics: chez Serfim, la transition au sommet se prépare

Florent Maillet, avec AFP |  le 29/10/2018  |  ETI du BTPSerfimGuy Mathiolon

Guy Mathiolon, qui dirige l’ETI du BTP dont il détient 80%, prépare la transmission de l’entreprise à l’une de ses filles. Le groupe, en pleine forme, devrait atteindre les 350 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année.

Chez Serfim, une page se tourne. Guy Mathiolon, qui a fait de l'entreprise centenaire un acteur majeur des travaux publics, a décidé de céder la place à l'une de ses filles. Mais pas question pour autant de lever le pied durant la transition.

"Je vis la plus belle période de ma vie professionnelle", souligne Guy Mathiolon, en référence à la construction en cours d'un nouveau siège social, mais aussi aux deux importantes acquisitions menées l'an dernier.

Deux acquisitions majeures

Serfim avait d’abord racheté Bentin (200 salariés), basé à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Spécialisée dans les réseaux électriques, cette entreprise dispose de plusieurs agences en Ile-de-France, dont l’une à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Grâce à ces implantations, Serfim se trouvera au plus près des marchés du Grand Paris Express, des Jeux olympiques 2024, etc. "L’Ile-de-France représente 50% de l'activité dans tous nos métiers", rappelle le dirigeant.

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L’ETI lyonnaise avait ensuite acquis Caratelli, une PME de 70 salariés basée à Crolles (en Isère), qui lui a ouvert de nouveaux marchés à l'international. Caratelli intervient dans trois domaines que sont les travaux en montagne, la radio protection et l'industrie, et opère dans le monde entier.

Une diversification qui paie

Comme prévu, ces opérations ont permis à Serfim de changer de catégorie et d’intégrer la cour des ETI du BTP. Le chiffre d'affaires de l'entreprise basée à Vénissieux, en proche banlieue lyonnaise, est en effet passé de 245 millions d'euros, en 2016, à 334 M€ en 2017. Il devrait atteindre les 350 M€ cette année, précise Guy Mathiolon.

Serfim capitalise aussi sur la grande diversité de ses activités. Si les métiers de l'électricité, à l'origine de l'entreprise, génèrent encore 29% des revenus, six autres activités contribuent chacune pour 10% et 15% de l'activité: construction de routes, gestion de l'eau, dépollution, recyclage, maintenance d'ouvrages d'art, nouvelles technologies...

"Une start-up depuis 1875"


Le groupe avait été fondé à la fin du XIXe siècle par un paveur, Louis Moulin, auquel devait succéder son gendre Joseph Serpollet, qui a donné son nom à la plus importante filiale de l'entreprise.  Malgré des propriétaires successifs, Serfim est toujours restée indépendante au cours de sa longue histoire.

"On est une start-up depuis 1875. On essaie de bien comprendre les évolutions sociétales, comme on l'a fait en se lançant dans le recyclage. Notre mix de savoir-faire nous ouvre de très belles perspectives de développement", appuie Guy Mathiolon.

Ainsi, le stade provisoire du LOU (club de rugby de Lyon, qui évolue dans le Top 14), "on a pu le faire en 80 jours car nous avons toutes les compétences", souligne ce passionné de rugby, qui joua un rôle central dans la relance du club lyonnais et qui en reste aujourd'hui actionnaire.

Opérateur clés en mains

Jeune ingénieur, Guy Mathiolon est présenté à 28 ans au principal client de l'entreprise familiale de transport... qui se trouve être la société Serpollet. Avec cette promesse du dirigeant de l'époque: "garçon, si tu fais l'affaire, l'entreprise est à toi!". L'accord est conclu peu après. Son prédécesseur lui prête même l'argent pour effectuer le rachat.

Nous sommes en 1983. A l'époque, la société fait l'équivalent de 7 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 300 salariés. Aujourd'hui, elle en compte 2000.

La clé ? La montée en gamme. "A l'époque, nous n'étions qu'un simple fournisseur de moyens et de personnel. 30 ans plus tard, Serfim est devenu un opérateur clefs en mains, capable de piloter un chantier du bureau d'étude jusqu'à la réalisation et la maintenance.

Plus gros contrat : 100 M€

Serfim peut ainsi se positionner sur de gros contrats, comme celui de la nouvelle liaison électrique France-Italie - à 100 millions d'euros, c'est le plus important jamais remporté par le groupe.

Aujourd'hui, Serfim recycle bois, plâtre et réfrigérateurs... fabrique, installe et maintient les panneaux publicitaires dans les gares et gère des installations provisoires de vidéosurveillance.

Avec l'acquisition de Caratelli, la société oeuvre désormais à la relocalisation d'usines de Chine vers l'Europe et à la radioprotection des travailleurs de synchrotrons.

Le virage des énergies renouvelables

Le groupe a pris le tournant des énergies renouvelables et va recouvrir de panneaux photovoltaïques toutes ses installations de Vénissieux, qui forment sur 10 hectares un vrai quartier de la ville. Avec 15 000 mètres carrés, "ce sera la plus grosse unité sur toit de France".

A l'international, Serfim "est surtout parti dans les valises de ses clients", mais vient de se doter de deux implantations en Catalogne et en Tunisie, à partir desquelles il compte explorer les marchés latino-américains et africains. Il négocie aussi l'implantation d'une unité de recyclage de plâtre dans le Golfe.

Quatre ou cinq ans de transition

Organisé sous forme d'une holding légère coiffant 31 sociétés, Serfim est détenue à 80% par Guy Mathiolon et à 20% par une quarantaine de cadres.

Alexandra, la plus jeune de ses filles, vient de rejoindre Serfim après quatre années passées chez le consultant McKinsey à Londres. Elle va découvrir les divers métiers du groupe pendant 4 ou 5 ans.

"Une fois qu'elle sera prête, je resterai le moins de temps possible avec elle", a assuré Guy Mathiolon, 64 ans, voyant dans le maintien en place de dirigeants âgés "la cause de trop de successions ratées". Un écueil qu'il compte bien éviter.

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