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Travaux en site occupé : des chantiers à planifier au cordeau

Florent Lacas |  le 22/11/2013  |  ÉvénementTechniqueBâtiment

Méthodes -

La rénovation de logements collectifs en site occupé ne s’improvise pas. La gestion des travaux et l’information des résidents requièrent un savoir-faire dont certaines sociétés se sont fait une spécialité.

«Les opérations de réhabilitation de logements collectifs en site occupé sont rarement compliquées sur le plan technique. Mais elles nécessitent une planification très pointue des interventions », pose Cédric de Jonckère, directeur de centre au pôle réhabilitation de GTM Bâtiment (groupe Vinci). La présence des résidents durant les travaux appelle en effet des interventions courtes et efficaces. C’est pourquoi les entreprises intervenantes réalisent préalablement un état des lieux de chaque logement en vue d’expliquer les opérations aux habitants, mais aussi de tenir compte de leurs attentes et des spécificités de leur appartement. « Dans certains logements, la salle de bains a été déplacée, ce que nous devons savoir à l’avance, détaille Cédric de Jonckère. Lorsque l’électricité est à refaire, nous discutons avec les occupants de l’emplacement des prises. » La question de bouger des meubles ou de mettre à l’écart des objets fragiles est également abordée… Autant de précautions qui facilitent la conduite du chantier dans le temps imparti.

Bien choisir ses équipes

Compagnons et sous-traitants doivent être tous sensibilisés à la spécificité de ces interventions en milieu occupé. Pour la réhabilitation du quartier Orgeval à Reims, Cari (groupe Fayat) a sélectionné ses sous-traitants. « Nous avons regardé leur expérience en la matière, explique Fabien Langlois, directeur de travaux. Et visité certains de leurs chantiers pendant nos négociations. » Car les salariés intervenant en site occupé seront confrontés aux résidents : en plus d’être compétents sur le plan technique, ils doivent donc être polis et à l’écoute.
En moyenne, les interventions dans les logements durent une vingtaine de jours. La plupart des travaux de second œuvre peuvent être faits en un jour, comme le changement des fenêtres ou la modernisation du réseau électrique. Mais la peinture, une réhabilitation lourde, voire un désamiantage, exigent évidemment plus de temps. Parfois les résidents sont temporairement relogés dans les appartements vides. C’est le cas pour la réhabilitation du quartier du Nouveau-Mons, à Mons-en-Barœul (Nord), entamée fin 2011. « Nous disposons de 34 logements-tampons pour 334 à rénover », explique Damien Henique, directeur de travaux chez Rabot Dutilleul. Une logistique qui implique de sécuriser l’accès au chantier mais aussi de répondre aux plaintes ou de réexpliquer le déroulé des opérations à des résidents ne mesurant pas toujours l’ampleur des travaux. « Nous répondons aux doléances au plus tard un jour après leur formulation », insiste Gianni Borgonovo, directeur travaux chez Eiffage Construction, chargé de la réhabilitation des 338 logements de « La Banane » à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Parallèlement, l’entreprise doit impérativement optimiser l’organisation de son chantier. « Il est possible de désigner un conducteur pour les travaux de façade, un pour les logements et un pour les parties communes, expose l’architecte Philippe Lair de l’agence Lair et Roynette (Paris). En site occupé, nous choisissons plutôt une entreprise générale pour un pilotage plus fin des corps de métiers. Et pour s’adapter aux imprévus. »

Des temps d’intervention ajustés

Quand il s’agit de « travaux éclair », la maîtrise de la coordination entre les corps de métiers est d’autant plus cruciale. Pour la réhabilitation de 60 logements privés à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), Bati-rénov (Bouygues Bâtiment Ile-de-France) ne dépasse pas un jour d’intervention par logement. « En site occupé, nous ne raisonnons pas en termes de tâches, comme dans le neuf mais de lieu », formule Sylvain Roy, chargé du département façade et rénovation énergétique. Autre exemple chez Cari (groupe Fayat) : « La rénovation totale de l’installation électrique d’un logement, qui démarre par la dépose de l’existant le matin, doit être fonctionnelle et vérifiée le soir même », explique Fabien Langlois. Genere, PME de Saint-Maurice (Val-de-Marne) spécialisée dans la réhabilitation de logements sociaux, confie le pilotage des équipes d’intervention à un chef de chantier. « Nous faisons en sorte qu’il y ait un minimum d’intervenants. Si le plombier peut ne passer qu’une fois, il ne passera pas deux », précise Daniel Brunet, son dirigeant. « Les compagnons n’apportent sur site que ce dont ils ont besoin », ajoute Cédric de Jonckère. Même travail en amont chez Norpac, qui réhabilite 395 logements HLM à Saint-Nicolas-Lez-Arras et Saint-Laurent-Blangy (Pas-de-Calais) : « Nous ne recourons pas à la sous-traitance, sauf pour l’électricité et le désamiantage, explique le directeur des travaux Frédéric Talik, qui privilégie la polyvalence. Un seul compagnon réalise toutes les interventions d’un logement. Le travail préparé en atelier génère de la qualité et crée un lien de confiance avec les occupants. »

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