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Travaux en profondeur dans le port de Roscoff

Olivier Baumann |  le 29/04/2011  |  FinistèreInternational

Aménagement portuaire -

Le chantier d’extension du port breton fait appel à une large palette de techniques de travaux publics. Les travaux, menés sur terre, sur ou sous la mer, ont pour objectif de créer un bassin de plaisance, une digue de protection et de nouveaux quais d’accostage.

Le port de Roscoff-Bloscon (Finistère), créé en 1972, bénéficie d’un réaménagement de grande ampleur. Au programme, la création d’un port de plaisance de 625 anneaux en eaux profondes (c’est-à-dire accessible même lors des marées les plus basses) abrité de la houle par une digue en enrochements de 560 m de long. Les activités existantes du port ne sont pas oubliées : la zone d’accostage des ferries pour les îles britanniques est approfondie pour accueillir de plus gros bateaux. Un quai de 100 m de long est construit sur la zone de commerce. Et le bassin de pêche se voit également doté d’un nouveau quai de 50 m. Le marché de travaux de ce projet - l’un des plus gros chantiers portuaires hexagonaux du moment - a été attribué au groupement mené par le groupe Charier et ses filiales, Charier TP et Semen TP. De l’approfondissement (déroctage, minage et dragage) à la réalisation des nouveaux quais et môles (génie civil) en passant par la construction de la digue en enrochements (terrassements) ou le fonçage de pieux dans le fond marin granitique (fondations), le chantier fait intervenir une multitude de spécialités des travaux publics.

Des variantes plein les filets

Le groupement a soumis des variantes à la chambre de commerce et d’industrie de Morlaix, le maître d’ouvrage, et à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM, ex-DDE), qui intervient ici pour l’une de ses dernières missions en tant que maître d’œuvre. Entre autres variantes retenues, le changement du mode de conception de la digue, dont la carapace en Accropodes de béton a été remplacée par une carapace en enrochements naturels, et l’optimisation de la structure du môle de séparation entre la zone de pêche et la zone de plaisance : initialement prévue en caissons immergés, elle est finalement réalisée en éléments béton préfabriqués. Au chantier portuaire, qui s’étale sur vingt-sept mois et devrait s’achever à l’été 2012, succéderont des travaux d’équipements (capitainerie, commerces, réseaux, parking…). L’ensemble sera opérationnel à l’été 2013.

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Fiche technique

Concédant : conseil général du Finistère. Concessionnaire : CCI de Morlaix. Maître d’œuvre : direction départementale des territoires et de la mer du Finistère. Groupement d’entreprises : Charier, Charier TP, Semen TP, Atlantique Dragage, Lagadec, Guillerm. Coût total du projet : entre 50 et 52 millions d’euros HT.

Digue Un ouvrage reprofilable en enrochements

Pour protéger le port de la houle du large, le marché prévoyait initialement la création d’une digue de 560 m de long à talus simple en enrochements artificiels Accropode (blocs en béton). L’entreprise Charier a proposé en variante une digue en enrochements naturels granitiques à la géométrie plus complexe : le profil de l’ouvrage présente une marche, ou « berme », susceptible d’être remaniée lors des tempêtes les plus fortes. Les blocs de pierre constituant la berme sont ainsi conçus pour être déplacés par une houle centennale. Lors de tels épisodes, le profil de la digue s’adoucit pour former un « S », naturellement stable. Le modèle a été testé et validé par des essais en canal à houle par le bureau d’études Océanide. Cette conception, qui permet de réduire la taille des blocs constituant la carapace de la digue par rapport à une solution classique, a entraîné, selon l’entreprise, une réduction du coût total de 30 %. En favorisant l’utilisation d’enrochements naturels, extraits non loin du site de construction, elle a également permis de diviser par près de deux les émissions de CO2, affirme l’entreprise.

Quai Des murs poids façon Lego

Le quai de 100 m de long de la zone de commerce et le quai de 50 m du bassin de pêche (photo ci-dessous) sont conçus selon un système de mur poids de 15 m de hauteur mariant préfabrication et coulage en place. Les parois côté mer et côté quai, fondées sur deux longrines en béton armé, sont formées d’un empilement de blocs en béton préfabriqués montés par paliers à la façon d’un jeu de Lego : un système de tenon-mortaise permet d’éviter les mouvements des blocs et d’aligner les différentes parties de l’ouvrage. Une fois les quatre faces de chaque palier réalisées, du béton C35/45 (ciment CEM III PM-ES) est coulé en place pour remplir le volume en attente par levées de 1,20 m, les parois faisant office de coffrage. Le palier suivant est alors monté.

Pieux Trois techniques de battage

Les techniques de battage de pieux utilisées pour ancrer les équipements portuaires dépendent des contraintes mécaniques que ceux-ci subiront. Ainsi, les pontons d’accès aux bateaux de plaisance ne connaissant que des efforts horizontaux de faible ampleur, les pieux (diamètre 711 mm) sur lesquels ils coulisseront sont simplement battus au marteau dans le fond granitique, après minage de celui-ci, pour « l’attendrir ». Le môle séparant les zones de pêche et de plaisance doit résister aux efforts de basculement générés par la houle : il est fixé au moyen de pieux (diamètre 410 mm) battus par un marteau « fond de trou » : glissé dans le pieu tubulaire, celui-ci n’alèse le sol qu’avec un diamètre légèrement supérieur à celui du pieu, optimisant l’ancrage. Enfin, les pieux de gros diamètre (1 200 mm) amarrant les brise-clapots doivent résister à des chocs de bateaux. Ils sont battus par un cluster disposant de sept petits marteaux (photo 1, voir également le supplément « Matériels » du « Moniteur » du 22 avril). Ce barillet géant est monté au bout d’un mât de 30 m porté par une grue mobile (photo 3) embarquée à bord d’un ponton automoteur (photo 2).

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