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Travailleurs détachés : l'affaire se corse pour Emmanuel Macron
Le président bulgare, Rouman Radev, et Emmanuel Macron, le 25 aout à Varna - © © pscp.tv

Travailleurs détachés : l'affaire se corse pour Emmanuel Macron

Hugues Boulet |  le 25/08/2017  | 

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Politique sociale
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Alors que la Pologne s'est clairement opposée à la proposition française, les dirigeants roumains et bulgares rencontrés par Emmanuel Macron au cours de sa tournée en Europe centrale et orientale ne se sont pas montrés favorables à une révision de la directive.

Le président de la République avait entamé sur les chapeaux de roue sa mini-tournée en Europe centrale et orientale, dont le principal objectif est de convaincre les États de la région de donner leur accord à une révision de la directive travailleurs détachés, soutenue notamment par la France et l’Allemagne. Le 23 août, à Salzbourg, le chancelier autrichien Christian Kern avait déclaré être en total accord avec Paris et les présidents slovaque et tchèque s’étaient déclarés prêts à un compromis entre États membres. Les partisans de la réforme veulent voir aboutir ce dernier lors du conseil des ministres du Travail de l'UE, le 23 octobre. Une majorité qualifiée et non une unanimité est requise pour le vote d’un tel acte législatif.

La Pologne dit « nie »

Mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour Emmanuelle Macron, qui a reçu une fin de non-recevoir de la part de la part de son homologue roumain, Klaus Iohannis, à l’occasion de sa visite à Budapest, le 24 août. Celui-ci s’est contenté de déclarer que la directive devait être « améliorée » car « il est inacceptable de voir ces mécontentements en Europe occidentale (...) et d'autre part il faut tenir compte du souhait des gens en Europe de l'Est de pouvoir travailler en France, en Allemagne ou Espagne ».

Pire, le même jour, la première ministre polonaise, Beata Szydlo, a répété depuis Varsovie son refus d’une modification de la directive. « Nous défendrons jusqu'au bout notre position, parce que c'est une position qui est dans l'intérêt des travailleurs polonais », a-t-elle déclaré à la presse. Beata Szydlo avait annoncé en juillet que les pays du groupe de Visegrad (République tchèque, Hongrie, Slovaquie et Pologne) comptaient définir une position conjointe et négocier d'une même voix.

La visite du chef de l’État français s’achevait aujourd’hui à Varna, en Bulgarie. Lors d’une conférence de presse commune avec le président Rouman Radev, Emmanuel Macron a d’abord fustigé l’attitude de la Pologne : ce refus « manifeste combien ce pays décide aujourd'hui de se mettre en marge de l'histoire, du présent et du futur de l'Europe, ce que je regrette ».

Le président français a également fait état d'une convergence avec son homologue bulgare sur la révision de cette directive. Roumen Radev s'est toutefois montré plus prudent lors de sa prise de parole. Selon la radio RFI, il a expliqué qu’il n’était pas habilité à parler sur ce sujet. Le chef de l’exécutif bulgare est en effet le premier ministre et non le président.

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