En direct

Transmission d’entreprise : préparez la relève !

Coralie Donas |  le 12/04/2013  |  Politique socialeEntreprisesCommunicationEducationParis

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Politique sociale
Entreprises
Communication
Education
Paris
Valider
Organisation -

Les dirigeants concernés par la transmission, qui n’est plus forcément familiale, n’anticipent pas toujours les nombreuses démarches à effectuer.

Plus d’un millier d’entreprises sont cédées chaque année dans le BTP et 23 % de dirigeants ont l’âge - 55 ans et plus - de préparer leur succession, estime la mutuelle SMAvie BTP. Des bourses d’opportunités sont d’ailleurs proposées par les fédérations du secteur, Oséo, l’association Cédants et repreneurs d’affaires (CRA)…

Pour autant, la transmission n’est pas un sujet qui s’aborde facilement dans les directions des sociétés. « Il y a d’abord des freins psychologiques importants qui se mettent en place à l’idée de quitter une entreprise que l’on a soi-même bâtie, ou héritée de ses parents. A cela s’ajoute un souci de confidentialité qui fait que les dirigeants communiquent très peu entre eux sur ce sujet », analyse Agnès Antérion, directrice commerciale à la SMAvie BTP. Ainsi, ils sont encore nombreux à se soucier de la question de la transmission à partir de 62 ou 65 ans, alors que certaines décisions devraient être prises avant. « L’avantage de l’anticipation permettrait, par exemple, de mettre en place des solutions d’épargne en entreprise pour la retraite complémentaire du dirigeant », illustre Olivier Revel, expert patrimonial à la SMAvie BTP. A la traditionnelle transmission familiale sont venus s’ajouter la cession aux salariés, à des tiers, ou encore le rachat par de grands groupes. « Le bâtiment est très moteur sur les reprises, constate Jean-Marie Catabelle, président de l’association CRA, dont environ 20 % du portefeuille d’entreprises œuvrent dans le BTP. Quand la cession se passe bien, le repreneur insuffle de nouvelles idées, prend des risques, étend le périmètre d’intervention et donne un second souffle à l’activité. » Une reprise idéale vers laquelle tendent beaucoup de transmetteurs. « Pour les dirigeants, il est important que l’entreprise perdure, conserve ses emplois, modernise son activité. On en connaît très peu qui soldent sans état d’âme une période de leur vie », appuie Agnès Antérion.

La question centrale de la santé financière

Les questions financières sont bien sûr au cœur des enjeux de la transmission. En vue des transactions, le transmetteur doit assainir ses comptes et analyser si ses obligations en termes d’assurance sont bien couvertes, pour éviter tout passif social. Il faut également mettre en avant ses atouts et rendre ainsi l’entreprise attractive pour les candidats à la reprise. « Il faut valoriser les qualifications professionnelles, qui permettent de décrocher des contrats particuliers, ou encore des contrats de long terme, qui donnent une visibilité sur les affaires à venir », conseille Olivier Revel. Des atouts qui comptent dans une négociation.

PHOTO - 716041.BR.jpg
PHOTO - 716041.BR.jpg - © SEBASTIEN BOZON/Le Moniteur
PHOTO - 716039.BR.jpg
PHOTO - 716039.BR.jpg - © BRIGITTE CAVANAGH/LE MONITEUR
PHOTO - 716040.BR.jpg
PHOTO - 716040.BR.jpg - © Julien Gazeau/vjoncheray/Le Moniteur
Transmission familiale - « Nous avons tous deux trouvé notre place »

« Thomas a toujours voulu faire grossir l’entreprise », sourit Patrick Gaidella, responsable travaux de l’entreprise Batichoc. A 49 ans seulement, il a déjà transmis l’entreprise qu’il a créée en 1996 à son fils aîné. Après un bac pro mécanicien poids lourd, celui-ci rejoint l’entreprise familiale en 2007. « Dès mon arrivée, j’ai voulu mettre en place des tableaux de suivi de chantiers, la comptabilité m’a toujours intéressé. Mon père est très technique, pas du tout administratif ! En 2008, je l’ai poussé à passer d’une entreprise individuelle à une SARL, et nous avons pris chacun la moitié des parts », raconte le jeune homme. En 2009, l’embauche d’un chef d’équipe signe le développement de l’entreprise, qui compte désormais une douzaine de personnes. Deux ans plus tard, le fils rachète des parts à son père et prend la gérance, à 23 ans, de Batichoc. « La transition d’employé à patron était brutale, mais mon père m’a accompagné. » Thomas Gaidella a suivi, entre 2010 et 2012, la formation à la gestion d’entreprise de l’ESJDB et se forme actuellement avec une salariée, pour mener l’entreprise vers la certification amiante. « C’est une activité de plus en plus liée à la démolition. » La répartition des responsabilités est parfaitement établie. « Chacun fait ce qu’il lui convient le mieux. Mon père dirige les chantiers, et moi je pilote le personnel et le développement de l’entreprise ».

Les moyens

Création d’une nouvelle société, dans laquelle le fils est repreneur et majoritaire.

Transmission à un tiers - « Un coup de foudre professionnel »

« Je n’aurais même pas osé rêver d’une transmission qui se passe aussi bien. J’ai de la chance, je n’avais pas de plan B ! », raconte Michel Senechal. Ce retraité très actif, président de la FFB Grand Paris et impliqué dans diverses instances du métier, a transmis son entreprise de peinture fin 2009, quarante ans après l’avoir créée. Une revente qui s’est faite dans le temps. Ses recherches d’un repreneur ont débuté en 2007. Il sollicite pour cela son réseau et la BTP Banque. Sans succès au début. « Les gens étaient prêts à faire de la croissance externe, mais à bon compte. Or je ne voulais pas brader ma société. » En 2009, la banque se rapproche de l’association Cédants et repreneurs d’affaires, qui la met en contact avec Christophe Charpilienne, le futur repreneur. « Lorsque je l’ai vu arriver, je me suis dit, c’est lui ! Je me suis vu une quarantaine d’années plus tôt. Il était motivé, prêt à reprendre l’entreprise, et s’était beaucoup renseigné sur les bilans, l’activité, la réputation. Nous étions d’accord sur le principe, le prix, nous n’avons pas tergiversé longtemps. » Le coup de foudre professionnel a été réciproque. « Je ne suis pas sûr que ce soit la règle, mais nous avons eu une excellente intuition l’un pour l’autre à la première rencontre, et je n’ai jamais regretté d’avoir acheté l’entreprise », appuie Christophe Charpilienne. Après un accompagnement contractualisé de trois mois, durant lequel le transmetteur a présenté à son repreneur les clients, les fournisseurs, l’a introduit auprès de l’équipe, les deux hommes sont restés proches. « Il a réalisé une importante croissance du chiffre d’affaires, l’entreprise se développe, il trouve de nouveaux clients. Je suis content que l’entreprise que j’ai montée ne soit pas devenue obsolète, et que son nom reste associé à un travail sérieux », témoigne Michel Senechal.

Les moyens

Rachat de l’entreprise par un tiers avec l’appui d’un investisseur, BTP Capital Investissement.

Transmission aux salariés - « Poursuivre en conservant l’esprit de l’entreprise »

Malgré une bonne anticipation, il a fallu plusieurs années à Pierre Benaiteau pour réussir à transmettre l’entreprise familiale. Ayant succédé à son père, il privilégiait une reprise par ses salariés, ses enfants travaillant dans d’autres secteurs que celui du bâtiment. En 2000, il recrute un jeune conducteur de travaux, avec pour objectif de lui passer les rênes dix ans plus tard. Mais en 2009, dans un contexte difficile, le repreneur désigné, alors directeur, ne fait pas l’affaire. « J’étais à la retraite depuis 2006, j’ai dû reprendre la société, dont j’étais resté le principal actionnaire, explique Pierre Benaiteau. Début 2012, j’ai proposé aux salariés membres du comité directeur de reprendre l’affaire. » Mais les quatre jeunes salariés hésitent à se jeter à l’eau et les recherches se poursuivent alors, en dehors de l’entreprise. « Une possibilité s’est dessinée avec un repreneur extérieur mais, comme il ne semblait pas en adéquation avec nos valeurs, cela nous a poussés à prendre les rênes », relate Cathy Barré, directrice administrative et financière, qui fait partie des repreneurs. La transmission s’est faite le 1 er janvier 2013, avec le rachat des parts sociales de l’entreprise par les salariés. « Etant déjà dans l’entreprise, nous connaissions les donneurs d’ordres, les clients, les fournisseurs. Notre quotidien n’a pas beaucoup changé, sauf une part de management et de gérance plus importante », souligne Laurent Baudin, responsable de l’activité de restauration. « J’ai dirigé l’entreprise, sélectionné les clients, avec une certaine idée de la direction que je voulais lui donner. Nous avons une qualification nationale, nous sommes connus des architectes, de la Direction des affaires culturelles, il fallait que cela continue. J’ai mis un peu de temps à transmettre, mais cela a été nécessaire pour trouver la solution qui convienne. Je sais qu’ils vont poursuivre en respectant l’esprit de la maison », conclut Pierre Benaiteau.

Les moyens

Acquisition des parts sociales de l’entreprise par quatre salariés, membres du comité directeur.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Éclairage des espaces extérieurs

Éclairage des espaces extérieurs

Date de parution : 05/2019

Voir

L'assurance construction

L'assurance construction

Date de parution : 04/2019

Voir

La concession d'aménagement et ses alternatives

La concession d'aménagement et ses alternatives

Date de parution : 04/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur