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Transformations à petits prix

PASCALE JOFFROY, CYRILLE VERAN |  le 09/02/2001  |  Patrick BouchainRénovationProduits et matérielsMaîtrise d'ouvrageBois

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Patrick Bouchain
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Loire-Atlantique
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France
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Sommaire du dossier

  1. SOMMAIRE - 4867 - REHABILITATION
  2. Panne historique du moteur principal du bâtiment
  3. Climatisation Un «plafond rayonnant froid» pour une tour de bureaux
  4. Structure Un entrepôt transformé en logements
  5. Structure Renforcement de poutres et de poteaux
  6. Structure Rehausse de bureaux par pieux battus
  7. Structure Surélévation de bâtiments HLM
  8. Fondations Le «soil crete» au secours d'un musée
  9. Electricité Sécurité pour la salle des marchés du Crédit lyonnais
  10. Sols textile Décor personnalisé
  11. Bétons Un chantier très diffus
  12. Aménagement intérieur Un bâtiment militaire devient musée
  13. Démarche séquentielle : nouvelle distribution des cartes
  14. Un pont roulant provisoire pour acheminer des balcons
  15. Isolation par l'extérieur pour rénover des logements
  16. Une vêture avec enduit mince sur isolant
  17. Des échanges informatisés pour une opération HLM
  18. Un faux plafond à grandes trames
  19. Mise en sécurité des installations électriques
  20. Des règles de sécurité à respecter
  21. Organisation : la réhabilitation d'une copropriété complexe
  22. Rénover les terrasses en aidant à la gestion de l'eau
  23. Réfection de sol sans décapage mécanique
  24. Sommaire dossier
  25. Une croissance sans enthousiasme
  26. REHABILITATION Les aides dans le parc privé
  27. Façade Restauration à l'identique de la « Maison radieuse »
  28. Transformation d'une usine en collège
  29. Création d'un étage léger pour un cinéma converti en hôtel
  30. Reprise en sous-oeuvre sur deux niveaux de sous-sol
  31. Le Grand-Quevilly : six tours de quinze étages des années 70 totalement «relookées »
  32. INFORMATIQUE Un outil d'évaluation pour la réhabilitation
  33. Un hôtel trois étoiles climatisé au gaz
  34. Protections d'urgence provisoires contre le saturnisme
  35. Remplacer les canalisations en plomb
  36. Reconstruire à l'identique un moulin brûlé
  37. Mise en sécurité électrique pour des immeubles HLM
  38. REHABILITATION La mise en sécurité des installations électriques
  39. Des solutions pour renforcer les structures existantes
  40. LOUIS-MARIE MICHON, ingénieur principal de l'entreprise Pradeau & Morin (Fougerolle) « Il faut identifier les descentes de charges »
  41. JEROME STUBLER, directeur technique du groupe Freyssinet « Nous sommes des dermatologues du béton»
  42. PETER TERRELL, gérant de l'ingénierie Terrell Rooke Associés « Il faut maîtriser les déformations »
  43. Des fibres de carbone pour renforcer les structures
  44. Renforcement d'un plancher en site occupé
  45. Transformation d'un hangar en béton armé
  46. Un plancher en bois composite
  47. Des planchers mixtes connectés
  48. Les bacs collaborants acier-béton
  49. Menuiserie Escalier repliable
  50. Vichy Centre de séjour
  51. Transformations à petits prix
  52. Détection précoce de la corrosion
  53. Un connecteur de planchers mixtes bois béton
  54. Sauvegarder les premiers ouvrages en béton
  55. Les architectes à l'honneur
  56. « Un contexte porteur pour la qualité architecturale des réhabilitations »
  57. NIMES Place des Esclafidous
  58. PARIS-20e Rues Alexandre- Dumas et de Terre-Neuve
  59. AULNAY-SOUS-BOIS Cité des Merisiers
  60. PARIS-16e Rue Félicien-David
  61. LE BLANC-MESNIL Cité du 212
  62. TOULOUSE Cité universitaire Daniel-Faucher
  63. BAYONNE Rues d'Espagne et Lagréou
  64. PARIS-19e Rue de Crimée

Reconversion, réhabilitation : on peut faire bien pour pas cher. Les architectes développent des stratégies de transformation compatibles avec des budgets limités. Ils ont recours à différentes approches : ciblage de l'intervention, recherche de matériaux, détournement de produits industriels, récupération, livraison d'espaces bruts. Prendre appui sur ce qui existe est la démarche de base. Cela impose une lecture positive du bâtiment, quel que soit son époque et son style. La remise en cause des normes et standards de conception ouvre également un champ de recherche important.

Nécessité fait loi. Modifier l'existant n'est pas nécessairement coûteux et peut même s'avérer particulièrement bon marché. 178 euros HT (près de 1 100 francs) le mètre carré pour le musée des Beaux-Arts de Calais, 260 euros (1 700 francs) pour l'usine France Affiches, 460 euros (3 000 francs) pour des bureaux de Majorette, les exemples présentés dans ce dossier attestent qu'une évolution radicale peut avoir lieu à faible prix... sous certaines conditions.

Ces conditions sont surtout celles du contexte : prix bas à l'appel d'offres (fonction de la conjoncture économique du secteur), bon vouloir des entreprises, état du bâtiment, nature des modifications minimales à opérer.

Mais le contexte ne fait pas tout, et les architectes mettent au point des stratégies de projets capables de faire face aux situations de vaches maigres, qu'ils approuvent dans certains cas. Ainsi, pour Claude Tautel, qui a transformé le musée des Beaux-Arts de Calais, « il est intéressant de réaliser quelque chose de léger, qui ne plombe pas pour longtemps l'avenir du bâtiment et lui permette d'évoluer de nouveau à court terme ». Une des principales raisons d'être de la réhabilitation n'est-elle pas d'ailleurs l'économie ? Les architectes jouent si bien le jeu qu'ils dépassent souvent le programme qui leur est demandé. Patrick Bouchain, à Nantes, a même réalisé « deux tranches pour le prix d'une » !

Interdire tout ce qui est faux

Concrètement, comment font les architectes ? Ils s'appuient d'abord sur ce qui existe, en acceptant le bâtiment quels que soient son époque et son style. « Soyons indulgents avec ce qui existe ; les lieux mettent parfois longtemps à devenir ce qu'ils peuvent être, explique Claude Tautel. Je laisse parler un bâtiment chaque fois qu'il peut parler à ma place. »

Patrick Bouchain interdit quant à lui « tout ce qui est faux » : les faux plafonds, les faux planchers, le doublage. Il précise : « Il n'y a aucune raison pour que la réadaptation d'un édifice coûte cher, sauf si l'on cherche à restituer faussement un état historique ou à plaquer sur lui des normes toutes faites. Le bâtiment qui nous est transmis a ses propres règles (de construction, d'usage). Pourquoi lui imposer par mimétisme les mêmes volumes et le même équipement qu'ailleurs ? Il faut casser les habitudes, ne pas travailler toujours avec les mêmes standards. » Pour lui, certains postes sont indispensables (la sécurité, la gestion de l'air, la puissance électrique, le courant faible), mais d'autres sont à débattre. Faut-il chauffer l'ensemble d'un équipement culturel ? Faut-il tout peindre alors qu'on repeint à chaque exposition ? Et, plus généralement, faut-il tout finir ou laisser le temps corriger plus tard ?

Selon Patrick Bouchain, la notion même de programme est une source de surcoût dans l'existant : « Je ne crois pas au programme : les choses ne se passent jamais comme prévu. C'est parce que l'usine Lu est restée libre à la visite, appropriée et squattée pendant des années qu'elle s'est transformée naturellement et sans surcoût. Car, au lieu de se référer à une image ou à un programme, qui sont des représentations, on a pu travailler sur le bâtiment lui-même, et son occupation avant notre intervention. »

Peu de choses suffisent à changer un lieu. Aussi faut-il choisir l'élément valorisant qui fera basculer le regard qu'on lui porte : un faux plafond de belle qualité pour les bureaux de Majorette, un hall suggérant des rassemblements pour la maison de quartier d'Aubenas, un sol en béton et des panneaux d'acier pour l'usine France Affiches. Cette stratégie de la dépense - « l'argent pas partout mais où il faut » -, bien connue également dans la construction neuve, permet à l'architecte de s'attaquer avec plaisir à quelques lieux ou détails précis. Il apprécie ainsi, malgré tout, ces chantiers « petits prix » pour lesquels, sa rémunération se calculant au prorata du montant des travaux, plus il économise moins il gagne.

«Il faut casser les habitudes, ne pas travailler toujours avec les mêmes standards»- Patrick Bouchain, architecte

Musée des Beaux-arts de Calais Réfection intérieure pour 178 euros le mètre carré

Pour le prix de quelques travaux d'urgence, le musée a fait l'objet d'une relecture intérieure complète. Le faux plafond en plâtre qui menaçait ruine est supprimé, laissant apparaître le béton de structure, protégé par vaporisation d'un produit anti-poussière. Pour réduire les chocs thermiques, les verrières sont recouvertes de coques préfabriquées en aluminium formant des sheds (Innovation-Partners), produits bon marché généralement utilisés en supermarché. Le faux plafond transparent, produit du commerce, est refait à l'identique. Les cimaises réagencées, un grand coup de blanc pour révéler la lumière, un sol (plastique) plus uniforme, un hall agrandi pour accueillir des expositions permettent au bâtiment construit par Tambuté en 1965 de révéler la malléabilité de ses espaces et la force de son architecture.

Maîtrise d'ouvrage : ville de Calais. Maîtrise d'oeuvre : Claude Tautel, architecture et muséographie, avec J.-E. Grislain (mobilier), C. Perdereau (assistance technique), P. de Bozzi (conseil en éclairage). Chamoin (entreprise de serrurerie). Surface d'intervention : 1 190 m2 utiles.

COUT DES TRAVAUX : 211 830 euros (près de 1,4 million de francs HT), dont lanterneaux zénithaux : 31 410 euros

plâtrerie, faux plafonds : 44 680 euros

menuiserie : 14 144 euros

serrurerie : 55 200 euros

miroiterie : 1 968 euros stores : 10 233 euros

électricité et éclairage « muséo » : 38 085 euros

revêtement de sol : 16 111 euros .

PHOTO : Etat antérieur

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Usine france affiches à Antony Une réhabilitation pour 260 euros le mètre carré en site occupé

A partir d'une simple mise au propre demandée par le maître d'ouvrage, cette usine des années 70 voit son fonctionnement entièrement réorganisé. Des panneaux d'affichage en acier galvanisé scindent désormais le grand volume en deux ateliers. Le bardage de façade est laissé en l'état. Mais, à l'intérieur, les palettes rangées contre les parois périphériques sur des racks composent un nouvel habillage. Les architectes n'ont cependant pas économisé sur la climatisation, la remise aux normes de l'électricité et des Skydome, et surtout le choix du sol, un béton poncé avec inserts de verre. Les machines, qui ne pouvaient être déplacées, sont bordées par un caillebotis de tôle gaufrée ou de bois.

Maîtrise d'ouvrage : France Affiches. Maîtrise d'oeuvre : atelier d'architecture et d'urbanisme JAM, avec Jean-Pierre Castel, architecte. Entreprises : SPBT (démolition) ; VRP ( gros oeuvre, serrurerie, plomberie, peinture). Surface hors oeuvre nette : 2 208 m2, dont 77 m2 en neuf.

COUT TOTAL DE L'OPERATION (y compris VRD et clôture) : 575 096 euros HT (3,772 millions de francs), dont

dallage : 78 066 euros,

charpente métallique : 45 005 euros,

bardage et couverture : 16 115 euros,

couverture : 30 564 euros,

serrurerie : 105 400 euros,

électricité : 47 083 euros,

climatisation et chauffage : 64 653 euros,

peinture des machines : 12 196 euros.

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Rillieux La Pape Bureaux Majorette réaménagés pour 460 euros le mètre carré

Afin de bien structurer la pièce principale, les prestations, de qualité, sont concentrées dans le plafond, le sol et le cloisonnement léger. Au plafond, une résille constituée de plaques en aluminium anodisé (Tissel de chez Durlum) unifie l'espace, cache partiellement les sprinklers d'origine et les tubes industriels et fait office de réflecteur dans cette pièce profonde qui n'a que deux façades éclairées naturellement. L'armature des plaques sert aussi à l'accroche des panneaux textiles séparatifs (Soltis de chez Ferrari). Pas de faux plancher, mais un caoutchouc naturel. Les câblages électriques sont posés sous les dalles.

Maîtrise d'ouvrage : Majorette. Maîtrise d'oeuvre : Sophie Cambrillat architecte ; Jean-Claude Verdet, économiste. Entreprise : Touly, serrurerie, métallerie. Surface hors oeuvre nette : 490 m2, dont 410 m2 de bureaux et 80 m2 pour l'entrée/accueil

COUT DES TRAVAUX comprenant la modification de l'entrée, le mobilier intégré et la protection solaire : 224 100 euros HT (1,47 million d'euros), dont serrurerie-métallerie : 44 370 euros

menuiserie bois/mobilier : 14 482 euros

électricité/courants faibles : 52 595 euros

chauffage-rafraîchissement : 33 142 euros

faux plafond/résille métallique : 24 980 euros

revêtements de sol : 20 284 euros

protections solaires et panneaux suspendus : 8 923 euros

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Maison de quartier d'Aubenas Une école reconvertie pour 380 euros du mètre carré

Faute d'argent pour transformer cette école des années 70 en maison de quartier, l'accent a été mis sur les espaces collectifs : création d'un hall d'accueil en gradins sur double niveau et aménagement des couloirs. Dans le hall, destiné aux rassemblements formels et informels, cohabitent les matériaux chers (verre, acier) et les produits bas de gamme (revêtement plastique au sol, néons du commerce, lettres collées au mur). Les panneaux d'acier et la signalétique de qualité des couloirs voisinent avec l'aspect brut des bureaux, dont la décoration est renvoyée aux utilisateurs. Dans un chantier de cette taille, un sou est un sou. Ainsi, le surcoût de 15,24 euros/m2 que représente un sol coulé par rapport à un sol souple a fait la différence, et, pour faire l'économie du vernis intumescent (6,86 euros/m2) qui doit protéger les lettres collées quand elles couvrent plus de 20 % d'une surface, on a réduit leur densité.

Maîtrise d'ouvrage : commune d'Aubenas. Maîtrise d'oeuvre : Thierry Chambon et Maxime Repaux, architectes, avec Orriols (BET fluides), BE.TE.BAT (structures), Eurométré (économiste). Surface utile : 1 200 m2. Entreprises : Roumanet, serrurerie.

COUT DES TRAVAUX : 455 468 euros HT (2 987 873 francs), dont

démolition maçonnerie : 58 486 euros

menuiserie bois : 60 503 euros

plâtrerie : 32 407 euros

serrurerie/vitrerie : 94 780 euros,

électricité : 49 923 euros

chauffage : 50 928 euros

vitrerie spéciale : 29 725 euros.

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Le Lieu unique à Nantes De 230 à 670 euros le mètre carré pour reconvertir l'usine LU

Avec le budget prévu pour la première tranche des travaux, Patrick Bouchain reconvertit la totalité de l'usine (construite en 1885) en un lieu polyvalent culturel. La stratégie : remettre aux normes d'usage (sécurité, puissance électrique...), révéler l'existant au lieu de le transformer à tout prix et livrer un bâtiment inachevé - ses occupants se l'approprieront avec le temps. Le «faux» (faux plafond, faux plancher) est banni. Une résine transparente protège tous les sols « tel un palimpseste », et les murs sont laissés dans leur état d'origine.

L'éclairage d'ambiance est conforme au règlement (5 lux au minimum), mais des armoires électriques et des borniers forains sont mis à la disposition des troupes. Le chauffage est repensé en fonction des pièces - le hall peut rester frais, de même que les lieux d'exposition. L'acoustique est traitée avec peu de moyens : dans la grande halle industrielle (ci-dessus), une sur-toiture de Métacrylate rapportée fait piège à sons. La signalétique (une peinture sur les murs) est réalisée à partir de pochoirs que l'on pourra réutiliser. Même le mobilier a été racheté aux Emmaüs. Toutes ces économies ont cependant été réparties différemment selon les activités (voir détail des prix).

Maîtrise d'ouvrage : ville de Nantes. Maîtrise d'oeuvre : Patrick Bouchain architecte ; Nicole Condorcet, architecte associée. Surface hors oeuvre nette : 8 721 m2, dont 2 098 m2 en neuf.

Atelier David, charpente métallique, serrurerie.

COUT DES TRAVAUX : 5,52 millions d'euros HT (36,22 millions de francs), y compris gradins, dont

galerie : 230 à 380 euros/m2

grande halle : 670 euros/m2

silo : 510 euros/m2 , soit un prix moyen de 630 euros/m2 Shon.

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