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Transformation d'un hangar en béton armé

françois sagot, cécile breau, franck gauthier, roland kuschner, claude mandraut |  le 21/05/1999  |  RénovationBétonAménagementGros œuvreAcier

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Sommaire du dossier

  1. SOMMAIRE - 4867 - REHABILITATION
  2. Panne historique du moteur principal du bâtiment
  3. Climatisation Un «plafond rayonnant froid» pour une tour de bureaux
  4. Structure Un entrepôt transformé en logements
  5. Structure Renforcement de poutres et de poteaux
  6. Structure Rehausse de bureaux par pieux battus
  7. Structure Surélévation de bâtiments HLM
  8. Fondations Le «soil crete» au secours d'un musée
  9. Electricité Sécurité pour la salle des marchés du Crédit lyonnais
  10. Sols textile Décor personnalisé
  11. Bétons Un chantier très diffus
  12. Aménagement intérieur Un bâtiment militaire devient musée
  13. Démarche séquentielle : nouvelle distribution des cartes
  14. Un pont roulant provisoire pour acheminer des balcons
  15. Isolation par l'extérieur pour rénover des logements
  16. Une vêture avec enduit mince sur isolant
  17. Des échanges informatisés pour une opération HLM
  18. Un faux plafond à grandes trames
  19. Mise en sécurité des installations électriques
  20. Des règles de sécurité à respecter
  21. Organisation : la réhabilitation d'une copropriété complexe
  22. Rénover les terrasses en aidant à la gestion de l'eau
  23. Réfection de sol sans décapage mécanique
  24. Sommaire dossier
  25. Une croissance sans enthousiasme
  26. REHABILITATION Les aides dans le parc privé
  27. Façade Restauration à l'identique de la « Maison radieuse »
  28. Transformation d'une usine en collège
  29. Création d'un étage léger pour un cinéma converti en hôtel
  30. Reprise en sous-oeuvre sur deux niveaux de sous-sol
  31. Le Grand-Quevilly : six tours de quinze étages des années 70 totalement «relookées »
  32. INFORMATIQUE Un outil d'évaluation pour la réhabilitation
  33. Un hôtel trois étoiles climatisé au gaz
  34. Protections d'urgence provisoires contre le saturnisme
  35. Remplacer les canalisations en plomb
  36. Reconstruire à l'identique un moulin brûlé
  37. Mise en sécurité électrique pour des immeubles HLM
  38. REHABILITATION La mise en sécurité des installations électriques
  39. Des solutions pour renforcer les structures existantes
  40. LOUIS-MARIE MICHON, ingénieur principal de l'entreprise Pradeau & Morin (Fougerolle) « Il faut identifier les descentes de charges »
  41. JEROME STUBLER, directeur technique du groupe Freyssinet « Nous sommes des dermatologues du béton»
  42. PETER TERRELL, gérant de l'ingénierie Terrell Rooke Associés « Il faut maîtriser les déformations »
  43. Des fibres de carbone pour renforcer les structures
  44. Renforcement d'un plancher en site occupé
  45. Transformation d'un hangar en béton armé
  46. Un plancher en bois composite
  47. Des planchers mixtes connectés
  48. Les bacs collaborants acier-béton
  49. Menuiserie Escalier repliable
  50. Vichy Centre de séjour
  51. Transformations à petits prix
  52. Détection précoce de la corrosion
  53. Un connecteur de planchers mixtes bois béton
  54. Sauvegarder les premiers ouvrages en béton
  55. Les architectes à l'honneur
  56. « Un contexte porteur pour la qualité architecturale des réhabilitations »
  57. NIMES Place des Esclafidous
  58. PARIS-20e Rues Alexandre- Dumas et de Terre-Neuve
  59. AULNAY-SOUS-BOIS Cité des Merisiers
  60. PARIS-16e Rue Félicien-David
  61. LE BLANC-MESNIL Cité du 212
  62. TOULOUSE Cité universitaire Daniel-Faucher
  63. BAYONNE Rues d'Espagne et Lagréou
  64. PARIS-19e Rue de Crimée

La structure de type poteaux-poutres, fortement dégradée, a été conservée mais traitée. Les armatures en acier ont été passivées, et un mortier fibré a été appliqué.

Marquant la reconquête des quais de Bordeaux, le hangar 14, libéré par le Port autonome, fait l'objet d'une réhabilitation. Construit dans les années 30, en bord de Garonne, tout comme une série d'autres bâtiments de même type, il avait une vocation de stockage. Le port autonome de Bordeaux ayant quitté le centre-ville pour déployer ses activités le long de l'estuaire, ces hangars ont été désertés depuis plusieurs années. Désormais géré par la ville, le hangar 14 devrait accueillir des salons, manifestations et expositions.

Conservation de la structure

Les architectes Jean-Philippe Lanoire et Christophe Gautié ont souhaité conserver la structure de ce bâtiment de type R + 1, d'une surface de 7 200 m2. Cela impliquait de garder au rez-de-chaussée les cent trente-deux poteaux en béton de 50 x 50 cm, répartis selon une trame de 6 x 6 m, et ramener à cinquante le nombre de poteaux à l'étage. Ces derniers, d'une section de 35 x 35 cm, n'ont pas un rôle porteur aussi déterminant. Par ailleurs, un portique métallique venant se raccrocher à la façade en béton se substitue à ceux qui ont été supprimés.

Afin d'utiliser les structures existantes, les poteaux et les poutres en béton, très détériorés par endroits en raison de la corrosion des fers, ont dû être traités. Plusieurs facteurs sont à l'origine de ces désordres : la situation en milieu humide et salé, le gaz carbonique lié au trafic important des quais, les chocs des appareils de manutention, les infiltrations d'eau en raison de l'état d'abandon du bâtiment et la qualité médiocre du béton (pourcentage important de sable).

En outre, les enrobages des armatures métalliques étaient souvent insuffisants (de l'ordre de 1 cm), alors qu'un milieu aussi agressif aurait nécessité un enrobage d'une épaisseur minimale de 3 cm.

Dans ces conditions, les armatures mal protégées ont gonflé et fait éclater le béton, entraînant parfois des réductions importantes de section. Mais la structure du bâtiment étant surdimensionnée, la résistance mécanique de l'ouvrage est restée suffisante. Les tests montrent, en effet, que les planchers peuvent supporter une surcharge d'exploitation de 500 kg/m2, tout à fait adaptée à la nouvelle vocation du hangar. A l'origine, elle était même prévue pour supporter des surcharges de 2 à 3 t/m2.

Un traitement en deux temps

Pour reconstituer poteaux, poutres et sous-faces des linteaux, l'entreprise Aquit'Etanch a utilisé des produits Sika. Après un sablage des ferrailles et du béton pour disposer d'un support sain, la mise en oeuvre de ces produits s'est effectuée en deux temps. Tout d'abord, les parties métalliques sont passivées avec le produit Monotop 610 AC. L'opération est réalisée au pinceau, en une seule couche. Vient ensuite l'application du Monotop 612 F, un mortier fibré prêt à gâcher, permettant de recréer un milieu protecteur vis-à-vis des armatures. Il s'applique manuellement pour des petites surfaces ou par projection pneumatique pour des traitements à plus grande échelle. Deux à trois couches sont nécessaires pour des épaisseurs maximales de 10 à 12 cm, et moyennes de 7 à 8 cm. Le temps de séchage entre les couches est de l'ordre de deux heures. Les fibres qui entrent dans la composition de ce mortier permettent de limiter les retraits et les fissures.

Un essai en début de chantier est nécessaire pour établir la marche à suivre en matière de dosage de l'eau, compte tenu de la composition fibrée du mortier. Le béton ainsi projeté est prêt à peindre.

Par ailleurs, sur ce bâtiment, toutes les parties métalliques apparentes qui n'avaient pas de fonction d'armature ont été déposées de la façade pour que cette dernière ne soit pas tachée par la rouille. Mais le bureau d'études a préconisé d'aller au-delà et de pratiquer un traitement préventif des façades avec un inhibiteur de corrosion (voir encadré). Le montant des travaux, effectués d'août à septembre prochains, s'élève à 21,5 millions de francs HT.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : ville de Bordeaux, direction du développement économique.

Conducteur d'opération : direction générale de l'aménagement urbain/direction générale des constructions publiques.

Maîtrise d'oeuvre : cabinet d'architecture Flint.

Bureau d'études : Eccta.

Acousticien : Lamoureux.

Entreprise générale : GTBA.

Traitement des bétons : Aquit'Etanch.

Bureau de contrôle : Qualiconsult.

PHOTO :

Le mortier fibré prêt à gâcher permet de recréer un milieu protecteur vis-à-vis des armatures. Il s'applique par projection pneumatique en deux à trois couches pour des épaisseurs maximales de 10 à 12 cm, et moyennes de 7 à 8 cm.

Un inhibiteur de corrosion

Sur ce chantier, les problèmes apparents ont été traités. Mais le bureau d'études a préconisé d'aller au-delà et de réaliser un traitement préventif des façades extérieures avec un inhibiteur de corrosion de type Sika Ferrogard 903. Le but est de prévenir les désordres ultérieurs, compte tenu de la connaissance du bâtiment et de ses structures que l'on peut d'ores et déjà avoir sur le chantier. Ce produit est appliqué sur le béton préalablement sablé en une, deux ou trois passes selon la porosité de ce dernier. Il migre à travers le réseau capillaire du béton pour venir enrober les armatures et les passiver. Il faut ensuite rincer le produit resté en surface. Dans ce cas particulier, la réponse est en suspens car cette intervention dont le coût s'élève à 60 francs/m2 n'avait pas été prévue à l'origine. Le coût de revient du chantier est de 3 000 francs/m2.

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