En direct

Traiter le radon une nécessité absolue
Formation du radon. Sources et voies de transfert dans un bâtiment. - © © IRSN

Traiter le radon une nécessité absolue

Stéphane Miget |  le 10/11/2010  |  TechniqueFrance entière

Risque sanitaire bien réel, le radon, en raison de sa dangerosité, doit être éliminé de l'intérieur des bâtiments. Pour y parvenir il est capital d'agir en même temps sur l'étanchéité des soubassements et sur la ventilation des bâtiments.

En France 31 départements sont directement concernés par le risque radon et déclarés prioritaires par les pouvoirs publics. La prise de conscience liée à ce risque particulier, qui nous vient du sol, date du début des années 2000. Et même si il y a une bataille de chiffre sur le nombre annuel de décès par cancer du poumon, de 1000 à 3000, imputable à l'exposition domestique au radon il s'agit la d'un enjeu majeur de santé publique. Lorsqu'il y a doute le dépistage s'effectue à l'aide de dosimètres passifs. Les niveaux d'actions préconisés en France pour les bâtiments existants sont fixés à 400 Bq/m3 et 1 000 Bq/m3. Se pose alors la question de comment agir ? Car dans le cas particulier d'une pollution due à la présence de radon dans le sol, que l'on soit dans le neuf ou dans l'ancien, la ventilation intérieure seule ne suffit pas à régler le problème. Elle n'est qu'un maillon de la chaîne. Avant d'intervenir il est nécessaire d'étudier le bâti afin d'empêcher ou limiter l'entrée de radon. Entrée qui s'effectue principalement par les mouvements d'air véhiculés dans les porosités du sol. Le radon pénètre dans le bâtiment par les défauts d'étanchéité du soubassement. Ce mouvement d'air étant la conséquence de la légère dépression qui existe dans le bâtiment vis-à-vis du sol sous-jacent. Dépression provoquée par le tirage thermique lié à la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur du bâtiment.

Membranes d'étanchéité

Traiter le radon implique donc d'en diminuer la concentration, en la diluant par le biais d'une ventilation dans le volume habité, mais aussi d'empêcher sa pénétration par le sol. Il convient donc d'assurer une meilleure étanchéité à l'air entre le bâtiment et son sous-sol. Cela passe par la mise en place de membranes d'étanchéité à l'air dans le dallage à l'interface entre le sol et le bâtiment, par la limitation des surfaces d'échange entre le sol et le bâtiment, par la limitation des traversées de dallages (réseaux) en contact avec le soubassement... A l'intérieur, une ventilation habituelle (VMC, Double flux ,...) correctement dimensionnée, entretenue et dont on n'entrave pas le fonctionnement, est normalement suffisante.

Dépressurisation de sol

Mais parfois cela ne suffit pas en raison de niveaux d'exposition élevés constaté immédiatement après la construction ou au cours du temps. Et dans ces cas précis les interventions portent toujours à l'extérieur sur le soubassement et à l'intérieur sur la ventilation. A l'extérieur, il est préconisé de préparer le soubassement de façon à pouvoir créer une mise en dépression de l'interface soubassement sol de la maison. Un système de dépressurisation de sol (SDS) qu'il est préférable de prévoir dès la construction, car la technique consiste à intégrer en plus de la membrane d'étanchéité des réservations pour y installer, en cas de besoin, un ventilateur d'extraction. Dans le cas d'un dallage sur terre-plein, il convient d'intercaler entre le sol et le dallage une couche de gravier de pour assurer un champ de dépression homogène dans le soubassement. Une solution efficace qui demande un travail de dimensionnement et une adaptation au mode constructif mais qui reste méconnue explique t'on au Cstb.

Lutter contre la dépression naturelle

A l'intérieur, il est nécessaire de diluer davantage le radon en augmentant le renouvellement d'air. Problème si l'on agit avec les systèmes habituels : il y a un risque d'augmenter en même temps la facture énergétique. La solution : ventiler en empêchant le radon de pénétrer avec un système de ventilation mécanique simple flux par insufflation ou double flux déséquilibré. Cette technique, en insufflant mécaniquement de l'air dans le bâtiment, permet de lutter contre la dépression naturelle de ce dernier, et donc contre la cause principale de l'entrée du radon. Une technique efficace à manier avec précaution car en limitant la dépression naturelle du bâtiment, on peut créer des problèmes importants de condensation. C'est aussi une technique difficile à mettre en œuvre dans des bâtiments peu étanches. Il y a donc lieu de vérifier que le climat est compatible avec cette solution, car il y a un risque de stockage de l'eau dans les matériaux, et également que la construction est compatible avec cette solution.

Départements prioritaires
Départements prioritaires

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Hors-série AMC : 50 ans d'architecture

Hors-série AMC : 50 ans d'architecture

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

200 initiatives pour la transition énergétique des territoires

200 initiatives pour la transition énergétique des territoires

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 10.00 €

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur