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Mathieu Dejeu |  le 12/02/2016  |  ProfessionArchitectureCultureBâtimentBas-Rhin

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Génie climatique -

La Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg loge des thermofrigopompes géothermiques dans un local original.

Après quatre années de chantier, la Bibliothèque nationale et universitaire (BNU) de Strasbourg a rouvert ses portes au public le 24 novembre 2014. La façade et la verrière de l’édifice, bâti en 1895, n’ont pas changé d’aspect. En revanche, l’intérieur s’est trouvé réaménagé du sol - ou plutôt du sous-sol - au plafond. Sous les planchers, le bureau d’études OTE Ingénierie et l’entreprise d’installation Lohner ont conçu un singulier local de production de froid et de chaud. Il abrite quatre thermofrigopompes alimentées par une nappe d’eau souterraine, qui couvrent l’ensemble des besoins thermiques du site.

En effet, ces machines au nom alambiqué font à la fois office de système de climatisation et de chauffage. Leur fonctionnement s’apparente à celui d’une pompe à chaleur eau-eau, à l’exception près qu’elles exploitent quatre sources thermiques au lieu de deux. L’évaporateur est raccordé à l’aquifère et au réseau d’eau glacée. Le condenseur est relié à la fois au circuit de chauffage et au puits géothermique. A l’intérieur de ce dernier, le passage à l’état de gaz du fluide frigorifique requiert de la chaleur. Si le circuit d’eau glacé ne lui en fournit pas suffisamment, l’eau de la nappe lui apportera le complément. Même principe dans l’évaporateur, la transformation du fluide frigorifique en liquide dégage des calories. Si le circuit de chauffage ne les absorbe pas toutes, le liquide souterrain évacue le surplus. Chaque appareil du quatuor alsacien possède ainsi une puissance de 450 kW chaud et 400 kW froid.
Le procédé n’est pas révolutionnaire. La maison de la Radio, inaugurée en 1963, l’employait déjà. « Cette technologie convient aux constructions ayant des demandes simultanées de climatisation et de chauffage. Dans le cas de la BNU, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, maître d’ouvrage, avait la volonté d’être exemplaire. Il se trouvait que nous disposions d’une ressource géothermique idéale. En outre, installer des unités de réfrigération à l’extérieur de ce monument historique constituait une opération complexe », explique John Pernoux, directeur général d’OTE Ingénierie. Le budget dédié s’élève à 3,8 millions d’euros.
La pose des équipements s’est révélée une véritable gageure. La précédente chaufferie était bien trop exiguë pour accueillir à la fois les imposantes thermofrigopompes, 8 des 25 centrales de traitements d’air (CTA) qui assurent la diffusion du chaud et du froid par le biais de la ventilation, et toute la tuyauterie associée. Les équipes du génie civil ont creusé en taupe pour approfondir les volumes. Pour acheminer les thermofrigopompes déjà assemblées, elles ont aussi créé une trappe dans un garage au-dessus du local. « La faible hauteur sous plafond nous empêchait de fixer les conduites à l’horizontale, remarque John Pernoux. Elles circulent donc dans un double mur. »

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PHOTO - 886526.BR.jpg - © Photos : M. Dejeu
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