En direct

« Tous à la plage ! », plongée au cœur d’un littoral français contrasté

Raphaëlle Saint-Pierre |  le 20/10/2016  |  ParisLittoralArchitecturePatrimoineTourisme

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Culture
Paris
Littoral
Architecture
Patrimoine
Tourisme
Profession
Valider

L’exposition présentée jusqu’en février 2017 à la Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris, décrit l’invention d’un nouvel urbanisme, depuis les premières stations balnéaires destinées aux élites et celles dédiées aux loisirs du plus grand nombre, jusqu’aux questionnements actuels sur la gestion de l’espace et le respect de la nature.

Richement illustrée, la première moitié de l’exposition parisienne « Tous à la plage ! » (*) réveille une nostalgie proustienne pour les luxueuses stations balnéaires du XIXe siècle, inventées sur les côtes septentrionales de la France, puis prolongées jusqu’à la Méditerranée. Après les palaces éclectiques et les villas régionalistes, la crise de 1929 va rebattre les cartes. L’exposition met alors en lumière le patrimoine des Trente Glorieuses, né des congés payés et de l’essor démographique. Bousculés par les images du modernisme brésilien, les architectes de la reconstruction de Royan, sur l’Atlantique, s’autorisent une fantaisie de courbes et de couleurs. De très beaux dessins font ici revivre son casino, chef-d’œuvre… démoli en 1985.

Le culte du soleil entraîne l’urbanisation folle de la côte méditerranéenne. Mais, souhaitée par le Général De Gaulle, l'opération d'aménagement touristique du Languedoc-Roussillon va tenter de répondre à l’explosion des vacances de masse et de rééquilibrer l’urbanisation. Six stations balnéaires, espacées par des réserves naturelles, sont projetées sur un littoral totalement vierge. Jean Balladur se consacrera pendant trente ans au chantier de la Grande Motte créée ex nihilo. Des pyramides de béton inspirées par l’architecture cosmique précolombienne, qui accueillent leurs premiers estivants en 1968, aux derniers édifices publics, construits dans les années 1980, en passant par le mobilier urbain, il en garde le total contrôle et impose l’intervention d’artistes. À l’encontre de l’esprit de l’époque, il privilégie les hommes aux voitures et réserve d’importantes surfaces à la végétation.

Entre vernaculaire et utopie

Alternative au développement anarchique de la Côte d’Azur, le village du Merlier au Cap Camarat, imaginé avec intelligence et à l’échelle humaine par l’Atelier de Montrouge, marie modernité et respect des traditions méditerranéennes. Les maisons sont adaptées au climat, étagées en gradins et reliées par des escaliers, des ruelles et des placettes. Avec ses cabanes en bois inspirées par les villages lacustres, la marina de Talaris à Lacanau, sur la côte atlantique commence à se développer à la fin des années 1960. Henri Mouette et le sculpteur Pierre Székely profitent de l’originalité qu’autorise le programme du Renouveau à Beg-Meil (Finistère) pour construire en 1968, entre dunes et pins, un village de vacances tout en bulles de béton. Enfin, avant la crise de 1973, la vogue de l’habitat modulaire préfabriqué en plastique donne naissance au Tétrodon de l’AUA et à l’Hexacube de Georges Candilis et Anja Blomstedt.

Malgré les projets actuels de cités flottantes de Vincent Callebaut, on se prend plutôt à rêver face à un dessin d’île-résidence dans la lagune de Venise qu’André Lurçat imagine en 1931 pour le mécène mondain Charles de Beistegui. Comment répondre aujourd’hui au développement d’un tourisme mondial en ayant conscience de la préservation du littoral ? « J’avoue ne pas avoir trouvé de modèles positifs pour l’avenir », admet le commissaire de l’exposition Bernard Toulier, convaincu ni par le projet d’extension de Monaco sur la mer, ni par les archipels artificiels de Dubaï. « L’échelle territoriale et les enjeux climatiques dépassent le raisonnement à court terme des élus si bien qu’en France aucun grand projet n’est mis en œuvre », constate-t-il.

(*) Exposition présentée du 19 octobre 2016 au 13 février 2017 à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris (XVIe). www.citechaillot.fr

Commentaires

« Tous à la plage ! », plongée au cœur d’un littoral français contrasté

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Droit de l'Aménagement, de l'Urbanisme, de l'Habitat – 2020

Droit de l'Aménagement, de l'Urbanisme, de l'Habitat – 2020

Date de parution : 09/2020

Voir

Jean Prouvé - 5 maisons sur mesure

Jean Prouvé - 5 maisons sur mesure

Date de parution : 09/2020

Voir

Villes et territoires de l’après-pétrole 

Villes et territoires de l’après-pétrole

Date de parution : 08/2020

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur