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TOP 100 de la distribution bâtiment : plus puissants face à la fragilité du marché
Le TOP 15 de la distribution bâtiment-bricolage - © ©Négoce

TOP 100 de la distribution bâtiment : plus puissants face à la fragilité du marché

Paul Falzon et Marie-Hélène Nougaret |  le 30/09/2014  | 

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Le marché de la construction, toujours en crise, tire la distribution bâtiment-bricolage vers le bas. Dès lors, la ligne de conduite du négoce est de «tenir» en attendant le redémarrage. Mais le visage de la distribution sortira profondément changé de cette crise comme en attestent les chamboulements intervenus depuis dix-huit mois.

Evaluées à 53,4 milliards d’euros, les ventes de la distribution bâtiment-bricolage reculent de 3?% en valeur en 2013. Outre le recul en volume de certains segments, liés notamment au logement neuf, la pression sur les prix a affecté les ventes en valeur. Dans le circuit grand public, ce recul atteindrait 1,4?% pour les GSB (source?: Unibal) et 3,1?% dans le négoce (source?: Négoscope). Au total, le circuit professionnel maintient sa place avec 70% de parts de marché contre 30% pour la vente aux particuliers.

Rien d’étonnant dans ce tableau morose de la distribution, tant la crise affecte durablement depuis 2008 le marché de la construction. 2013 n’a toujours pas apporté d’embellie, et 2014 ne sera pas non plus l’année de sortie de crise. Car tous les fronts souffrent : neuf, rénovation, logements, non résidentiels, TP.  

Résultat, la sinistralité chez les clients du négoce est à nouveau en hausse?: les faillites dans le bâtiment ont progressé de 3% au premier trimestre. Or, les tensions dans les trésoreries des entreprises ne sont guère soulagées par un secteur financier qui limite à nouveau l’accès au crédit. Le gouvernement a placé le secteur parmi ses priorités cet été et dévoilé un plan de relance du secteur du logement fin août. Les réactions plutôt satisfaites des professionnels du bâtiment semblent encourageantes.

Mais la question qui inquiète désormais le secteur concerne le délai nécessaire pour que ces mesures portent leurs fruits. En attendant, il va falloir «?tenir?». Les pressions sur les prix ne sont donc pas prêtes de s’apaiser pour la filière aval. Et le marché de la distribution bâtiment-bricolage aura bien du mal à repartir vers le haut dans les prochains mois.

Les concentrations et les regroupements s’accélèrent

 

En six ans, le poids cumulé des quinze premiers acteurs de la distribution bâtiment-bricolage est passé de 77,6?% à 86,1?%. La crise accélère nettement le phénomène de concentration des entreprises et le développement des groupements. «?Il s’agit clairement de gagner en puissance d’achat, confirme Géraud Spire, président de la Fédération du négoce du bois et des matériaux de construction (FNBM). Sur un marché en crise, c’est un moyen de gagner un avantage concurrentiel important.?» Le mouvement est encore d’actualité cette année?: vagues d’acquisitions chez Samse, projet de rachat de Mr.?Bricolage par Kingfisher, ambitions affichées chez Descours?&?Cabaut ou Rexel, recrutements chez Algorel, etc.

Le TOP 15 de la distribution bâtiment-Bricolage

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Les bouleversements sont bien là. Deux disparitions, symboliques du remue-ménage intervenu dans le secteur, signent ce top 15?: Timolia suite au divorce entre Gedex et BigMat (Gedex pointe désormais seul à la 13e place), et Wolseley, absorbé dans le groupement Duomat formé avec Chausson (qui fait son entrée à la 12e place). Autre signe fort de ce classement 2013, les indépendants progressent?: CMEM grimpe sur le podium, Algorel gagne 5 places, et MCD accède à la 10e position. Enfin, si le groupe SGDB France demeure le numéro un du marché, l’écart se resserre avec Adeo et CMEM.

La course aux volumes d’achats n’est pas le seul levier qui soit en train de changer la dimension des acteurs du négoce, nuance Géraud Spire?: «Au-delà de la compétitivité prix, il y a les services. Au bout d’un moment, les forces au niveau des achats vont s’équilibrer sur un petit nombre d’acteurs. Alors, ce seront les services qui feront la différence. Surtout pour le négoce, car il s’agit d’un élément fondamental au regard de la concurrence d’autres circuits, mais aussi entre groupes et différents groupements.»

Les négociants sont déjà confrontés à un élargissement de leurs activités traditionnelles vers de nouveaux services sous la pression des demandes du marché?: plus d’information, de formation, de disponibilité, d’outils d’aide à la vente, d’accompagnement vers les clients finaux...

Elargir le champ d’action

 

Certains intègrent des services de pose, proposent des logiciels de gestion de projet, font des bilans thermiques, contractualisent avec les prescripteurs... «Sur la rénovation énergétique, note Géraud Spire, il existe une demande d’accompagnement du marché. Or, le négoce est maintenant reconnu comme un maillon de cette chaîne. Il est logique qu’il se positionne sur ces services.» Les exemples ne manquent donc pas, d’autant que la révolution numérique bouleverse les pratiques.

Pour répondre à ces défis, les entreprises ont besoin de puissance financière afin d’investir, de ressources humaines adaptées aux nouveaux défis, et de réactivité. Des domaines où groupements d’indépendants comme les groupes intégrés bénéficient d’atouts. La preuve, dans le top 15, 7 entités sont des groupements, dont 3 (CMEM, Algorel et MCD) progressent.

Enfin, la crise accélère l’interpénétration des spécialités chez les négociants. «Les frontières entre les segments du négoce sont de plus en plus poreuses, confirme Géraud Spire. Même s’il reste quelques spécialistes, les leaders sont de plus en plus des multispécialistes. Diversifier ses débouchés est une façon de répondre à la crise en étendant son champ d’action. C’est aussi une question d’évolution pour suivre la clientèle.»

Négoce multuispécialiste : L’année des bouleversements

Classement leaders multispécialistes
Classement leaders multispécialistes - © ©Négoce

Longtemps premier acteur du négoce multispécialiste, Saint-Gobain Distribution Bâtiment France (ex-Groupe Point.P) cède la première marche à CMEM, renforcé notamment par BigMat. MCD reste la troisième centrale, malgré une fin 2013 agitée qui a vu le départ de trois adhérents et l’arrivée de CRH. Après la disparition de Timolia, Gedex parvient à se maintenir dans le top 5, tandis que la centrale Duomat, née du rapprochement de Chausson Matériaux et de Wolseley France, y fait son entrée. Le reste du classement est plus hétérogène, partagé entre des groupes multispécialistes régionaux (Altéral, Ciffréo Bona, Comafranc...) et des réseaux spécialistes (enseignes du Groupe SIG, Careso...).

Négoce bois-menuiserie : Des indépendants mieux armés

Classement négoce bois-menuiserie
Classement négoce bois-menuiserie - © ©Négoce

Un nouveau leader pour la filière?! En intégrant Sonnier Bois, Houdard et Alfage-Baudry, Sylvalliance a franchi un palier en termes de représentativité sur le marché. Le groupement veut désormais conforter cette position en renforçant les achats communs et les échanges de pratiques, à l’image de ce que l’autre grand réseau d’indépendants, Nebopan, a déjà initié depuis plusieurs années. Derrière, le réseau des coopératives Orcab poursuit sa progression régulière, tandis que Panofrance a relativement peu souffert du rétrécissement de périmètre de Wolseley France. En 2014, le front se déplace sur la menuiserie?: Tout Faire Bois et Accueil Négoce seront deux importants relais du concept dédié que CMEM vient de lancer, en concurrence frontale avec les réseaux hyperspécialistes (Batiman, Caseo) plus orientés vers le grand public.

Négoce matériel électrique : Le groupement Algorel entre dans le jeu

Classement négoce électricité
Classement négoce électricité - © ©Négoce

Comme prévu, le groupement d’indépendants Algorel (coleader du marché sanitaire-chauffage) a créé une structure de référencement dans l’électricité et se place désormais comme un acteur clairement identifié. La projection sur les chiffres 2013 lui attribue déjà une part de marché comprise entre 2 et 2,5?%. Les indépendants du sanitaire-chauffage actifs sur l’électricité, tels les groupes Comafranc ou Martin Belaysoud Expansion, maintiennent également leurs ambitions sur ce segment. Pour sa part, Siele n’a pas encore subi l’impact du départ de certains de ses membres pour la structure électricité d’Algorel. Le classement 2015 sera décisif pour lui. En revanche, en tête du classement, la prédominance de Sonepar et Rexel n’est pas ébranlée. Mais sur un marché qui peine, l’écart entre ces deux acteurs semble se réduire.

Négoce sanitaire-chauffage-tubes et canalisations : Le statu quo prévaut

Classement négoce sanitaire-chauffage-tubes et canalisations
Classement négoce sanitaire-chauffage-tubes et canalisations - © ©Négoce


Les intervenants de la distribution sanitaire-chauffage et tubes-canalisations ont maintenu leur position en 2013, malgré un marché en baisse. Les plus touchés ont sans doute été les spécialistes des tubes-canalisation, à l’image du numéro un de ce segment, Frans Bonhomme, qui devrait rebondir après son changement d’actionnaires entériné par l’Autorité de la concurrence fin novembre 2013 et qui a réduit de moitié sa dette. Sur le sanitaire-chauffage, le duo Algorel/Saint-Gobain Distribution Bâtiment France maintient ses positions, les investissements et réorganisations effectués chez Saint-Gobain en soutien à Cedeo et Brossette ne commençant que progressivement leurs montées en puissance. Derrière, les puissants groupes multirégionaux (Comafranc, Richardson et Martin Belaysoud Expansion) ne fléchissent pas.

Négoce peinture-décoration : Les indépendants s’organisent

Classement négoce peinture-décoration
Classement négoce peinture-décoration - © ©Négoce

Dans ce classement qui n’évolue presque pas sur un an, un fait notable est à retenir?: la constitution, à l’automne 2013, de la centrale Iris, qui réunit Socoda, Agir et JefcoSylco. Si les trois associés totalisent un chiffre d’affaires comparable au numéro un du secteur, la nouvelle centrale concentre ses missions sur les produits non-paint (revêtement de sol et de mur, outillage, échafaudage…) qui restent minoritaires dans leur activité. L’enrichissement du marketing (Couleurs de Tollens, UGD) et le déploiement de nouveaux concepts (Zolpan, Sikkens Solutions, Espace Revêtements...) sont les priorités de l’exercice en cours, symbole de la réorientation des réseaux vers la croissance interne et la reconstitution des marges.

Négoce quincaillerie-outillage-F.I : La fourniture industrielle à la peine

Classement négoce QuincaillerieOutillage FI
Classement négoce QuincaillerieOutillage FI - © ©Négoce

À l’image du numéro un de ce segment, Descours & Cabaud, dont les ventes accusent un recul en 2013 alors qu’elles avaient résisté en 2011 et 2012, les acteurs de la fourniture industrielle ont particulièrement souffert l’an passé. Aussi les deux grands perdants de ce classement sont-ils KDI France et Arcelor-Mittal Distribution, qui reculent de 1 place. Les groupements d’indépendants se sont plutôt mieux comportés, tels que Socoda, Fedis (qui conforte sa cinquième place acquise en 2012) et Seba, dont le nouveau membre Au Forum du Bâtiment a acquis la branche quincaillerie du groupe Anjac en 2013. Si Cofaq n’évolue pas en 2013, il y a fort à parier qu’en 2014 ses accords avec BigMat et ses investissements logistiques porteront leurs fruits. Il en va de même pour Dompro.

Distribution grand public : La dernière année de domination pour Adeo??

ClassementGranc Public
ClassementGranc Public - © ©Négoce

L’année 2013 a été encore compliquée pour les enseignes proposant des articles de bricolage et d’aménagement-décoration de la maison aux particuliers. Dominé par les grandes surfaces de bricolage, le marché est toujours atone. Le classement, lui, reste immuable, toujours dominé par le duo Adeo-Kingfisher. Mais de grands chamboulements se préparent, puisque Kingfisher est entré en négociations exclusives avec Mr.?Bricolage, troisième acteur du marché. Outre un renforcement encore plus accentué de la concentration, ce rachat permettrait à Kingfisher de retrouver la première place du classement. Il faut aussi noter la progression d’une place de Cofaq dont la remise à plat et le relancement de l’enseigne BricoPro ne sont sans doute pas étrangers à ce succès.

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