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TGV franco-espagnol Premiers pas du tronçon Perpignan-Figueras

le 21/03/1997  |  TransportsMarchés publicsFrance HéraultPyrénées-Orientales

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- Les études préalables à l'enquête publique sont lancées. - Le GEIE franco-espagnol prépare la mise en concession.

Il faut attendre un vote favorable du Sénat, fin mars, début avril, pour voir lancer l'appel d'offres à concessionnaire pour la section internationale Perpignan-Figueras du TGV qui reliera à terme la France et l'Espagne : 52,7 km, dont un tunnel de 8 km.

L'accord franco-espagnol que doivent approuver les sénateurs, signé en octobre 1995 par les deux gouvernements, prévoit la mise en place dans ce but d'une commission intergouvernementale. Elle s'appuiera sur le GEIE (groupement européen d'intérêt économique) franco-espagnol Sud Europe Méditerranée, rassemblant la SNCF et la RENFE, qui conduit depuis avril 1995 les études techniques, économiques et fonctionnelles sur la liaison.

Une part des travaux aux entreprises locales

Le GEIE va aussi examiner, jusqu'en 1998, la viabilité juridique et financière de la mise en concession de cette section internationale à une ou plusieurs entreprises privées. « Cette mise au point du cahier des charges de l'appel d'offres est complexe », explique Alain Richard, directeur de la mission TGV Languedoc-Roussillon : « Elle est sans précédent pour le ferroviaire. Seule référence : les concessions autoroutières ». D'ores et déjà, les grands groupes français (Bouygues, Lyonnaise des Eaux, Générale des Eaux) apparaissent comme très probables candidats au financement, à la réalisation et à l'exploitation du tronçon international. « Cependant, nous étudions l'insertion dans le cahier des charges de l'obligation, pour le concessionnaire, de confier un certain pourcentage des travaux aux entreprises locales », annonce Alain Richard.

Le concessionnaire doit être désigné en juillet 1999, pour des travaux évalués à 4 milliards de francs, dont 1 600 millions pour le tunnel. Ils doivent commencer en janvier 2000 pour le tunnel et en janvier 2001 pour la partie hors tunnel. Mise en service prévue : octobre 2004.

Partie française : 8,2 millions de francs d'études

Les études préalables à l'enquête d'utilité publique de la partie française - 26,6 kilomètres entre Perpignan et la frontière espagnole (Le Perthus) - de la section internationale du TGV Languedoc-Roussillon sont lancées.

Ces études (coût : 8,2 millions de francs) vont être réalisées, dans les six mois, par Carex Environnement (Aix-en-Provence) pour l'analyse d'impact, par BCEOM (La Grande-Motte) et le cabinet Jean-Louis Raffin (Toulouse) pour l'évaluation socio-économique, dans le contexte global du TGV Languedoc-Roussillon, de Saint-Brès, aux portes de Montpellier, à la frontière, y compris les connexions avec Narbonne-Béziers et Toulouse. L'enquête publique doit être lancée cet été. Le décret d'utilité publique est attendu pour juillet 1999.

Montpellier-Perpignan : pas de calendrier

En attendant, se pose le problème des conditions d'acquisition, pour les situations les plus urgentes, de certaines parcelles gelées par l'emprise du tracé (500 mètres de large). Certains riverains, particuliers touchés par une succession ou entreprises concernées par une extension, sont bloqués. Alain Richard indique : « Nous étudions des formules de portage et de financement à même de régler ces cas, avant qu'une DUP autorise les acquisitions. La création d'un fonds spécial d'intervention ou un accord avec la Safer est ainsi envisagé ».

En revanche, aucun calendrier n'est fixé, ni même envisagé, pour le tronçon Saint-Brès (Montpellier)/Perpignan.

Cependant, avant même que cette ligne TGV ne soit construite, des « aménagements de capacité » devront être réalisés pour traiter la croissance du trafic engendrée par l'ouverture du tronçon TGV Perpignan-Figueras. « On peut penser, estime Alain Richard, à des contournements au sud de Montpellier et au sud de Nîmes et à des opérations entre les deux villes. Ces chantiers représenteront plusieurs milliards de francs de travaux ».

Montpellier-Madrid : une priorité européenne

La partie espagnole de la section binationale, de Figueras à la frontière, sera traitée dans le même cadre que la partie française, de la frontière à Perpignan : études communes par le GEIE franco-espagnol et même appel d'offres en vue d'une concession.

Du côté espagnol, on est un peu plus avancé qu'en France dans la réalisation de la ligne TGV qui reliera à terme Montpellier à Madrid, retenue par le Conseil européen parmi les infrastructures prioritaires, lors du sommet d'Essen, en 1994. Le gouvernement espagnol la place aussi en tête de ses choix. Ainsi, 65 milliards de pesetas (2,6 milliards de francs) ont été inscrits au budget 1996 et 60 milliards de pesetas (2,4 milliards de francs) au budget 1997 pour les premiers travaux sur le tronçon Madrid-Saragosse-Lleida. La section Calatayud-Ricla doit être mise en service en 2001 et la section Saragosse-Lleida en 2000. « L'estudio informativo », l'équivalent de l'enquête publique, de la section Lleida-Barcelone doit être terminé d'ici à la fin de l'année.

Catalogne : des études dès 1991

Pour la section Barcelone-frontière, la Généralité de Catalogne, c'est-à-dire le gouvernement autonome, avait pris les devants dès 1991, en finançant les études d'avant-projet sommaire, puis les études détaillées. La Généralité a aussi réservé les emprises foncières et les a inscrites dans les documents d'urbanisme. Son projet comprend une « déclaration d'impact environnemental » et doit être confirmé par le ministère espagnol des Travaux publics et des transports. « L'estudio informativo » est en cours, à l'initiative de Madrid. Le gouvernement prévoit de créer un organisme chargé de construire et administrer la ligne TGV, le Gestor de infraestructuras ferroviaras. La création de cette société mixte doit permettre le financement de l'opération par des entreprises privées. Les conditions de cette participation, le montage financier global et le calendrier restent à fixer. L'investissement total est évalué à 800 milliards de pesetas (32 milliards de francs).

TRACE : LES LIGNES DU TGV SUD EN 2004

L'ouverture du tronçon TGV Perpignan-Figueras entraînera une croissance du trafic. Des augmentations de capacité du réseau existant sont donc à prévoir : contournements ferroviaires de Nîmes ou de Montpellier, voire réalisations entre les deux villes. Encore des milliards de travaux en perspective.

PHOTO : Alain Richard, directeur de la mission TGV Languedoc-Roussillon.

Contacts

-Alain Richard (Mission TGV Languedoc-Roussillon) à Montpellier. Tél. 04 67 34 22 25.

-Juan Carlos Huertas (Ministerio de Obras Publicas, Direccion general de infraestructuras del transporte ferroviario), à Madrid. Tél. 00 34 1 563 48 35.

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