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Terrassement sélectif en bord de Seine
Un convoyeur part du chantier pour aller verser les déblais dans des péniches - © GILLES RAMBAUD

Terrassement sélectif en bord de Seine

Gilles Rambaud |  le 08/12/2015  |  SantéArchitectureUrbanismeTechniqueEnvironnement

Dépollution des sols -

Guintoli terrasse une plateforme en proche banlieue parisienne et utilise un convoyeur à bande pour verser les déblais dans une barge.

On connait la déconstruction sélective, opération par laquelle un bâtiment est démoli avec finesse et chaque déchet trié sur place. Voici maintenant le terrassement sélectif ! C’est en tout cas l’approche qu’a Guintoli pour réaliser une plateforme à Clichy, aux portes de Paris. Ici le SIAAP, syndicat de traitement des eaux usées d’Ile-de-France, compte agrandir l’une de ses usines de traitement. « Il nous faut décaisser 150 000 m3 » résume Arnaud Hou, directeur de travaux chez Guintoli. Le terrassier a d’abord réalisé une étude de sol en forant selon un maillage de 20m x 20m. « Nous avons identifié trois natures de déblais : des fondations en béton ; des terres polluées non dangereuses ; des terres polluées dangereuses ». Cette identification a été effectuée tous les 1 mètre de profondeur, si bien que le sous-sol s’est retrouvé cartographié en trois dimensions par mesures de 400 m3 (20m x 20m x 1m) un volume qui ne doit rien au hasard, comme le dévoile Arnaud Hou. « Le site jouxte la Seine ce qui permet une évacuation par voie fluviale. Or une péniche contient 800 m3. Nous savons qu’il faut terrasser deux mesures pour la charger ». Oui mais lesquelles ? « Les fondations en béton sont recyclées sur place, nous ne les évacuons pas. Les terres dangereuses partent vers un site de traitement et les terres non dangereuses vers un site de stockage ».

Au-dessus des quais

Pour ne pas mélanger ces matériaux, Guintoli effectue ses terrassements à l’aide de deux petits ateliers comprenant chacun une pelle de 25 t et un seul tombereau articulé, en veillant à ce qu’ils terrassent des terres de même nature. Celles-ci sont ensuite versées dans la trémie d’un convoyeur à bande qui va partir du chantier, passer au-dessus des quais ouverts à la circulation, surplomber la Seine et verser dans une goulotte orientable qui remplit les péniches. Les 40 mètres linéaires qui franchissent la voie publique sont entièrement bardés pour éviter toute chute de matériau sur les véhicules. En amont de cette ligne droite, un convoyeur incliné à forte pente fait monter les matériaux à 10 m de haut. La capacité d’évacuation du tapis est calculée pour remplir une péniche par jour, soit 800 m3 en un poste. Une productivité qui pourrait paraître ridicule à Arnaud Hou, habitué à faire tourner des échelons de scraps. Pourtant ce travail à la pince à épiler ne lui déplait pas. « Ce chantier en ville est une autre approche du métier de terrassier, différente mais tout aussi intéressante que les terrassements de masse ».

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