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Tenir le calendrier, principal défi de la fibre
La France s’est lancée assez tôt dans les travaux de raccordement de la fibre. Ici, un chantier en Côte-d’Or. - © PHILIPPE GILLET / CD21

Tenir le calendrier, principal défi de la fibre

Jessica Ibelaïdene |  le 05/10/2018  |  TechniqueTHDFibre

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Partout sur le territoire, le déploiement du plan THD a débuté. Etudes et chantiers sont lancés. Des points de tension doivent être dépassés.

L'année 2019 verra des chantiers de déploiement du très haut débit (THD) émailler l'ensemble du territoire. En beaucoup d'endroits déjà, les choses sérieuses - études ou même travaux -ont commencé. Et il ne reste plus que six marchés sur les réseaux d'initiative publique (RIP) à attribuer. En partie subventionnés par la puissance publique, les RIP couvrent 85 % du territoire et 43 % de la population. Tous doivent répondre à un objectif : permettre à tous les Français d'accéder au THD en 2022. Des délais serrés pour ce chantier à 20 milliards d'euros (dont 13 pour les RIP), « le plus grand de France », se plaît à dire Laurent Pélisson, président du cabinet de conseil Cap Hornier.

« Nous aurons déployé 20 millions de prises Fiber to the Home (FttH) entre 2017 et 2022, alors que nous en avons construit 10 millions sur les dix années précédentes, relève Etienne Dugas, président de la fédération InfraNum, qui réunit les industriels impliqués. Et c'étaient les plus faciles ! » Pas d'autres choix, donc, que d'accélérer la cadence. D'autant que le secrétaire d'Etat Julien Denormandie a mis la pression sur l'ensemble du secteur, réuni à Laval le 20 septembre : « L'objectif est ambitieux, mais si nous n'arrivons pas à le tenir, nous décevrons nos concitoyens. »

De la visibilité pour les industriels. Maintenant que les projets se concrétisent, les complications émergent. Et si le point de tension le plus dur concerne les ressources humaines (lire « Le Moniteur » n° 5995, p. 25) , il n'est malheureusement pas le seul. Début 2018, le secteur commençait ainsi à craindre un ralentissement de l'approvisionnement de fibre optique. La situation semble se résorber. Et, bien que la demande mondiale explose, « la France est plutôt bien lotie car nous sommes partis dans les premiers », relativise Etienne Dugas.

L'objectif est de raccorder 20 millions de prises Fiber to the Home (FttH) entre 2017 et 2022.

Les industriels travaillent sur leur capacité de production, à l'image d'Acome qui assure l'avoir augmentée de 30 % au premier semestre. « Pour y parvenir, les investissements sont conséquents. Or, nous ne nous engageons plus à l'aveugle, prévient Jean-Claude Da Rocha, responsable marketing telecom. D'autant qu'il faut neuf à douze mois avant que les nouvelles unités tournent à plein régime. Nous demandons donc à nos clients une visibilité au-delà d'un an, pour que nos investissements soient rentables. » Les clients s'organisent aussi pour mieux gérer les flux. Altitude Infrastructure s'appuie ainsi sur « cinq à six fabricants de fibre, pour préserver notre stock et sécuriser le déploiement », explique son P-DG, David El Fassy. De son côté, Cyril Luneau, directeur des relations avec les collectivités locales chez Orange, passe par une « gestion fine des besoins. Si nous avons des difficultés sur un chantier, nous sommes capables de récupérer des câbles ailleurs. Nous devons être agiles ».

Négocier avec les élus. Les différents protagonistes des RIP insistent également sur l'importance de la phase études pour obtenir une estimation précise du nombre de prises, de leur localisation et le calendrier de déploiement. Une dernière donnée qui suppose de bien négocier avec les élus de toutes les collectivités d'un RIP, car il y aura forcément des premiers servis… et des derniers. Histoire d'éviter que le planning ne soit remis en cause et que cela déstabilise le cours des chantiers, à la veille des élections municipales de 2020 par exemple.

D'autres problèmes en phase travaux ne devraient bientôt plus être d'actualité, grâce à la loi Elan. Par exemple, il sera possible - comme pour le réseau électrique - d'imposer l'élagage en cas de gêne pour le déploiement, ou encore d'enterrer les lignes en zone littorale. Dans tous les cas, le rôle des élus locaux, et principalement des maires, est primordial. Ils doivent être des « facilitateurs » pour enclencher les permissions de voirie rapidement, pour bien communiquer auprès des habitants qui seront concernés par les chantiers… « A tout moment, un blocage peut devenir une excuse pour justifier le retard. Nous devons nous assurer qu'aucun prétexte ne pourra être utilisé, prévient Philippe Henry, vice-président de la région Pays de la Loire. Le travail est titanesque. » D'autant que les règles de l'art s'écrivent v au fur et à mesure du déploiement.

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