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Tadao Andō, de béton et d'émotions
L’Eglise de la Lumière (1987-1989, Ibaraki, préfecture d’Osaka) est dénuée d’ornementation, hormis la croix taillée dans la paroi qui laisse filtrer le jour. - © MITSUO MATSUOKA

Tadao Andō, de béton et d'émotions

le 07/12/2018  |  ProfessionCultureBétonArchitectesExposition

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Au centre Pompidou, les espaces du mythique architecte japonais révèlent leur essence.

 

Au centre Pompidou, Tadao Andō est quasiment venu en voisin. Puisque l'architecte japonais œuvre depuis plusieurs mois déjà à la transformation de l'ancienne Bourse de commerce, toute proche, il était en effet tentant de lui donner les clés du musée parisien. Il y a pris ses quartiers jusqu'au 31 décembre, y a dressé des colonnes et des murs blancs dans le but de présenter le fruit de cinquante années de travail et, sans doute, de partager un peu de sa légende.

Car il y a un mythe Andō que Frédéric Migayrou, qui assure le commissariat de l'exposition avec Yuki Yoshikawa, résume de quelques faits éloquents : l'homme, né en 1941 à Osaka, est un ancien boxeur et un architecte autodidacte qui, notamment, s'est formé lors d'un grand périple à travers le monde. Il est celui qui a loupé sa grande rencontre avec Le Corbusier parce qu'il est arrivé en Europe quelques jours seulement après la mort du maître moderne. Celui enfin qui, dans la famille des « starchitectes », fait aujourd'hui figure de monstre sacré.

Mais cette exposition monographique est avant tout dédiée à l'œuvre, et elle est gigantesque. Selon un récent décompte, Tadao Andō a élaboré 346 projets qui, pour la plupart, ont vu le jour. A travers des maquettes et des dessins extraordinaires, le centre Pompidou invite à se familiariser avec une cinquantaine d'entre eux, depuis les petites maisons des débuts, encastrées dans la ville, jusqu'aux plus vastes constructions capables de jouer avec les éléments naturels, voire d'embrasser des territoires entiers. Ainsi, un espace elliptique est tout entier consacré à l'entreprise que l'architecte poursuit sur l'île japonaise de Naoshima. Depuis plus de trente ans, Tadao Andō remodèle, creuse, façonne ce site que l'industrie avait dévasté, pour y installer des musées et des lieux d'accueil pour touristes.

Géométrie parfaite. La Bourse de commerce, appelée à abriter la collection Pinault à partir de 2020, a aussi pris position dans l'exposition. Une maquette, aussi rondelette que l'est le monument parisien, présente le dispositif pensé par l'architecte, en collaboration avec ses jeunes confrères français de NeM : un grand cylindre de béton y formera le réceptacle des œuvres d'art contemporain. Une géométrie parfaite, comme l'architecte sait en produire. Au fil des projets, le visiteur décèle ainsi la patte d'Andō dans les édifices aux formes épurées, façonnés dans un béton lisse qui n'arbore que la trace régulière des trous de banche.

De là à voir dans le fan de Corbu un nouveau moderne, il n'y a qu'un pas… que Frédéric Migayrou empêche de franchir. Le commissaire prévient : l'architecture de Tadao Andō n'est pas seulement rationnelle. Elle n'a pas hérité que d'une culture occidentale, elle prend aussi ses racines dans la tradition japonaise. Alors ce béton si sculptural n'abrite pas des volumes mais du vide. Il sert à encapsuler du vent, du soleil et le corps de ses occupants. Tadao Andō, lui, dit fabriquer « les espaces fondamentaux des émotions ». Edifiée au Japon, l'Eglise de la Lumière, son œuvre peut-être la plus iconique avec sa croix incisée dans la paroi, traduit cela mieux que tous les mots.

« Tadao Andō, le défi », exposition jusqu'au 31 décembre 2018 au centre Pompidou à Paris, IVe . www.centrepompidou.fr Catalogue : coédité par Flammarion, le centre Pompidou et la collection Pinault, 256 pages, 45 euros.

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La grande maquette du projet de la collection Pinault, en cours de réalisation à Paris. - © HERVE VERONESE / CENTRE POMPIDOU
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L’achèvement, en 2004 du musée d’Art souterrain de Chichu a été l’une des étapes de la longue transformation de l’île de Naoshima, au Japon. - © TADAO ANDO ARCHITECTS & ASSOCIATES

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