En direct

Surélévation légère pour immeuble ancien

Laurent Miguet |  le 03/04/1998  |  MoselleBoisMaison individuelleRénovationGros œuvre

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Moselle
Bois
Maison individuelle
Rénovation
Gros œuvre
Logement
Maîtrise d'ouvrage
France
Immobilier
Hygiène
Travaux publics
Valider

LE CHANTIER Quatre logements très sociaux à Sarreguemines. LE PROGRAMME Surélévation d'un immeuble vétuste en centre-ville. LES SOLUTIONS Ossature bois et panneaux de polystyrène limitent la surcharge de la nouvelle structure à un niveau acceptable par le bâtiment existant Le concept conçu pour la production industrielle de maisons individuelles s'est adapté aux aléas d'une réhabilitation.

La légèreté d'une structure associant panneaux de polystyrène et ossature bois a résolu le problème posé pendant sept ans à l'office public d'HLM de Sarreguemines, dans un immeuble vétuste, acquis en 1990 en centre-ville. « Toute rénovation sans augmentation de surface se révélait irréaliste compte tenu du délai d'amortissement », explique Jean-Marie Peter, directeur de l'Office.

Des panneaux isolants solidaires de l'ossature

Même renforcée, la structure du bâtiment existant ne pouvait supporter les surcharges imposées par les solutions en béton. La complexité du projet le rendait tout autant inaccessible aux spécialistes locaux de l'ossature bois. Enfin, la ville de Sarreguemines, qui tenait à respecter les encadrements issus de la construction ancienne, refusait l'hypothèse d'une construction neuve après démolition du bâtiment existant.

« Le principal point fort de notre concept réside dans le fait que les panneaux d'isolation participent aux efforts de la structure », explique Jean-Daniel Dor, P-DG d'Azurel, société dont le procédé a finalement répondu aux besoins du maître d'ouvrage. Cette entreprise créée en juillet dernier détient l'exclusivité d'un brevet portant sur des enveloppes de bâtiments en panneaux de polystyrène Styrofoam. Un avis technique délivré par le CSTB à la fin 1996 a validé ce procédé.

Surtout utilisé jusqu'ici dans la construction de maisons individuelles, le système proposé par Azurel a trouvé sa pleine justification dans le de Sarreguemines. « Aux états limites ultimes, la structure reprendra une charge de 50 t. Une solution traditionnelle aurait abouti à un chiffre deux à trois fois plus important », estime Marc-André Lachat, gérant de Quatuor, maître d'oeuvre du projet.

Corollaires de la légèreté, la rapidité d'exécution et les faibles contraintes logistiques ont également contribué à justifier le choix du maître d'ouvrage : le mauvais état du bâtiment existant exigeait une mise hors d'eau aussi rapide que possible. « Nous assurons la couverture du bâtiment en dix jours au lieu d'un mois au minimum pour une solution traditionnelle », assure Marc-André Lachat. Le poids des panneaux, qui n'excède jamais 100 kg, permet leur manutention manuelle. Les entreprises peuvent s'affranchir des contraintes de stockage, impossibles à gérer dans le contexte de l'opération, à moins de barrer une rue de centre-ville. Deux livraisons par camion-grue ont suffi à alimenter le chantier. La légèreté et le mode d'assemblage des matériaux utilisés permettent d'améliorer la propreté et la sécurité du chantier.

La chasse aux ponts thermiques

Le choix du système Azurel s'explique enfin par la vocation des futurs locaux : « En logement très social, nous veillons à limiter par tous les moyens les charges de chauffage », rappelle Jean-Marie Peter. Malgré le niveau moyen du coefficient K d'isolation thermique des panneaux Styrofoam - égal à 0,31 W/m2.°C - , Azurel annonce des performances supérieures de 20 à 30 % aux solutions traditionnelles grâce à l'absence de ponts thermiques : cette qualité s'explique par l'intégration de l'isolant dans la structure. Ces performances supposent néanmoins un grand souci du détail lors de l'exécution : « A la différence d'un charpentier classique ou du titulaire d'un lot traditionnel de gros oeuvre, nous intégrons l'isolation dans notre prestation. Nous devons donc veiller à remplir de mousse isolante chaque angle ou chaque creux prévu pour l'encastrement des poutres afin de rattraper l'épaisseur des murs », explique Patrice Lachat, chef de chantier de l'entreprise Sycomore, déléguée par Azurel pour la mise en oeuvre de son procédé en Alsace et en Moselle.

En dehors de ces points sensibles dans l'isolation, l'exécution du chantier exige moins de connaissances que le travail traditionnel de gros oeuvre ou de charpente : « Il s'agit essentiellement d'assembler les panneaux selon les plans d'exécution fournis par la maîtrise d'oeuvre », témoigne Patrice Lachat. A Sarreguemines, ce travail d'assemblage a mobilisé 5 000 visses pour créer une surface de 100 m2 habitables sur deux niveaux dans le bâtiment principal, et transformer un ancien hangar en duplex de 88 m2. Les plans d'exécution réalisés au stade de la conception bénéficient également aux lots situés en aval du gros oeuvre : le préperçage des panneaux permet de faire passer les gaines à l'intérieur, avant la projection du plâtre, tandis que les conduites de ventilation circulent sous les toitures et du côté des façades bardées de bois.

Conception : un travail minutieux en amont

Ces facilités d'exécution reposent sur la minutie du travail de conception assumé par le bureau d'études intégré à Azurel : dans le cas d'une rénovation délicate, cette entreprise habituée à une logique de production industrielle pour travaux neufs a dû adapter son savoir-faire, sous le contrôle rigoureux de la Socotec. Compte tenu des incertitudes qui président à toute réhabilitation, un premier relevé, avant le démarrage du chantier, n'a pas permis d'apporter toutes les informations nécessaires au calibrage des panneaux. Les démolitions réalisées par l'entreprise Rapp avant la surélévation ont révélé l'irrégularité du mur mitoyen sur lequel s'appuie l'immeuble à rénover. « Cela nous a amenés à concevoir des panneaux retaillables sur site », explique Jean-Daniel Dor. Le paramétrage du logiciel 3D utilisé par le bureau d'études lui permet de dessiner le détail de chaque panneau préfabriqué en aval par Sycomore.

« Opération la plus complexe réalisée par Azurel », selon son P-DG, le chantier de Sarreguemines répond à une volonté de développer ce procédé dans des opérations d'agrandissement d'immeubles.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : office public d'HLM de Sarreguemines.

Maître d'oeuvre : Philippe Blondé, architecte ; Quatuor Constructions.

Bureau d'études : Azurel.

Démolition et gros oeuvre : Rapp.

Structure bois : Azurel SA.

Montant des travaux : 1,489 million de francs HT.

Calendrier : novembre 1997 - juin 1998.

PHOTO

1 et 2. La structure ajoutée est suffisamment légère (50 t) pour que la structure ancienne puisse la supporter. Elle permet de respecter l'alignement ancien.

3 et 4. La légèreté des éléments en permet une manutention aisée, même si les irrégularités relevées sur cette construction ont conduit les concepteurs à prévoir des panneaux retaillables sur site.

5. La mise en oeuvre consiste essentiellement dans l'assemblage des éléments.

6. Chaque angle, chaque creux prévu pour l'encastrement des poutres est rempli de mousse isolante.

7. Les compagnons ont utilisé 5 000 visses pour l'opération de Sarreguemines.

8. Des réservations sont prévues pour le passage des gaines à l'intérieur des panneaux.

Plancher : une solution de compromis

Pour respecter la nouvelle réglementation acoustique (NRA), Azurel, concepteur de la surélévation de l'immeuble de logements très sociaux au centre de Sarreguemines, avait d'abord proposé un plancher en béton au deuxième étage. Les inconvénients liés à la surcharge ont finalement amené les partenaires du chantier à utiliser la structure en bois et le procédé Styrofoam, spécifique à Azurel. Compte tenu d'une isolation acoustique de 4 dB(A) aux points d'impact, la compatibilité de cette option avec la NRA supposait l'intégration en sous-face d'une couche d'aggloméré Floor Isoroy de 25 mm : une solution financièrement incompatible avec le coût du programme. La hauteur du plafond pour ce type de réhabilitation autorise une dérogation à la réglementation. Mais Azurel n'exclut pas une bonne surprise, compte tenu de la marge d'incertitude qui préside aux calculs prévisionnels en matière d'acoustique.

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil