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Sur la voie du véhicule autonome

Jessica Ibelaïdene |  le 22/06/2018

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a été claire : avec le plan de sauvegarde des routes nationales, il ne sera pas question de remettre simplement en état le réseau principal. « Nous devons l'adapter au XXIe siècle en préparant la route intelligente », a-t-elle déclaré. Une évolution d'autant plus importante que le gouvernement souhaite voir circuler des véhicules autonomes (VA) sur les routes de l'Hexagone d'ici à 2022. Plusieurs expérimentations sont déjà en cours sur le territoire, principalement des navettes autonomes. « Mais jusqu'à présent, l'infrastructure avait été un peu oubliée », reconnaît Pierre Calvin, président de Routes de France. La situation est cependant en train de changer, et la profession est de plus en plus associée aux réflexions.

C'est notamment le cas d'Eurovia, qui travaille avec les équipementiers et les constructeurs automobiles depuis un peu plus d'un an pour « trouver des synergies », explique Pauline Dalicier, responsable Innovation du groupe. Premier axe : « Définir les propriétés de marquage nécessaires et le niveau d'usure acceptable de la chaussée pour la perception des VA », et aussi étudier la possibilité d'une géolocalisation au centimètre près, transmise par la signalisation verticale. Ces éléments seront indispensables à la circulation de ces véhicules sur le réseau secondaire, où le marquage n'est pas toujours continu et le signal GPS parfois imprécis. Dans les zones de « rencontres », comme des carrefours, des voies d'insertion, des endroits très fréquentés par les piétons, se pose aussi la question des limites des capteurs embarqués par les VA. Si un obstacle gêne le capteur, des problèmes de sécurité peuvent se manifester. Là encore, la solution est sans doute à trouver du côté de l'infrastructure.

Dispositifs de perception de l'environnement. C'est autour de ce deuxième axe qu'Eurovia coordonne un projet qui regroupe sept autres partenaires et place l'infrastructure au cœur du système. Baptisé Pac V2X, il vise à équiper la chaussée de ses propres moyens de perception de l'environnement (caméras et autres capteurs tels que des radars), souvent disposés en hauteur. Ceux-ci pourront envoyer aux véhicules connectés ou autonomes des informations que leurs propres équipements ne pourraient leur fournir : vitesse à laquelle arrive un autre véhicule pour mieux anticiper, consignes pour s'insérer ou changer de voie en toute sécurité, alertes sur la présence d'un véhicule à contresens ou d'une zone de chantier, etc.

Le projet court sur trois ans. Il doit entrer dans une phase de test et de validation sur piste d'ici à la fin de l'année, annonce Pauline Dalicier. Des questions restent encore sans réponse : quelles données doivent être impérativement ouvertes, quelles autres peuvent rester la propriété des entreprises ? « Nous devons échanger avec les constructeurs automobiles et les gestionnaires d'infrastructures pour savoir comment coordonner le tout, estime la responsable. L'essentiel est d'aller tous dans la même direction. »

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