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Structure Restauration de l'église métallique de Crusnes

Laurent Miguet |  le 16/05/1997  |  Produits et matérielsCulteEnvironnementPatrimoineArchitecture

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Les ravages d'une descente d'eaux pluviales en zinc associée à un isolant sulfureux.

Le Laboratoire régional des ponts et chaussées de Nancy et le Laboratoire de recherche des monuments historiques de Champs-sur-Marne ont appliqué à la restauration de l'église métallique de Crusnes (Meurthe-et-Moselle) des procédures d'analyse physicochimique développées jusqu'alors sur les seuls aciers contemporains. La construction, démontable, était un prototype destiné à être reproduit dans les colonies françaises, ce qui explique la qualité exceptionnelle des aciers mis en oeuvre en 1938-1939. A 0,03 % de carbone, la double peau de tôle des murs présente des caractéristiques de corrosivité conformes aux normes actuelles.

Pourtant, après soixante ans, « l'église pleure sa rouille », selon l'expression de Thierry Algrin, architecte en chef des Monuments historiques. Les désordres constatés en 1994, surtout dans les parties de l'ouvrage les plus exposées aux intempéries, s'expliquent largement par les descentes d'eaux pluviales en zinc. Les phénomènes électroniques induits par ce matériau ont provoqué des fuites qui ont mouillé l'isolant entre les tôles intérieures et extérieures, et l'on fait gonflé jusqu'à le multiplier son volume par cinq dans les parties basses de l'ouvrage, à proximité des agrafes et des clips de bardage. L'isolant, du laitier de haut fourneau, contient 11 500 mg de sulfure par kilogramme, soit trente-huit fois le seuil de corrosivité.

Pourtant, « nous pourrons récupérer beaucoup de tôles, et greffer leurs parties malades à l'aide de raccords », assure Thierry Algrin. Le phasage des travaux comprend le démontage, le décapage par sablage, la galvanisation des tôles extérieures et l'application de minium sur les tôles intérieures avant la nouvelle pose. Des descentes pluviales, sans joint, remplaceront le système actuel, et un isolant chimiquement neutre remplacera le laitier. Les deux couches de peinture micacée de couleur grise qui couvriront l'ouvrage, conféreront à la restauration sa dimension paradoxale : en même temps que sa rouille, l'édifice banalisé perdra son aspect spectaculaire.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : ministère de la Culture.

Maître d'oeuvre : Thierry Algrin, architecte en chef des Monuments historiques; LRPC de Nancy et LRMH de Champs-sur-Marne.

Montant des travaux : 7,5 millions de francs.

PHOTO : Les tôles extérieures seront décapées par sablage et galvanisées avant d'être remises en place.

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