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Structure L’acier libère les volumes d’une école d’architecture
PHOTO - Archi48 nantes6.eps - © LACATON & VASSAL

Structure L’acier libère les volumes d’une école d’architecture

Jean-Charles Guézel |  le 24/04/2008  |  ArchitectureRéalisationsIndre-et-LoireLoireLoire-Atlantique

Etablissement à géométrie variable : telle est l’idée de Lacaton & Vassal pour les nouveaux bâtiments de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Nantes. Une construction dans laquelle le métal se marie au béton en lui donnant une étonnante capacité de reconfiguration.

«Difficile exercice pour l’architecte que de réaliser une école d’architecture !, lance Anne Lacaton, de l’agence Lacaton & Vassal. Il faut s’éloigner de tout modèle, faire en sorte que le projet suscite chez les étudiants autant de questions qu’il leur donne de réponses... ». Illustration en bord de Loire, sur le chantier de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Nantes (Ensan), relocalisée en centre-ville après trente-cinq années en périphérie. Un ensemble de deux bâtiments dont l’un, dédié à l’enseignement, tient véritablement du Meccano. « Notre structure de base est constituée de trois planchers situés à 9, 16, et 22 mètres au-dessus du sol, indique Florian de Pous, chef de projet. Des hauteurs suffisantes pour accueillir deux mezzanines métalliques au rez-de-chaussée et encore deux autres aux premier et deuxième étage. » Au total, quatre niveaux supplémentaires, largement reconfigurables en fonction des objectifs éducatifs de l’école.

Réalisés en béton précontraint (système de dalles alvéolées), les planchers de référence s’appuient sur des poutres, elles-mêmes posées sur une trame de poteaux en béton implantés suivant une trame de 10,66 × 10,71 mètres. La capacité de charge d’exploitation de la structure atteint 1 000 daN/m2 (1 t/m2). Sur cette ossature primaire, les architectes ont posé les poteaux, les poutres et les solives d’une seconde structure en acier dont les planchers admettent 400 daN/m2 de charge.

Observatoire sur la ville

Les travaux ont débuté en octobre 2006, un peu plus de trois ans après les résultats du concours d’architecture. Les cinq premiers mois ont été consacrés au terrassement et aux fondations, constituées de 216 pieux enfoncés à 25 mètres de profondeur dans le schiste. Se sont ensuite succédé la pose des premiers poteaux et celle des poutres de béton. En mai 2007 apparaissent les poutrelles d’acier du second bâtiment, dit « Loire ». Située côté fleuve et reliée à l’immeuble principal par une passerelle, cette construction légère abritera les bureaux de l’administration, des laboratoires de recherche ainsi que des espaces d’exposition. Quelques semaines auront suffi pour en bâtir la charpente métallique, achevée au moment où le premier étage (R 1) du bâtiment d’enseignement commençait, lui, à recevoir sa dalle béton. Avec quelques semaines de retard en raison des intempéries, le gros œuvre sera finalement terminé début 2008. En mars, la rampe extérieure qui relie tous les niveaux et conduit au toit-terrasse est enfin praticable. Un espace panoramique dont Philippe Bataille, directeur de l’établissement et « maître d’usage », comme il aime à se définir, se montre particulièrement fier : « Expérimentations, événements culturels ou sportifs… Ce balcon pourra servir à beaucoup de choses. En tant qu’observatoire sur la ville, ce sera également un outil pédagogique. »

Une vingtaine de mètres en contrebas, au niveau de la première mezzanine, les architectes ont logé le parking qu’ils n’ont pu creuser dans le sous-sol difficile de l’île de Nantes. Pour assurer une tenue au feu de deux heures avec une épaisseur minimale (une vingtaine de centimètres), les planchers de cette mezzanine ont été montés avec de nouveaux bacs Arval, les Cofradal 200, qui associent l’acier à la laine de roche et au béton. Cerise sur le gâteau, ces bacs renforcent l’isolation acoustique déjà assurée par le découplage de la structure via des dalles élastomère antivibratiles.

Comme la plupart des constituants du bâtiment, ces bacs ont été livrés « prêts à la pose ». A part l’escalier, qui a été coulé sur place, presque tous les éléments de béton ont été préfabriqués par l’entreprise Savoie Frères, à Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire). « C’est une façon contemporaine de construire, estime Anne Lacaton. Le chantier est efficace et propre, les nuisances minimales. » Fournis par les Ateliers David, de Guérande (Loire-Atlantique), les éléments métalliques sont standards pour certains, sur mesure pour d’autres. « Ce sont les amphis qui nous ont donné le plus de mal, indique Bertrand Le Mouellic, responsable des études. Il a fallu mettre en place un système de poutres crémaillères qui soutiennent des gradins préfabriqués en béton. Cela s’est révélé complexe au niveau des interfaces. »

Au rez-de-chaussée, l’école compte trois amphithéâtres indépendants de 100, 150 et 250 places. Particularité : ce sont les seuls locaux qui ne bénéficient pas d’une ventilation naturelle, l’immeuble étant conçu selon une approche bioclimatique.

Eté comme hiver, des volumes tampons dotés de façades écrans en polycarbonate limitent les écarts de température dans les espaces intérieurs. Les surchauffes sont par ailleurs combattues avec des stores brise-soleil automatisés – mais débrayables – et en ouvrant les façades. « Les espaces intérieurs sont dimensionnés pour procurer un confort d’été suffisant sans climatisation », estime Florian de Pous. Aux enseignants et futurs architectes de confirmer...

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Fiche technique

Surface totale : 26 000 m2 (18 000 m2 Shob dont 12 500 m2 en surface de base et 5 500 m2 d’espace appropriable, plus 8 000 m2 de terrasses accessibles).

Coût : 13,6 millions d’euros HT (bâtiment VRD, valeur février 2004).

Maître d’ouvrage : ministère de la Culture, Drac des Pays de la Loire.

Mandataire du maître d’ouvrage : Emoc.

Architectes : Lacaton & Vassal.

Bureaux d’études : Setec Bâtiment (structure béton, fluides), Cesma (structure métallique).

Principales entreprises : Eurovia (terrassements, VRD), Spie Fondations, Savoie Frères (gros œuvre), Ateliers David (charpente métallique)...

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