En direct

Stratégie logement: Nexity dénonce un manque de méthode de la part du gouvernement
Pour Alain Dinin, le P-DG de Nexity craint qu'il y ait 50 000 logements de produits en moins d’ici 2019. - © © WikiCommons

Stratégie logement: Nexity dénonce un manque de méthode de la part du gouvernement

S.V. B.K. |  le 27/10/2017  |  ImmobilierEntreprisesTechniqueBâtimentEtat

Diviser ses structures, baisser ses prix de sortie, développer des opérations à prix maîtrisés... Nexity a dévoilé lors de l'annonce de ses résultats différents points de sa stratégie. Son P-DG, Alain Dinin, a aussi fait part de ses critiques sur la stratégie logement, et reproche notamment la suppression de l'APL accession.

Nexity se porte bien. Avec 14 508 réservations de logements neufs sur les trois premiers trimestres de l’année, le leader de la promotion en France réalise une progression de 18% en volume et de 23% en valeur sur un an. « Sur les sujets du logement, nous sommes sur une position de croissance de tous nos métiers. Nous allons continuer à augmenter notre capacité à gagner des parts de marché en divisant nos structures pour se rapprocher de notre communauté, des élus locaux et des acteurs de la ville, a promis Alain Dinin, le P-DG du leader de la promotion immobilière, lors de l’annonce des résultats de Nexity ce 26 octobre. Sur le résidentiel, nous avons, par exemple, quatre filiales en Ile-de-France, et nous passerons à 8 l’année prochaine. »

Autre levier de croissance : la baisse des prix de sortie d'ici 2020. « Nous travaillons sur la réduction de nos coûts de production, construction et distribution », précise Jean-Philippe Ruggieri, directeur général délégué de Nexity. Le groupe veut notamment développer des opérations à prix maîtrisés. « On peut s’engager sur des prix de sortie si la collectivité locale maîtrise le prix du foncier, à l’exemple de ce que nous avons réalisé pour le programme La Fabrique à Saint-Ouen (93) », indique Alain Dinin. Pour le P-DG, le plafonnement des prix de sortie n’est pas synonyme de mauvaise opération. « A Saint-Ouen, nous avons vendu plus vite, nous avons donc économisé sur les frais de commercialisation et nous avons négocié avec le constructeur pour qu’il lance les travaux en une seule tranche », dévoile-t-il.

Le gouvernement, « des débutants »

 

Même si le promoteur immobilier a les reins solides – il dispose de 4,5 milliards d'euros de logement en développement - le projet de loi logement impactera son activité. Le gouvernement a annoncé vouloir assouplir les normes PMR (10% de logements adaptables, contre 100% de logements adaptés aux personnes à mobilité réduite). Cette mesure devrait figurer dans le projet de loi logement, déposé en février au Parlement. « Nous ne savons pas quel type de permis de construire nous déposerons en début d’année 2018 », glisse Alain Dinin, qui qualifie les membres du gouvernement de « débutants », confiés entre les mains « de conseillers qui connaissent le secteur et leur disent quoi faire ».

Le promoteur immobilier, qui reproche au gouvernement son manque de vision, dénonce la suppression de l’APL accession. « 80% des personnes qui achètent en zone ANRU et QPV bénéficient de cette aide. Si on la supprime, nous risquons d’avoir un problème dans ces zones », avertit Jean-Philippe Ruggieri.

50 000 logements en moins d’ici 2019

 

Baisse des APL, conséquences sur le monde HLM, disparition des dispositifs fiscaux dans les zones détendues…  « Mécaniquement, il y aura 50 000 logements de produits en moins d’ici 2019, surtout au niveau du logement social et de la construction de maisons individuelles », calcule Alain Dinin. Pour le P-DG, le gouvernement sera obligé « de lancer un plan logement en 2019 » pour rectifier le tir. « Nous reprendrons des parts de marché à ce moment-là », ironise-t-il.

Nexity, qui craint que le choc de l’offre se concentre dans les zones tendues, demande un sursis de deux ans sur le Pinel en zone B2. Concernant le Prêt à taux zéro, prolongé de deux ans en zone B2, Nexity souhaite que la quotité de prêt soit « ramenée à 30%, ce qui devrait permettre de maintenir entre 80 et 85% de la solvabilité des clients », enjoint Jean-Philippe Ruggieri. Le promoteur appelle également à la prorogation du dispositif Censi-Bouvard, qui incite les particuliers à investir dans des résidences de services.

Pour apaiser les tensions autour de la stratégie logement, Alain Dinin invite « des acteurs, comme la Fondation Abbé Pierre, les caisses de retraite ou encore les banques, à se regrouper autour d’une table, quelle que soit sa couleur politique ». Une manière selon lui de parvenir à des solutions durables pour le secteur du logement.

Commentaires

Stratégie logement: Nexity dénonce un manque de méthode de la part du gouvernement

Votre e-mail ne sera pas publié

Pen ar bed

21/11/2018 16h:54

il est plus que temps....Manifestement le Gouvernement est tirailié entre ne pas toucher a cette vache a lait que constitue le secteur du logement en l'état actuel.....et d'assumer sa vraie responsabilité qui est de préparer l'avenir en accompagnant l'adaptation du parc immobilier a des évolutions fortes ..Ce coup de gueule est salutaire . Nos "grands débutants" seront ils capables de l'entendre et de traiter ce secteur économique comme un investisseur crucial pour l'avenir et non un rentier que l'on peut traire a loisir de facon irresponsable.

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Date de parution : 10/2018

Voir

L'expertise immobilière en 50 fiches pratiques

L'expertise immobilière en 50 fiches pratiques

Date de parution : 09/2018

Voir

Traité des baux commerciaux

Traité des baux commerciaux

Date de parution : 12/2017

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur