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Strasbourg, métropole du Grand Est, CQFD
Au sein de la nouvelle région Grand Est, les liens se tissent d’abord dans le sens Nord-Sud à l’intérieur des anciennes régions, ici pour les déplacements domicile-travail. - © © Nadine Cattan, Géographie-cités / CNRS / L. Lizzi / Adeus

Strasbourg, métropole du Grand Est, CQFD

Christian Robischon (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 15/12/2015  |  Bas-RhinEtatElections

Quelle capitale pour la nouvelle région Grand Est ? La question a été débattue lors des élections régionales. Selon une étude de l’agence d’urbanisme Adeus, cette région ne compte qu’une métropole, qui se nomme Strasbourg.

Dimanche, les électeurs du Grand Est ont finalement choisi la liste Les Républicains-UDI-Modem conduite par Philippe Richert, qui est parvenue à renverser la tendance du premier tour face au FN malgré le maintien du PS. L’issue devrait confirmer Strasbourg comme capitale de l’Alsace-Champagne Ardenne-Lorraine, mais la question n’est sans doute pas close.

En se gardant bien d’entrer dans le débat politique, l’agence d’urbanisme strasbourgeoise Adeus (Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération strasbourgeoise) apporte sa contribution en recherchant la présence de métropoles dans la nouvelle entité. Sa démonstration, technique, aboutit à une conclusion claire: de métropole, il n’y en a qu’une et c’est Strasbourg.

Hub métropolitain

Les données objectives sont connues: en nombre d’habitants, en croissance démographique, en dynamisme d’emploi, Strasbourg tient le haut du pavé et le siège d’institutions européennes (le Parlement de l’Union, mais aussi la Cour européenne des droits de l’homme ou le Conseil de l’Europe) accentue son statut à part. L’étude de l’Adeus prend en compte un facteur plus difficile à cerner – et qui prête donc davantage à débat: la «métropolisation». «On peut la définir comme la capacité à générer des échanges de longue portée, à mobiliser des ressources et à les redistribuer dans son environnement proche. En somme, à constituer un système urbain qui dépasse le cadre institutionnel», expose Anne Pons, directrice générale de l’Adeus.

L’agence s’est basée notamment sur les travaux de la Datar et de la géographe Nadine Cattan, qui s’efforcent d’aller au-delà des données physiques et d’infrastructures pour prendre en compte l’économie de la connaissance, le poids de l’université, les échanges financiers et de services, les offres de loisirs et de mobilité, etc. Et, après avoir mixé le tout, pour identifier des «hubs métropolitains».

Conclusion: «il y a huit hubs en France, et Strasbourg est le seul dans l’Est», rapporte Anne Pons. Par rapport aux autres métropoles françaises, cette caractéristique est renforcée par la position frontalière de l’Allemagne, de la Suisse et du Luxembourg.

Les travaux de recherche identifient huit «hubs métropolitains» en régions: Lille, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice, Lyon et Strasbourg.
Les travaux de recherche identifient huit «hubs métropolitains» en régions: Lille, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice, Lyon et Strasbourg.

Tisser les liens de l’ouest à l’est

Une autre notion tirée de divers travaux de recherche concerne l’intensité des liens entre les acteurs socio-économiques, universitaires, etc. «Elle ne se confond pas avec la proximité géographique. On peut plutôt la comparer à l’intensité d’une relation professionnelle», expose Anne Pons. Là encore, le verdict est clair: c’est autour de Strasbourg que ces liens sont les plus forts.

A l’échelle de la nouvelle région, les liens se tissent presque tous dans le sens Nord-Sud, à l’intérieur des trois anciennes régions, constate sans surprise l’Adeus: entre Luxembourg et le Sillon lorrain (Thionville-Metz-Nancy-Epinal) par exemple. La liaison ouest-est, de Reims à Strasbourg et Mulhouse, reste très largement à construire. Les candidats aux régionales ont reconnu la nécessité de réinstaurer des dessertes TER dignes de ce nom entre les trois anciennes régions. Mais l’infrastructure physique ne fera pas tout.

L’agence strasbourgeoise n’exprime nul hégémonisme dans son analyse. Elle appelle à reconnaître l’état de fait, de façon à mieux organiser les «solidarités» entre les entités du nouveau territoire. «Les solidarités présupposent de connaître les interdépendances. Notre travail a entrepris ce préalable», estime sa directrice.

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