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Strasbourg : le Premium, un immeuble pour vieillir en beauté
L’entrée de la plus grande villa sur terrasse. - © © Bertrand Fritsch (association AMO-ALFC)

Strasbourg : le Premium, un immeuble pour vieillir en beauté

Laurent Miguet (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 18/03/2014  |  ArchitectureEhpadEphadMaîtrise d'ouvrageBas-Rhin

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Grâce à l’association Architecture et maîtres d’ouvrage, Le Moniteur fait partie des privilégiés qui ont découvert la résidence strasbourgeoise Le Premium, deux mois avant la livraison et la privatisation de cette résidence senior haut de gamme.

A la place de l’ancienne concession Mercedes et du garage Kroely au centre de Strasbourg, l’atrium central en fin de chantier révèle l’épaisseur d’un ensemble immobilier qui paraissait sans relief. Résultat d’un évidement sur trois étages, ce nouveau volume donne la clé architecturale et fonctionnelle du projet Premium, porté  par le promoteur local Patrick Singer avec son architecte Anne Blanc. D’ici à la fin mai, échéance de réception des travaux de 20 millions d’euros, la touche finale renforcera l’effet spectaculaire de la métamorphose : un mur végétal parera le sud de l’atrium. Il offrira sa verdure à la vue des habitants concentrés en face, dans des appartements tournés à l’est et à l’ouest vers les deux rues parallèles qui donnent accès à l’immeuble épais de 40 m. Le promoteur tient sa promesse : pas de vis-à-vis entre les terrasses d’une surface unitaire de 200 à 300 m2.

Piscine débordante au septième étage

« Pour des ménages aisés et vieillissants dont les enfants se dispersent aux quatre coins du monde, Premium apporte une solution globale », résume Patrick Singer : au-dessus des commerces – dont un supermarché – logés au rez-de-chaussée et au premier étage, un pôle médical de 700 m2, agencé sur mesure, répondra aux demandes de soins des propriétaires occupants, concentrés entre le quatrième et le septième étage, ainsi que dans les neuf villas construites sur la toiture terrasse.

La terrasse du premium.
La terrasse du premium. - © © Bertrand Fritsch (association AMO-ALFC)

Les 69 ménages trouveront également des prestataires de services dans les bureaux, jusqu’au troisième étage. Pour limiter les déplacements, sept ascenseurs ne desserviront jamais plus de trois logements par niveau. Les surfaces et les prix confirment la cible haut de gamme : des deux pièces de 80 m2 plus terrasses, 100 m2 pour les trois pièces… Des séjours de 40 à 45 m2, 20 à 25 m2 pour les chambres… Et des prix au m2 oscillant entre 3990 euros et 5700, voire 6500 pour la plus grande villa. Cette dernière développe une surface de 350 m2, dont 200 pour le séjour.

Corollaire du choix de privilégier la lumière du jour, le projet ne cherche pas de labellisation énergétique : des radiateurs complètent les planchers chauffants, alimentés par une pompe à chaleur sur nappe. L’évidement de l’atrium a rendu possible le forage nécessaire à l’utilisation de cette ressource. L’architecte s’est interdit toute « poubelle technique en toiture » : elle a logé les pompes à chaleur individuelles des maisons sur terrasse dans des édicules proches des ascenseurs. 

L’entreprise générale rassure les banques

Depuis le bord de la fosse de la future piscine débordante de la plus grande villa, le visiteur le plus insensible aurait du mal à dissimuler ses émotions : la cathédrale semble à portée de main, et les sept premiers étages ont absorbé tout bruit urbain. Imperceptible depuis la rue, la hauteur dépasse celle des autres immeubles du quartier. L’heureuse propriétaire jouit d’un accès en voiture, par les rampes du garage auxquelles le projet n’a pas touché : « En cas de démolition, la réglementation ne nous permettait pas de le reconstruire. Nous avons également étudié l’hypothèse d’une automatisation du parking par le biais d’un ascenseur, mais compte tenu de la structure, cela n’entraînait aucun gain de place », explique Anne Blanc.

Les aléas de la réhabilitation n’ont pas manqué de produire leurs effets, sur un ensemble immobilier construit en trois temps : au début du XXème siècle, dans les années 60 et les années 80.  Le liaisonnement des trois sous-ensembles, repris en fondation par des tirants métalliques, donne au Premium sa capacité de résistance parasismique. « Nous pensions que la structure poteau poutre nous simplifierait la tâche, mais des surprises nous attendaient », poursuit l’architecte. Les modifications de plan consécutives à ces aléas ont imposé au maître d’ouvrage de délicates négociations avec les acheteurs, sans compromettre la commercialisation. L’architecte rend hommage à la réactivité du bureau d’études structure HN, et à l’efficacité de l’entreprise générale KS Construction. Le choix de ce mode de dévolution, inhabituel chez Patrick Singer, résulte de ses négociations bancaires : face aux risques de dérapage financier liés à une réhabilitation lourde, l’entreprise générale rassure les financeurs. KS Construction a sous-traité la totalité des lots aux PME locales fidèles au maître d’ouvrage d’Erstein (30 km au sud de Strasbourg), qui réalise ici sa première opération dans la capitale régionale.

Concept reproductible

Atypique dans son contenu, le projet résulte d’un  coup de pouce du destin : « J’étais là au bon moment au bon endroit », raconte le promoteur. Patrick Singer cherchait 500 m2 pour implanter un commerce à Strasbourg : « Kroely m’a proposé 35 000 m2. J’avais 15 jours pour me décider »… 15 jours de charrette puis deux ans d’études, jusqu’au démarrage des travaux fin 2012 : Anne Blanc pilote le plus grand projet de sa carrière. Mais peut-être pas le dernier du genre : Patrick Singer a pensé son concept en vue d’une reproductibilité. Il attend une conjoncture plus favorable pour le dupliquer dans d’autres grandes villes de France.

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