Matériaux et équipements

Spécial technique – Une bâche liquide pour un confinement efficace

Mots clés : Communication - marketing - Innovations - Peinture

Primé en 2013 lors du Concours de l’innovation du salon Batimat, le Liquidex, ce film bâtiment qui s’applique comme une peinture, intéresse d’abord les désamianteurs. Mais il pourrait rapidement trouver d’autres applications.

« Avec le Liquidex, nous avons vraiment compris que nous tenions un produit révolutionnaire lors de Batimat 2013, en écoutant les réactions de nos clients », se souvient Pierre Hugounet, directeur marketing et développement de Lapro Environnement. Le jury du Concours de l’innovation, organisé en marge du salon, a lui aussi manifesté son enthousiasme pour cette bâche plastique liquide en lui décernant son trophée or 2013 dans la catégorie « Matériel de chantier et outillage ». Spécialisée dans les matériels pour travaux de désamiantage, Lapro Environnement a d’abord imaginé ce produit en pensant à sa propre activité. « Le désamiantage commence par un confinement de la zone de travail. Aujourd’hui, cette tâche s’effectue en collant des lés de film plastique les uns à côté des autres ». Une opération longue et minutieuse. Pour confiner une zone de 600 m², il faut en effet compter 3 personnes pendant 4 jours : un peu moins si l’architecture est simple, mais un peu plus si l’espace recèle des poteaux, recoins et autres tuyauteries. Le film utilisé pour ces travaux, souvent appelé Polyane, son nom commercial, est constitué de polyéthylène, un polymère très courant.

 

Une utilisation pratique et conforme

 

L’idée de Lapro est d’avoir cherché – et trouvé – une autre forme à ce produit. « Nous le proposons sous forme liquide, dans des seaux de 15 kg ou en fûts », détaille Pierre Hugounet. Le Liquidex s’étale comme de la peinture : à l’aide d’un pistolet, d’un pinceau ou d’un rouleau. Il sèche en une nuit et forme un film résistant qui possède les mêmes propriétés qu’une bâche.Le confinement d’un chantier de désamiantage est réglementé : il faut utiliser un film dont la résistance à la perforation (« dart test ») doit être supérieure ou égale à 300 grammes. Cette valeur ne pose aucun problème pour les films plastiques de 200 microns utilisés actuellement sur la plupart des chantiers. Mais avec le Liquidex ? « Nous préconisons d’étendre une couche de polyéthylène liquide d’une épaisseur de 300 microns. Une fois sèche, elle formera un film plastique de 100 microns affichant une résistance à la perforation de 900 grammes, soit trois fois la valeur nécessaire », précise Pierre Hugounet. Pour éviter le moindre risque, l’épaisseur peut être contrôlée à l’aide d’une réglette fournie avec le produit. La mise en œuvre du Liquidex nécessite un certain coup de main, donc un personnel formé. Mais elle est « beaucoup plus simple, plus rapide et surtout plus efficace que le confinement classique », vante le fournisseur, qui évoque par ailleurs la possibilité de pulvériser ce produit sur des chaudières, des cornières, des équipements techniques… Détail qui a son importance : la « bâche liquide » est élaborée à partir d’une base aqueuse, donc sans solvant ni nécessité de porter des masques respiratoires. Et le nettoyage des outils se fait à l’eau. De quoi économiser quelques pinceaux et, surtout, entretenir facilement la pompe et les buses de projections, autrement plus coûteuses il est vrai…

 

 

Une fois le chantier terminé, il suffit de tirer sur le film sec pour le décoller. Le support s’en trouve-t-il altéré ? « Nous ne l’utilisons que dans le cadre d’opérations de démolition, donc sans contraintes quant à l’intégrité du support qui, de toute façon, sera détruit par la suite », témoigne Arnaud Midavaine, directeur général de Midavaine Groupe, entreprise de déconstruction et de désamiantage ayant déjà testé cette innovation (voir ci contre). Pourrait-on imaginer d’autres applications que le confinement avant désamiantage ? Lapro environnement en est persuadé et s’apprête à décliner son Liquidex en une gamme. « Nous lançons aujourd’hui le Liquidex Waterproof, étanche et imperméable », annonce ains i Pierre Hugounet, en refusant toutefois de dévoiler la nature des prochaines versions, qu’il promet « imminentes et nombreuses ». Une possibilité qui vient rapidement à l’esprit serait de proposer une bâche liquide aux entreprises du second œuvre, aux peintres et aux plâtriers par exemple. A suivre…

 

Focus

Arnaud Midavaine, directeur général de Midavaine Groupe

 

Nous sommes une entreprise de démolition qui effectue des travaux de désamiantage. Lors de ces opérations, l’espace doit être confiné, traditionnellement à l’aide de rouleaux de film Polyane. Avec le Liquidex, le Polyane est projeté sur les surfaces et forme un film après séchage. L’avantage se situe surtout dans la qualité du confinement. Plus de problèmes dans les angles des pièces, plus de ruban adhésif ou de colle qui se décollent sous l’effet de l’humidité. Le film obtenu est résistant et se maintient bien pendant la dépressurisation de la zone confinée, ce que les bâches traditionnelles ne supportent pas toujours, surtout l’hiver. En revanche, ce nouveau produit ne présente pas d’avantage significatif en termes de coûts, d’autant qu’il faut s’équiper d’une pompe spéciale pour sa mise en œuvre et qu’il réclame un personnel formé.

 

Focus

Les avantages

Rapidité de mise en place.

Qualité de confinement.

Durée de vie (jusqu’à 24 mois).

Facilité de retrait.

Focus

Les inconvénients

Coût.

Nécessité d’un matériel spécifique et d’un personnel formé.

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