Innovation produits

Spécial Interclimat+Elec : Les planchers chauffants hydrauliques

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Efficacité énergétique - Maison individuelle - Plancher (structure)

Le plancher chauffant rafraîchissant basse température (PCRBT) a plus que doublé en dix ans et, au-delà des problèmes conjoncturels, il n’y a pas de raison que cela s’arrête : selon l’Observatoire BBC, 61 % des maisons individuelles BBC sont équipées d’un PCRBT (sur 240 maisons, construites ou en projet)…

C’est grâce aux générateurs basse température que le plancher chauffant rafraîchissant basse température (PCRBT) s’est offert une nouvelle jeunesse. Car lorsque la température de l’eau diminue dans le circuit de chauffage, il faut augmenter la surface des émetteurs pour assurer les besoins de chaleur. Ainsi, le PCRBT a profité du développement des chaudières à condensation et des pompes à chaleur : de 3 millions de m2 en 2000, le marché est passé à 8 millions en 2008.

L’avènement des surfaces chauffantes rafraîchissantes

Dans la famille des surfaces chauffantes rafraîchissantes ou surfaces actives, le PCRBT est longtemps resté solitaire. Inadapté à la rénovation, peu mis en œuvre dans le tertiaire, il était cantonné au résidentiel neuf et à la maison individuelle. Mais la course à l’efficacité énergétique, qui concerne aussi l’habitat existant, pourrait changer la donne, avec de nouvelles solutions dont certaines, destinées à la rénovation, ont du sens dans le neuf…

Dans sa version traditionnelle, le PCRBT est constitué de dalles isolantes en polyuréthane ou polystyrène haute densité, posées sur le sol. Le tube, raccordé au distributeur (départ chauffage), est déroulé sur ces dalles selon un plan fourni par le fabricant. Il est soit agrafé (solution économique), soit maintenu entre les plots des dalles, puis raccordé au collecteur (retour chauffage). L’ensemble est ensuite noyé dans un béton d’enrobage dont l’épaisseur, qui dépend du revêtement prévu (collé ou flottant, et scellé), est au moins égale à 3 cm. Des variantes de ce système existent, mais globalement, les solutions de PCRBT répondent toutes à cette logique.

Si le PCRBT est quasi exclusivement mis en œuvre dans le neuf, c’est qu’il n’est pas adapté à la rénovation : il est lourd, suppose des travaux d’envergure et réduit la hauteur sous plafond. Les fabricants ont donc conçu des systèmes légers et de moindre épaisseur, dits « minces » ou « secs », et plus réactifs (régulation). Mais s’ils ne manquent pas d’intérêt, ces systèmes n’empêchent pas la dépose du revêtement existant, véritable frein à la vente. D’où l’arrivée des murs et plafonds chauffants. Certes, ils ne sont pas nouveaux puisque certains fabricants, Multibéton notamment, les proposent depuis longtemps, mais ils sont désormais dans tous les catalogues (voir Solution technique, pages 26/27).

Les dalles actives concernent le neuf : il s’agit de modules préfabriqués, sur lesquels le tube est déjà fixé sur des treillis, qui sont couplés avant d’être raccordés à un collecteur ou avec une boucle de Tichelmann. Connues Outre-Rhin et en Europe du Nord, ces dalles actives permettent un chauffage par le sol en hiver (un appoint est nécessaire, en général assuré par les apports gratuits) et un rafraîchissement par le plafond en été, grâce à l’utilisation de la masse des structures en béton (Rehau, Roth, Uponor, etc.). La mise en œuvre est simplifiée, les coûts de fonctionnement sont réduits et le niveau de confort élevé. Selon Thierry Bedard, directeur du département Chauffage de Rehau, qui propose le seul système sous Atec en France pour le tertiaire, ce système constructif est une solution d’avenir. Le fabricant teste une version pour le résidentiel, où le plancher chauffant est posé directement sur l’isolant des hourdis polystyrène.

 

Répartition des systèmes d’émission de chaleur dans la maison individuelle neuve

 

 

Pour en savoir plus :

–  Le site de Cochebat regroupe les fabricants de planchers chauffants pour trouver les éléments concernant la réglementation en cours, la liste des fabricants adhérents…

–  Créée par Cochebat, la certification « Certitherm », qui veut alerter sur l’importance d’installer des systèmes de plancher chauffant, a son site assez riche et complet.

– L’AQC (Agence qualité construction) propose, en téléchargement, libre un mémo sur la réalisation du plancher chauffant en vue d’éviter les problèmes au niveau du carrelage : « Carrelage sur planchers chauffants ».

 

Focus

Conseils de mise en œuvre par Jean-Jacques Lenotte, formateur au Costic (1)

Bien dimensionner l’installation

Selon les préconisations de la norme européenne NF EN 12831, l’émission du plancher doit être égale aux déperditions de la pièce pour la température extérieure dite de base (température minimale déterminée en fonction de la zone géographique et l’altitude). L’installateur doit être capable de fournir les notes de calcul ayant permis au fabricant de les dimensionner. Si, dans la construction neuve, les déperditions thermiques sont données par le maître d’ouvrage, dans l’habitat ancien il est prudent de passer par un bureau d’études thermiques qui, en cas de litige, pourra garantir le calcul des déperditions. C’est d’autant plus important si le plancher chauffant est alimenté par une pompe à chaleur, générateur, dont la puissance doit être ajustée avec précision.

Limiter les longueurs de tube

Afin d’éviter les désordres, il est important de limiter les pertes de charge dans chaque boucle d’eau. Ce que l’on fait en imposant une longueur maximale de tube entre le distributeur (départ chauffage) et le collecteur (retour chauffage) de 100 m. De plus, il est important de choisir un distributeur et un collecteur équipés d’indicateurs de débit : ils faciliteront l’équilibrage des débits de chacune des boucles d’eau lors de la mise en service de l’installation.

Respecter la procédure de séchage de la dalle

Réalisée par le chauffagiste, la procédure de mise en température de la dalle doit être respectée à la lettre (norme NF EN 65.14), au risque de la voir se fissurer. Cette mise en température ne peut avoir lieu que 14 jours au moins après le bétonnage. Elle débute par la mise en circulation, durant 3 jours minimum, d’un fluide dont la température est comprise entre 20 et 25 °C. Ensuite seulement, la montée en température peut être effectuée, progressivement durant 4 jours, jusqu’à la température maximale de service, sachant que la température maximale réglementaire est de 50 °C. Ne pas oublier un arrêt d’au moins 48 h avant la pose du carrelage.

 

(1) Costic : Centre d’études et de formation en génie climatique

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X