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Soprema transforme des chômeurs en étancheurs
La formation pallie à la pénurie de main d’œuvre constatée chez les étancheurs bardeurs. - © © Soprema

Soprema transforme des chômeurs en étancheurs

Christian Robischon, bureau de Strasbourg du Moniteur |  le 27/06/2014  |  Bas-RhinApprentissage

Sans aucune expérience préalable du métier, une centaine de chômeurs sont devenus des étancheurs prisés de leur entreprise de pose, grâce à la formation intensive mise en place par Soprema depuis dix ans.

« Le cursus DEB (devenir étancheur-bardeur) réalise aujourd’hui encore la convergence d’objectifs qui a justifié sa création en 2005 : celle des pouvoirs publics de réinsérer des demandeurs d’emploi de longue durée, et celle des entreprises de pallier à la pénurie de main d’œuvre dans un métier mal connu », expose Jean-Marie Romilly, directeur du centre de formation de Soprema.  En conséquence, la Région Alsace et le Fonds social européen (FSE) prennent à leur charge le coût de la formation, situé à environ 12 000 euros par personne.

Dans son centre de formation à son siège strasbourgeois, le fabricant  de produits d’étanchéité accueille chaque année une dizaine de stagiaires pour lesquels  il organise 852 heures de formation en alternance concentrées sur seulement six mois. A 362 heures d’enseignement technique dispensé par des salariés Soprema répondent  490 heures sur chantier auprès des employeurs : Soprema lui-même mais aussi et plus encore les entreprises de pose, clientes ou non du fabricant. « Il n’ y a aucune obligation de relation commerciale », insiste Jean-Marie Romilly.

Les candidats sont recrutés par Pôle Emploi selon la méthode de simulation qui gomme les questions de qualification antérieure afin de privilégier l’aptitude spontanée aux bons gestes. « On leur a donné un gant, un cutter et un rouleau, et on a regardé », confirme Jean-Marie Romilly. 

Formation qualifiante

Le cursus passe en revue de façon approfondie  les principales familles de l’étanchéité : béton, acier, bardage, ainsi que les produits plus récents comme les interventions sur  toitures végétalisées. En fin de parcours, une phase de « consolidation » de 70 heures permet d’identifier les lacunes propres à chaque stagiaire,  de façon à lui procurer une formation corrective quasi-individualisée.

Le parcours débouche sur une formation qualifiante de niveau V (CAP), reconnue depuis 2009 par l’Etat à travers son inscription au RNCP (Répertoire  national des certifications professionnelles). « On estime à seulement 10 % les compagnons qui possèdent cette qualification dans les entreprises d’étanchéité : le métier s’apprend traditionnellement sur le tas », ajoute le responsable du centre de formation.

Plus de  75 % d’embauches dans le métier

En dix ans, 104 demandeurs d’emploi ont décroché ce diplôme. Soprema chiffre à au moins 75 % la part de ceux qui travaillent toujours dans  la profession à ce jour, sachant que le solde ne se confond pas forcément avec un retour au chômage :  il comprend des anciens stagiaires tout simplement perdus de vue. Soprema a capté environ 40 %  des embauchés, laissant donc la majorité du « vivier » à une cinquantaine de PME locales.

Parmi ces entreprises de pose,  Ried Etanche à Sessenheim (Bas-Rhin ) a embauché deux de ces étancheurs bardeurs  et serait prêt à continuer si la conjoncture le permettait. Son PDG Raymond  Riedinger ne cache pas sa préférence pour cette formule par rapport à l’apprentissage classique, dont le centre de formation Soprema assure également une partie des enseignements en CAP. « Plus âgés que les apprentis (27 ans et plus, NDLR), ces candidats sont plus mûrs », note-t-il.

« A 42 ans, on m’a fait confiance. »

Le point faible à résorber demeure les abandons durant le parcours : trois stagiaires sur dix jettent l’éponge avant l’examen final. Une fois cette étape atteinte en revanche, la quasi-totalité décroche son diplôme.

Le succès repose sur un mot-clé qui ne renvoie en rien à des considérations de maîtrise technique : la confiance dans la capacité du demandeur d’emploi à  revenir dans le circuit du travail. Riedinger ne regrette pas le recrutement du « DEB »  Mustapha Sadik. « Après une succession d’alternances entre intérim et chômage, on m’a donné ma chance à 42 ans, on m’a fait confiance, témoigne-t-il. A partir de là, tout s’est bien enchaîné ».

Le centre Soprema de Strasbourg accueille par ailleurs 850 stagiaires par an en formation continue, venant de ses effectifs comme d’entreprises extérieures, pour des stages pratiques de 2 à 5 jours ou pour des cursus de 350 heures sur 10 à 12 mois en alternance en contrats de professionnalisation.

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