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Soprema poursuit son chemin de croissance verte
L’usine Soprema, au port autonome de Strasbourg. - © © Soprema

Soprema poursuit son chemin de croissance verte

Laurent Miguet (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 10/01/2014  |  EtanchéitéFrance entièreEuropeBas-RhinYonne

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Objectif deux milliards d’euros en 2014, au lieu de 1,8 en 2013 ! Leader mondial de l’étanchéité du bâtiment, le strasbourgeois Soprema maintient le cap sur la croissance, majoritairement alimentée par de nouvelles acquisitions sur des métiers complémentaires.

Pour la première fois de son histoire longue de 105 ans, l’inventeur de l’étanchéité Mammouth a réalisé en 2013 plus de la moitié de son chiffre d’affaires hors pose à l’export, malgré le ralentissement des ventes en Europe du sud et en Hollande. Pour passer le cap des deux milliards d’euros en 2014, Soprema mise majoritairement sur la croissance externe, et cible des entreprises familiales actives dans des métiers complémentaires, en particulier ceux de l’isolation thermique.

La réglementation thermique dope la France

Point saillant d’un exercice marqué par un bond du chiffre d’affaires passé de 1,48 à 1,8 milliard d’euros, notamment grâce à l’Amérique du Nord, «la progression à l’exportation n’a pas stoppé la croissance du marché français, dopé par la réglementation thermique 2012 et par les gains de part de marché dans l’isolation », se réjouit Hervé Fellmann, directeur général. En intégrant les agences travaux, la France génère toujours 60 % des ventes. L’industriel anticipe une poursuite de la croissance de son marché intérieur : avec un chantier de plusieurs millions d’euros qui s’ouvrira fin 2014 pour élargir la gamme et augmenter les capacités de stockage, le site de Saint-Julien-du-Sault, près d’Auxerre, racheté à Efisol en 2010 et spécialisé dans l’isolation en polyuréthane, bénéficiera d’un des principaux investissements annoncés à court terme.

L’usine mère de Strasbourg prendra le relai dans les trois à cinq prochaines années. Menacé en 2011 par la fermeture de la raffinerie voisine de Reichstett qui l’approvisionnait en bitume, le site alsacien, implanté sur le port autonome de Strasbourg, a trouvé la solution écologique et économique par la voie fluviale : grâce à un aménagement de quai et à la construction d’une citerne de 2000 m3 raccordée aux ateliers par des canalisations, soit un investissement de trois millions d’euros, le fabricant a réceptionné l’an dernier 96 % de ses 30 000 t de bitume par barges affrétées depuis Cologne. L’importation de bitume par voie fluviale va encore augmenter de 50 % cette année : suite à la fermeture d’une raffinerie italienne, Strasbourg réceptionnera et expédiera la matière première de l’usine suisse de Zürich.

Réduire la dépendance au pétrole

La levée des incertitudes sur l’avenir de l’approvisionnement débloque les freins à la modernisation du site alsacien, autour de deux priorités : rationalisation des flux, densification industrielle. « Les investissements en cours d’étude préserveront la spécificité de notre seule unité de production multi-spécialiste », confie Olivier Weymann, directeur de l’usine active aussi bien dans les membranes bitumineuses que dans l’étanchéité liquide.

Siège mondial du groupe familial de 4600 salariés présidé par Pierre-Etienne Bindschedler, arrière-petit-fils du fondateur et lauréat du prix de l’Entrepreneur en 2013, Strasbourg héberge également son plus important centre de recherche et développement, avec 25 ingénieurs et techniciens. La modernisation de ses locaux et équipements a mobilisé deux millions d’euros en 2013. Doté de 21 millions d’euros entre 2013 et 2017, le projet phare, baptisé Mutatio et soutenu par la banque publique d’investissement, vise à réduire de 65 % la dépendance de Soprema aux produits pétro-sourcés. « Nous nous concentrons sur trois filières : le lin pour les sous-toitures, les huiles végétales pour l’étanchéité liquide et les résines de pin pour leur propriété adhésive », précise Rémi Perrin, directeur de la recherche & développement. Dès cette année, Mutatio devrait engendrer ses premiers résultats dans la filière lin.

Toitures photovoltaïques végétalisées

Dans sa course à l’innovation, l’industriel identifie un frein majeur : l’inertie des entreprises de bâtiment, en particulier françaises. La lente montée en puissance des couches primaires d’adhérence en phase aqueuse, mises au point depuis huit ans, illustre le phénomène : « La commercialisation française n’a progressé que de 10 % en cinq ans, avant de connaître un bond de 25 % en 2013, alors que la clientèle allemande a tout de suite répondu », constate Olivier Weymann. Ces freins n’empêchent pas Soprema de continuer à tracer son sillon sur un chemin de croissance verte, dont témoigne, depuis la fin 2013, le démarrage commercial d’un nouveau produit prometteur : SopraSolar Tilt Green marie la production photovoltaïque et la végétalisation des toitures terrasse, traduisant la confiance de l’industriel dans une reprise, à moyen terme, du secteur de l’énergie solaire, aujourd’hui sinistré.

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