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Solaire thermique

B. Lévêque |  le 01/02/2008  |  EnergieEnergies renouvelables

> Installateur de chauffage durant vingt-cinq ans, j’ai « pratiqué » le solaire thermique depuis le milieu des années quatre-vingt. Je n’ai donc pas attendu l’embellie récente des énergies renouvelables. Je donne, ici, en fonction de ces expériences, une opinion relativisée avec le temps. Dans l’ensemble, les investissements solaires sont lourds, malgré les aides pourtant importantes.

Les installations de chauffe-eau solaire individuel (Cesi) sont très souvent surdimensionnées et ont donc des productions/m2 faibles (230 kWh/m2 environ selon une enquête de l’Ademe).

Si les installations sont dimensionnées, et installées (!) correctement, on peut monter à 400 kWh/m2, parfois à 600 kWh/m2.

Le temps de retour (aides déduites) selon l’énergie substituée, peut aller de sept/huit ans à vingt-cinq ans. Mais tout dépend de la consommation d’eau chaude sanitaire. Or, on est très souvent en dessous des 50 litres par jour et par personne. Et donc, le temps de retour s’allonge d’autant.

On arrive donc à une contradiction : il faudrait consommer beaucoup pour amortir plus vite. Contradiction pour une énergie renouvelable, dont on attend qu’elle permette des économies d’énergie ! Enfin, il faut se souvenir qu’un ballon solaire est très coûteux (1 500 euros ou beaucoup plus). S’il faut le remplacer, par exemple après quinze ans de service, quel est le coût de l’opération, main-d’œuvre comprise ? On comprend vite que le gain financier devient alors problématique.

Alors pourquoi installer du solaire thermique ? Il y a de bonnes raisons, à condition de respecter les points suivant : dimensionnement correct, installation techniquement parfaite, et...ballon à peu près inusable et donc de grande qualité (ce qui existe). Il convient de garder à l’esprit que les capteurs sont, eux, quasiment inusables.

Dernière possibilité d’amélioration du temps de retour : surdimensionner légèrement le Cesi, mais utiliser le surplus d’énergie dans le chauffage. C’est possible lorsque ce chauffage concerne une habitation petite ou moyenne, à mi-saison, etc., mais cela demande une compétence minimale pour en évaluer la plausibilité. Un petit ennui : ce type d’installation « mixte » n’est pas envisagé dans le système aidé par l’Etat. (…)

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